|
|
![]() |
EUROPE / MÉDITERRANÉE / ITALIE La bataille de Cannes : - 216 |
Le début de la guerre |
Et la situation se dégrade vite pour Hannibal.
L'état barcide d'Espagne est investi par les Scipio et Hasdrubal
doit se rendre en Lusitanie tandis que les Romains pillent le Sud de
l'Espagne. En Italie, Fabius réussit à piéger
l'armée carthaginoise à Casilinum et il faut une ruse
d'Hannibal pour s'en sortir. La
mer est sous contrôle romain et Carthage refuse de fournir
à Hannibal ce dont il a besoin. Mais tandis qu'Hannibal manquant
de ravitaillement, ravage
méthodiquement toute la campagne italienne, deux nouveaux
consuls sont élus pour en finir avec les Carthaginois. Finie la
prudence efficace de Fabius Cunctator,
Paulus AEmilius et Terrentius Varro sont chargés
d'éliminer Hannibal et sont pourvus de la plus grande
armée que Rome ait alignée jusqu'à ce jour.
Les 2 consuls romains sont pourvus chacun de 4 légions, soit 8 en tout ! A 5 000 hommes et 300 chevaux par légion, c'est 40 000 légionnaires et autant d'alliés italiens plus 7 200 chevaux qui s'avancent vers Hannibal, et ces troupes ont combattu depuis deux ans, c'est une armée nombreuse et bien entraînée. Hannibal qui a pris soin d'avoir dans le dos le vent et la poussière, dispose de 50 000 hommes et 10 000 chevaux. Il n'a plus d'éléphants et dix jours de blé! Les consuls se placent chacun à la tête d'une aile de cavalerie. Le centre romain est fort et compact, l'intervalle habituel entre les manipules est très réduit : 3 rangs de 20 000 hommes sont précédés de 10 000 vélites. A l'aile droite, 3 000 cavaliers romains sont commandés par Paul Emile tandis qu'à l'aile gauche, Varron dirige 4 000 alliés (cavalerie lourde). Chez Hannibal, le centre est composé de 30 000 Celtes, Gaulois et Ibères, bien encadrés et équipés de cottes de mailles et de chaque côté, une phalange africaine armée à la romaine de 7 000 hommes flanque ce centre. A l'avant se trouvent 3 000 frondeurs baléares protégés chacun par un lancier. Toute cette partie de l'armée est commandée par Hannibal en personne aidé par Magon. Sur les ailes, à droite, 4 000 Numides commandés par Marhabal font face à Varron. A gauche, 6 000 cavaliers espagnols font face à Paul Emile. "Sur le papier" les Romains sont les plus forts!
Les Romains laissent 10 000 soldats pour garder le camp et empêcher les Carthaginois de s'enfuir. Dès le début de la bataille quatre ou cinq cents numides passent comme transfuges du côté des Romains avec des courtes épées cachées sous leur cuirasses et jettent en approchant des légionnaires leur javelots et leurs boucliers. Les Romains sans méfiance, ne les fouillant pas, les font passer à l'arrière.
Au premier rang les vélites romains sont aux prises
avec les frondeurs baléares et ce face à face dure peu
tant la cadence et la précision des baléares font
merveille face à ces troupes légères. Les
vélites sont pratiquement détruits. Les cavaliers
s'ébranlent et les consuls peu connaisseurs en cavalerie sont
surclassés par Hadrubal et Marhabal. Pire, ils ne peuvent donner
des ordres au centre. Côté punique, le
centre composés de Celtes forme un croissant convexe,
relié aux 2 phalanges africaines. Quand la première ligne
romaine charge, les Celtes se replient en ordre. Toutefois, les
premiers rangs romains, composés de jeunes gens, sont
écrasés par la fougue gauloise. Les lourds piquiers
entrent dans la mêlée mais les faux transfuges numides
sortent leurs armes, ramassent les boucliers des morts et percent les
Romains par derrière ou leur coupent les jarrets, alors les
Celtes ne reculent plus.
Aux ailes, les phalanges africaines ont pivoté et commencent
à écraser les flancs du corps de bataille
romain aux prises avec les Celtes.

Schéma de la bataille de
Cannes (source wikipedia)
Pendant ce temps, le corps de cavalerie lourde ibérique a anéanti les cavaliers romains de Paul Emile et le consul quitte sa cavalerie vaincue pour rejoindre l'infanterie et la commander. Sur l'autre aile, les attaques numides sont indécises face aux lourds cavaliers alliés de Varron et Marhabal rassemble ses escadrons, contourne le centre de l'armée romaine et attaque par l'arrière ces cavaliers italiens aux prises avec les Numides et les dispersent. Puis Marhabal et ses Numides poursuivent seuls les cavaliers de Rome en fuite tandis que les cavaliers lourds espagnols attaquent l'arrière des légions. Les vétérans qui tentent de sortir de la fournaise sont pris à partie par les cavaliers et les Baléares et doivent reculer. C'est le sauve-qui-peut dans l'armée romaine. La fuite est impossible, les troupes romaines se fragmentent en petits groupes se battant sans efficacité. Les Celtes repartent à l'offensive et les Africains blessent les légionnaires au talon pour les immobiliser et poursuivent le combat contre les Romains encore valides. Une légion sort intacte du champ de bataille, commandée par le jeune Scipio qui a refusé d'entrer dans le piège. Hannibal ne le poursuit pas, il est fort occupé à entourer le grand camp romain et les 10 000 légionnaires. 8 000 d'entre eux se rendent sans combat. La victoire est complète et peu de temps après Capoue ouvre ses portes au vainqueur qui a besoin de faire souffler ses combattants.
Hannibal ne marche pas sur Rome, il n'a pas les moyens d'un siège en règle et ce n'est pas sa politique. Il ne cherche pas à détruire Rome mais la puissance ennemie en brisant la confédération des peuples italiens. Ce plan va échouer faute de ralliements suffisants.
A Rome, la nouvelle est une surprise tant on s'attendait à une victoire de cette armée inédite. Les principales mesures prises par le Sénat sont de cesser toutes les processions publiques, d'interdire aux femmes de sortir de leur maison et de punir les colporteurs, toutes ces décisions visant à faire cesser la panique.
Rome montre une ténacité sans égal et va
petit à petit user l'armée carthaginoise. En isolant
diplomatiquement Hannibal et en grignotant le royaume barcide
d'Ibérie, le Sénat romain va gagner cette guerre
décisive avec l'aide de la vieille aristocratie carthaginoise
qui refuse les renforts que demande Hannibal.