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L'Ethiopie antique, |
Les origines La nouvelle puissance |
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Du point de vue archéologique, c'est Yeha, la plus ancienne ville qu'on a trouvée à une cinquantaine de kilomètres d'Axoum, ou Aksoum, datant du début du 1er millénaire. Il s'agit probablement de la plus ancienne capitale. Elle se situe dans la région du Tigré.
Vers - 600, les relations sont importantes avec l'actuel Yémen ainsi qu'avec la Vallée du Rift. Dans le sud, une grande variété de mégalithes témoigne d'une ancienne civilisation dans le Harar, le Shoa, le Sidamo, le Soddo, le pays de Tiya et la région de Butagira.
Au Vème siècle, le royaume de Méroé développe un commerce actif avec le Tigré par voie fluviale et son influence est grande au siècle suivant. La prospérité vient avec le développement du commerce dans la Mer rouge, par l'Égypte Lagide, en particulier sous Ptolémée II. Un port, Ptolémaïs des Chasses est fondé sur la côte érythréenne vers - 265. Un autre port, Adoulis, aura un grand avenir. La volonté de se procurer ces éléphants de combat indiens si redoutables que les Macédoniens ont rencontrés à la bataille de l'Hydaspe, remonte au règne de Ptolémée 1er. Et plus tard, Ptolémée III demande et obtient l'accord du roi d'Axoum pour stimuler le port d'Adoulis. Malgré le déclin des Lagides, le commerce se poursuit par l'intermédiaire des marchands grecs, qui réussissent à contourner leurs concurrents séleucides.
Adoulis est un emporium important qui profite aux territoires alentour. Ainsi Axoum va s'imposer aux peuples voisins. La politique matrimoniale de la famille royale va rassembler davantage ces peuples du nord de l'Éthiopie actuelle. Une autre raison est avancée pour expliquer cette brillante évolution mais elle ne fait pas l'unanimité :
Sur l'autre rive de la Mer rouge, des royaumes profitent de leur situation dans les échanges avec l'Est, et sont plus développés. Il s'agit en particulier des Sabéens et des Minéens qui au Sud de l'Arabie composent ce qu'on appelle "l'Arabie heureuse". Ces peuples ont connu une émigration vers le Nord de l'Éthiopie depuis le début du 1er millénaire et ont "importé" leur culture et leurs institutions. Ces nouveaux venus remplacent le "matriarcat" traditionnel par le patriarcat qu'ils pratiquent. Ils apportent l'irrigation, la métallurgie, l'usage du cheval et celui du chameau. Les Sabéens apportent une langue écrite. La toponymie montre des similitudes dans les noms de villes de part et d'autre de la Mer Rouge.
Axoum qui domine ses voisins et commerce avec l'Inde, Rome et l'Arabie, intervient au Yémen sur demande du royaume de Saba en guerre contre celui d'Himyar. Au IIème siècle, ce royaume africain est bien établi dans le Sud Ouest de l'Arabie et suzerain de nombreux seigneurs locaux. Un seul royaume résiste c'est celui d'Himyar. Ce royaume a rassemblé Qataban et Hadramaut et après la prise de Jérusalem par les Romains, une immigration juive importante se développe vers lui.
Les Romains commercent dans la Mer Rouge jusqu'au port d'Adoulis. Axoum, à partir de ce port, développe le trafic maritime dans cette mer. Les relations restent conflictuelles avec le royaume d'Himyar. En 272, Rome fait alliance avec le roi d'Axoum. Mais le Negusat Nagast (le roi des rois) est occupé sur le continent avec le royaume de Méroé. C'est le roi Ezanas vers 325 qui réduit ce royaume à peu de choses. Restant maîtres des routes chamelières et du port d'Adoulis, les souverains d'Axoum commercent avec l'Arabie, l'Egypte et Byzance, échangeant l'encens, les épices, la corne de rhinocéros et les carapaces de tortue contre des tissus, des amphores, du verre, de l'étain, du cuivre et de l'argent. L'empire est prospère et à son apogée. Devenu chrétien il supporte mal les exactions subies par leurs coreligionnaires au royaume d'Himyar. Sous son règne, Axoum domine Himyar, Raydân, Habashât et Saba. Mais cette domination sur le royaume d'Himyar cesse vers 378.
La défense des
chrétiens persécutés
au royaume
d'Himyar est le motif d'une nouvelle invasion au début du
VIème
siècle. C'est le roi Caleb qui s'attaque à Dhou Nouwas.
Il
remet à l'honneur la tutelle axoumite et installe des
gouverneurs.
L'empereur de Byzance, Justinien lui envoie une ambassade pour à
la fois lui proposer une alliance contre les Perses et organiser le
commerce
de la soie vers l'Inde. Sous le règne de son fils, Gabra Masqal,
un gouverneur, Abraha se rend indépendant et lance une attaque
appelée "expédition de l'éléphant" contre
la Mecque. C'est un échec et les pertes sont nombreuses en
raison des maladies. Les Himyarites font
appel aux Perses
Sassanides au milieu du
VIème
siècle, leur venue va précipiter le déclin
d'Axoum.
Vers 575, les garnisons axoumites quittent le Yemen. Mais le
déclin
commence avec la perte du trafic entre les deux rives de la Mer Rouge.
A partir de 615, 3 groupes de musulmans en difficulté avec leur
tribu, se réfugient dans le royaume d'Axoum, c'est Othman, le
gendre de Mahomet qui emmène la première vague, puis
quelques années plus tard, la persécution des Qoreichites
provoque la deuxième vague et enfin au moment de
l'Hégire, un troisième groupe fait le voyage. ils sont
bien accueillis par le souverain Ella-Tsaham. Au
VIIIème siècle, le Yemen et la côte
érythréenne
sont tenus par les Musulmans qui n'attaquent pas le royaume axoumite en
souvenir de l'accueil des compagnons du Prophète au temps
où
ils étaient proscrits. Axoum entretient des rapports au sud avec
le royaume de Zendj qui se situe sur la côte entre le
Bénadir
(actuelle Somalie) et Kilwa (actuelle Tanzanie).
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