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CONFLITS ET BATAILLES DE L'HUMANITÉ |
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Rome sauvée par Marius les batailles d'Aix - 102 et de Verceil -
101 |
La
situation en - 102 La bataille d'Aix en - 102 La bataille de Verceil en - 101 |
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La
bataille d'Aix en - 102
Marius leur laisse prendre de l'avance et se
met à les suivre, choisissant de camper près d'eux sur
une position élevée, qu'il renforce par de solides
retranchements. Et par étapes les deux armées arrivent en
un lieu appelé Acquae Sextiae où Marius décide de
les attaquer. Il s'installe à proximité des Ambrons dont
le campement est séparé de celui des Teutons et choisit
une hauteur isolée située entre le camp des Ambrons et la
cité et qui ne renferme pas de source. Quand les
légionnaires se plaignent du manque d'eau, il leur répond
en leur montrant la rivière qui coule en contrebas :
"Vous êtes des hommes, voilà de
l'eau qu'il faut échanger contre du sang."
et quand les légionnaires demandent
à partir au combat, il leur répond qu'il faut d'abord
fortifier le camp.
Mais les esclaves et les domestiques ont besoin d'eau pour leurs
bêtes, ils descendent à la rivière Caenus,
armés de haches, d'épées et de piques ainsi que de
cruches pour rapporter l'eau. Ils surprennent des Ambrons qui se
baignent et les tuent. D'autres Ambrons accourent et le combat
s'engage. Les guerriers dont les tentes sont les plus proches de la
rivière prennent leurs armes et se rassemblent. Ils marchent en
cadence en frappant leurs armes et en criant "Ambra! Ambra!" Le corps
des auxiliaires ligures est déjà auprès de la
rivière et reconnaissant un nom de leur pays
répètent "Ambra! Ambra". Les Ambrons traversent la
rivière et attaquent les Ligures qui les arrêtent. Marius
ne peut retenir les légionnaires qui se précipitent et en
descendant la pente repoussent les Ambrons de l'autre côté
de la rivière.
Marius a remporté une victoire mais une grande partie
des Ambrons s'est échappée et les Teutons ne se sont pas
battus. Les Romains passent une nuit sans sommeil dans leur camp non
fortifié. Chez les Ambro-Teutons, c'est une nuit de deuil qu'
ils manifestent par des hurlements d'animaux féroces qui
étonnent même le consul. Celui ci s'attend à une
attaque nocturne mais l'ennemi ne se montre ni dans la nuit, ni le
lendemain. Les Romains se préparent à la lutte
décisive et le troisième jour Marius range ses troupes
sur la colline. Il a fait sortir la veille, trois mille hommes conduits
par Claudius Marcellus, dans un large ravin caché par un bois
épais, situé juste derrière le camp Teuton.
Marius fait patrouiller la cavalerie et les Teutons,
impatients de se battre, tentent de chasser les cavaliers, puis montent
à l'assaut de la colline. Marius a ordonné d'attendre que
l'ennemi soit à portée pour lancer le pilum puis de
prendre son glaive et de repousser l'ennemi avec son bouclier. La
poussée est rude, mais
le terrain est glissant, la supériorité numérique
des Teutons est importante. Jusqu'à midi, les Teutons sont
menaçants mais les légionnaires, sur trois rangs,
tiennent bon. La pression reste forte mais la chaleur inhabituelle pour
ces hommes du Nord les affaiblit et c'est à ce moment que les
troupes de Marcellus entrent à grands cris dans le combat et
mettent le désordre dans l'armée des
Teutons. Ces derniers s'écrasent contre les piques des
légionnaires. C'est le sauve qui peut, les Teutons qui tentent
de fuir sont rattrapés et éliminés sur les bords
de la Durance ou livrés par les Séquanes, ainsi le roi
Teutobokhe et certains chefs subalternes.
Cette sanglante bataille coûte peu de pertes aux
Romains, mais les morts parmi les Germains, comprenant de nombreuses
femmes qui refusent l'esclavage, ne sont pas ensevelis et le champ de
bataille devient célèbre pour sa fertilité et
prend le nom de Campi Putridi d'où vient peut être le nom
du village actuel de Pourrières. Le butin est remis par
l'armée à Marius qui le brûle en l'honneur des
dieux, tandis que des messagers lui apprennent qu'il est consul pour la
cinquième fois.
Pendant ce temps, les passages des Alpes sont mal
gardés. L'autre consul Quintius Lutatius Catulus, connait mal la
région et les Cimbres et Tigurins (Helvètes qui se sont
joints aux Cimbres) débouchent des Alpes au col du Brenner puis
suivent la vallée de l'Adige et se jouent des
légionnaires en descendant sur leurs boucliers les pentes
glacées. Catulus fait construire de solides retranchements et se
croit en position de force derrière l'Adige dans un petit fort
près de Trente, mais les Cimbres traversent le fleuve en
entassant des blocs de pierre, des arbres et de la terre et continuent
leur chemin. Catulus retraite jusqu'au Pô mais dans la panique
sui a saisi les légionnaires voyant les Cimbres les
déborder, une légion est restée en arrière.
Le tribun la commandant veut capituler, mais un centurion, Gnœus
Petreius le tue et entraîne la légion à travers
l'ennemi et peut rejoindre Catulus. Les Cimbres
attaquent quelques défenseurs restés jusqu'au bout dans
le fort, derrière l'Adige et admirant leur courage, les
autorisent
à repartir libres. L'armée des Cimbres est
évaluée à 65 000 combattants.
Et dans la Vénétie, les Cimbres passent du bon
temps et attendent les Teutons. Rome évite une nouvelle
catastrophe par leur
inactivité. Pendant ce temps Marius rentre en Italie et rejoint
Catulus sur le Pô pour empêcher les ennemis de s'avancer.
Il dispose de 32 000 hommes et l'armée de Catulus compte encore
20 300 hommes selon Florus. Les Cimbres ne semblent guère
disposés à se battre et leurs ambassadeurs demandent des
terres et des villes pour qu'ils puissent s'établir eux et leurs
frères. Marius leur demande quels sont ces frères et les
ambassadeurs répondent qu'il s'agit des Teutons. Marius leur dit
en plaisantant :
« Ne vous inquiétez plus de vos frères,
ils ont la terre que nous leur avons donnée, et qu'ils
conserveront à jamais. »
Et pour mieux leur faire comprendre, il leur montre le roi
Teutobokhe chargé de chaînes. Les Cimbres, dès
qu'ils connaissent ces nouvelles, marchent aussitôt vers le
camp des Romains. Boïorix vient avec une faible escorte de
cavalerie demander à Marius le jour et le lieu de la bataille,
celui ci lui répond que ce n'est pas l'usage mais qu'il accepte
et le rendez vous est donné pour trois jours plus tard soit le
30 juillet - 101, dans une très large plaine appelée
Campi Raudi, à Vercellae, aujourd'hui Vercelli, en Italie, dans
le Piémont, très
près du lieu de la
bataille du Tessin remportée pas Hannibal en - 218.
La bataille de Verceil en - 101
Pour cette bataille, Marius fait modifier le pilum en fixant
la pointe au manche par une cheville en bois au lieu des deux rivets de
fer précédemment. Quand le pilum se plante dans un
bouclier, la cheville se brise et le pilum se tord mais il reste
fiché dans le bouclier. Les troupes de Catulus occupe le centre
de la ligne romaine tandis que les deux corps de Marius sont
disposés aux ailes, avec l'espoir de se
refermer sur la
"phalange" ennemie à la manière de Miltiade à
Marathon. Les Romains se sont
placés à l'est
pour profiter à la fois du soleil et du vent. Il y a en tout 10
légions.
La cavalerie des Cimbres forte d'environ 15 000 hommes, est
magnifiquement parée. Selon Plutarque : "leurs casques se
terminaient en gueules béantes et en mufles de bêtes
sauvages : surmontés de hauts panaches semblables à des
ailes, ils ajoutaient encore à la hauteur de leur taille. Ils
étaient couverts de cuirasses de fer et de boucliers dont la
blancheur jetait le plus grand éclat ; ils avaient chacun deux
javelots à lancer de loin, et dans la mêlée, ils se
servaient d'épées longues et pesantes."
Leur infanterie forme une "phalange" carrée, aussi profonde que
large, et sort de ses retranchements en bon ordre. La bataille commence
à la mi journée, au moment où le soleil est dans
les yeux des Cimbres qui viennent du Nord. Ils s'en protègent
avec leurs boucliers.
Le vent est violent et la poussière soulevée par
une telle multitude vole vers les ennemis, les cavaliers cimbres sont
malmenés par les escadrons romains. Les troupes de Catulus
s'avancent imprudemment vers la "phalange" ennemie qui approche.
Marius fait rapidement le sacrifice d'une brebis avec cette femme de
Syrie et voyant les entrailles de la victimes, le consul s'écrie
: "la victoire est à nous" et s'avance avec ses troupes mais le
nuage de poussière est tel que les ennemis ne se voient plus.
Les troupes de Marius manquent les Cimbres tandis que celles de Catulus
les découvrent peu à peu mais ne voient pas la multitude
des ennemis. La chaleur de cet été est favorable aux
Romains. Les premières lignes des Cimbres sont liées par
leurs baudriers et ne peuvent manœuvrer.
Les Romains les rejettent jusqu'à leur camp et leurs
femmes les repoussent avec des piques et des haches du haut de leurs
chariots. Le roi Boïorix combat au premier rang avec courage il
est
tué comme la majorité de ses soldats, le reste est
fait prisonnier. Les femmes , selon Florus, ont envoyé une
délégation auprès de Marius pour demander la
liberté et de les consacrer à la déesse Vesta. A
la suite du refus de Marius, elles se sont entre-tuées. Les
Romains ont perdu 300 légionnaires et ramènent une foule
d'esclaves comme après la bataille d'Aix. Ces opérations
sont à l'origine des révoltes serviles dont la plus
connue est celle de Spartacus.
La Gaule sort ravagée de ces années de conflit,
elle est très affaiblie et peu de temps après Jules
César en fera la conquête. Pour l'instant, Rome sort plus
puissante de cette guerre mais la rivalité entre Marius et Sylla
commence ici. Catulus tient à établir qu'il est
responsable de la victoire, il a perdu plus de soldats dans le combat
et a ramené plus détendards ennemis.
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