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ASIE /Extrême Orient |
Les Trois Royaumes La bataille de Yiling La bataille de Jieting |
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Les Grandes Invasions Les Seize royaumes La bataille de la rivière Fei Les Dynasties du Sud |
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| Suite de la page Chine antique |
L'empire des Han s'écroule au début du IIIème siècle et la tentative d'unification de la Chine de T'sao T'sao (Cao Cao), échoue lors de la bataille de la Falaise Rouge (Chi Bi) en 208. Le dernier empereur Han est déposé en 220 par Cao Pi, le fils et successeur de Cao Cao, qui fonde le royaume de Wei au nord de la Chine. La victoire de Lui Bei contre Cao Cao, au mont Dingjun, en 219 facilite la création du royaume de Chu, appelé aussi Shu Han (petits Han) en 221 au sud est de la Chine actuellement au Sseu-tchuan (Sichuan), la capitale est Chengdu. Le troisième royaume, le Wu, connu aussi sous le nom de Sun Wu, date de 222. Il est fondé par Sun Quan, à Nankin, au sud ouest de la Chine. Ces trois royaumes ont chacun un chef charismatique qui ne sera pas remplacé après sa mort.
En juillet 221, Lieou Pei, furieux contre le Wu, après la perte de ses deux frères d'armes : la capture et l'exécution de Guan Yu par l'armée de Wu et l'assassinat de Zhang Fei par ses propres soldats qui se sont réfugiés au Wu, décide d'attaquer ce royaume contre l'avis de son stratège Zhuge Liang qui estime préférable d'attaquer le Wei.
La bataille de Yiling 222
Lieou Pei dirige son armée de 40 000 soldats et envahit le Wu, tout en se gardant d'une éventuelle attaque du Wei. Dans le royaume de Wu, Sun Quan est affecté par la disparition récente de son stratège Lu Meng. Mais il dispose d'une armée beaucoup plus nombreuse que celle de Shu, soit environ 150 000 soldats. Le Wu oriental est mis en état de défense et les villes principales sont protégées. De nombreux généraux commandent chacun une force de 10 000 soldats. Sous estimant la force de l'armée de Lieou Pei, les généraux de Wu ont sorti leurs troupes des fortifications contre les forces de Shu qui avancent dans les comtés de Zigui et de Wu et les montagnes de Ba et de Xing. Et chaque fois les forces Wu sont écrasées.

Lieou Pei peint sous les T'ang
Alors Sun Quan change de tactique et choisit un de ses généraux, Lu Xun, un "temporisateur" comme commandant en chef de l'armée ! En janvier 222, Lu Xun prend le commandement et la retraite de l'armée Wu continue sans chercher l'affrontement. Sauf peut être dans les montagnes ce qui avantage son armée. Vers mars 222, les difficultés pour s'approvisionner augmentent chez Lieou Pei et les troupes de Wu restent derrière leurs murailles. Le temps se met à la sécheresse et de nombreux végétaux sont calcinés au début de l'été. Dans la région de Yiling, qui borde le fleuve Yang Tsé Kiang, il y a une grande forêt. Les troupes de Shu sont stationnées en dehors de cette forêt.
Lieou Pei monte une embuscade et 8 000 soldats se cachent dans les vallées tandis que les soldats les plus faibles défient les forces du Wu oriental. Mais Lu Xun évente le piège. Le moral baisse dans l'armée de Lieou Pei. La situation va tourner à l'avantage de Wu car l'armée de Lieou Pei est étirée sur trois cents kilomètres entre Wuxia et Yiling, de plus le terrain devient plat ce qui profite à la cavalerie de Wu face à l'infanterie épuisée de Shu. Lu Xun sait qu'il faut être patient mais cela consterne la majorité des généraux du Wu oriental dont les plus âgés remettent en cause le responsable si jeune.
Les troupes Shu défient les défenseurs Wu qui restent à l'abri de leurs murailles. L'armée Shu subit les fortes chaleurs et Lieou Pei finit par ordonner de se placer dans la forêt proche de Yiling malgré les conseils de Ma Liang. En juillet 222, Lu Xun exploite cette erreur en envoyant des hommes incendier le camp de Lieou Pei. La forêt s'embrase et rien ne peut l'éteindre, les soldats Chu se précipitent vers l'eau et sont criblés de flèches par les archers Wu. Une contre attaque est tentée par Zhang mais les lignes Shu tiennent bon. Les marins Wu tentent de résister mais ils sont balayés par des forces supérieures. Lieou Pei tente de se défendre sur une colline mais il en est empêché par Lu Xun.
Sur les cinquante camps de l'armée Shu, quarante sont détruits. Lu Xun ordonne des attaques successives sur la force de Lieou Pei pour éviter tout regroupement de l'ennemi. Lieou Pei réussit à s'échapper à Baidicheng avec un millier d'hommes. L'avant-garde Shu est complètement éliminée. La majorité des officiers capables de Shu sont morts pendant la bataille. Le commandant local Shu, Xiang Chong réussit une retraite convenable escortant Lieou Pei et en même temps repoussant les attaques Wu jusqu'à l'arrivée de renforts. Le bilan est lourd pour Shu par les pertes et le nombre de prisonniers en ces deux jours de combat. Wu devient la puissance dominante dans le sud et Lu Xun acquiert une réputation de grand stratège.
La bataille de Jieting 228
Le royaume de Shu lance des expéditions vers le Nord et le royaume de Wei, mais en 228, le royaume de Shu est attaqué par l'armée du royaume de Wei commandée par le général Zhang He. Le stratège Zhuge Liang confie aux généraux Ma Su et Wang Ping, le soin d'intercepter l'armée ennemie. Mais Ma Su, au lieu d'installer son camp dans la vallée pour être ravitaillé en eau, s'installe sur les hauteurs. L'armée de Zhang He encercle les troupes de Ma Su et les coupent ainsi de tout ravitaillement. Puis quand les ennemis sont affaiblis, Zang He donne l'ordre d'attaquer. C'est la bataille de Jieting, qui est une grave défaite pour Shu. Elle ouvre la porte à Zhang He et Sima Yi pour la conquête de Han Zhong pour le Wei.
La Chine est durablement partagée en trois royaumes, celui fondé par Lieou Pei au sud est limité au Sseu-tchuan, mais Lieou Pei étant un prince Han, il était le seul prétendant légitime. ll y a le royaume "illégitime" fondé par la famille d'usurpateurs Ts'ao qui comprend la capitale impériale Lo-yang et toutes les provinces du Nord et le royaume fondé par Sun Quan sur le bas Yang-tseu, qui a en 229, Nankin comme capitale et qui comprend toutes les provinces méridionales sauf le Sseu-tchuan.

Les nouveaux royaumes héritent des "colonies" de l'Empire Han. Au Nord, le royaume de Wei s'occupe de la Corée. Les Chinois restent sur la défaite de Jwa-won en 172, dans la Mandchourie. Depuis le Koguryo menace la commanderie de Lo-lang (Nangnang). En 205, Koug-soum Kang, responsable de Lo-lang, partage cette commanderie en deux. La partie méridionale devient la commanderie de Tai-fang ou Ta-bang. En 238, le royaume de Wei attaque le Koguryo qui vient de rejeter les propositions d'alliance faites par le royaume de Wu quelques années plus tôt. Le royaume de Wei est vainqueur et dégage les commanderies de Lo-lang et Ta-bang.
Au sud, une révolte a lieu en 248, dans la commanderie du Giao-chi et du Cuu-Chan au Nam-Viet. Dans le Sanguozhi (Les Annales des Trois Royaumes), il est fait mention de Lu Yin, 8 000 soldats du Wu qui brisent en 251, la révolte menée par Gao Liang, Qu Shuai et Wu Huang.
Selon les annales du royaume de Wei, qui mentionnent à la tête du pays de Yamatai (Japon), la princesse Pimiko ou Himiko, une prêtresse chamane noue des relations avec le royaume de Wei de 240 à 248.
Mais après les "héros" de la première génération, les successeurs, dès la troisième génération, ne sont que de pâles épigones dit René Grousset. Et dans le Nord en particulier, la dégénérescence touche les rois de Wei. Ce sont des "rois fainéants" et le pouvoir est entre les mains d'une famille de maires du palais héréditaires. L'un d'eux, Sseu-ma Tchao, en 263, annexe le royaume han du Sseu-tchuan aux possessions de son roi. En réalité, il accroit son autorité. En 265, son fils et successeur Sseu-ma Yan dépose le dernier roi de la dynastie Wei et monte sur le trône de Lo-Yang comme fondateur de la dynastie Tsin. En 280, il termine son oeuvre et annexe le royaume Wu.
L'empire chinois est réunifié au profit de la famille Sseu-ma qui prend le nom de dynastie Tsin, la capitale est Luoyang au Henan. Mais après la mort de Sseu-Ma Yan appelé aussi Wudi, en 290, la situation se dégrade vite en raison de la faiblesse des institutions et des seigneurs de guerre qui en profitent. En 311, les Xiong-Nou surprennent et saccagent la capitale Luoyang. Les classes lettrées du Nord migrent massivement vers le Sud. Cette dynastie tombe dans le drame, des membres de la famille régnante qui s'éliminent sans fin et aucune personnalité n'émerge de ce chaos. En 316, Tch'ang-ngan (Chang'an) est prise par les Xiong-Nou, c'est la fin des Tsin ou Jin occidentaux.
Les Grandes Invasions
L'Empire chinois a autorisé certains clans de Huns, chassés de Mongolie par les Xianbei (Sien-Pei), à s'installer comme fédérés le long de la Grande Muraille et dans la grande boucle du Fleuve jaune. Ces Huns ripuaires se sont comportés longtemps comme des auxiliaires fidèles. Mais dans les guerres civiles de la fin du IIème siècle qui marquent la fin de la dynastie Han, ces Huns profitent du désordre ambiant et franchissent discrètement la Grande Muraille. Ils sont dans la province du Chan-si vers 195. Un responsable des Huns se souvient brusquement qu'une de ses aïeules appartenait à la famille des Han.
En 308, au Chan-si, le chan-yu des Xiong-nou méridionaux nommé Lieou Yuan, se proclame solennellement l'héritier légitime des Han devant 50 000 hommes et réclame l'héritage de ses ancêtres, soit l'Empire chinois. Son fils, Lieou Ts'ong réalise les souhaits de son père. Elevé à la cour de Lo-yang, il est devenu un bon lettré chinois mais il a gardé les qualités militaires de son peuple. Il a observé cette cour décadente et la faiblesse de l'état chinois. En 311, il lance quatre colonnes de cavalerie sur la capitale impériale. Les Huns entrent rapidement dans la ville, courent au palais et font prisonnier l'empereur Huai Tri. Le prince impérial est éliminé ainsi que trente mille habitants dont beaucoup de nobles. L'empereur est emmené captif près de Lieou Ts'ong qui l'emploie comme échanson pendant un an et demie. En 313, pendant la célébration de la nouvelle année, Huai Tri sert le vin aux anciens hauts fonctionnaires qui voyant son humiliation, pleurent. Lieou Ts'ong, furieux, y voit une trahison et décide d'exécuter ces fonctionnaires et de faire empoisonner Huai Tri.
L'empereur n'est plus là pour ordonner l'univers et régler le calendrier ! Tout s'écroule aux yeux du peuple !

Cavalier Xiongnu ou Hiongnu (site chine-informations.com)
Un autre prince de la dynastie Sseu ma, estproclamé empereur à Tch'ang-ngan (actuellement X'ian, au Chen-si). Cette ville est en ruine après une récente attaque de la cavalerie hunnique. Le nouvel empereur attend de l'aide du prince de Nanyang qui dispose d'une force militaire importante dans la province de Qin oriental (actuel Gansu) et du prince de Langye qui domine de grands espaces au sud du fleuve Yang tse Kiang. Mais de la part de ces grands féodaux, il arrive peu d'aide. Au début de l'année 314, une attaque surprise hunnique vise Tch'ang-ngan mais elle est repoussée. Quelques petits détachements sont envoyés en renfort à l'empereur. En 316, l'offensive des Xiong-nou est plus sérieuse et une fois de plus, à l'improviste, la cavalerie ennemie sous les ordres de Liu Yao, un général de Lieou Yuan, se présente devant la ville. Incapable de mener un siège en règle, la cavalerie se met à tourner en permanence autour des murailles de la ville. Sans contact avec l'extérieur, la ville affamée et ne recevant aucun secours du prince de Nanyang, se rend en décembre 316. A nouveau, Lieou Ts'ong détient un empereur prisonnier et l'oblige à servir dans les banquets. A nouveau, un captif chinois verse des larmes devant cette dégradation, l'infortuné souverain est exécuté.
Les Tsin orientaux

Après ces deux tragédies, la dynastie Tsin abandonne la Chine du Nord et se réfugie derrière le Yang-tseu avec Jiankang (Nankin) comme capitale. C'est la fin de la dynastie des Tsin de l'Ouest. Une nouvelle dynastie des Tsin de l'Est est inaugurée par Sseu ma Rui connu sous le nom de Wu ti, qui est poussé par ses fonctionnaires et finit par accepter le trône. Ce déplacement de la cour à Nankin, favorise l'intégration du Sud dans l'Empire. Cette Chine du Sud se caractérise par un peuplement dispersé et peu dense, une économie faiblement développée et des populations hétérogènes (Thai, Tibéto-birmane, Miao et Yao).
Pendant ce temps, en Corée, le Koguryo inflige deux défaites aux Tsin en 313 et 314 et fait passer les dernières commanderies de Lo-lang et Tai-fang (Daifang) sous son contrôle. Au sud, le Nam-Viet reste sous la domination chinoise depuis la répression par Wu dans les années 250, de la révolte de Trinh Thi Trieu.

Un autre prince de la dynastie Sseu ma, est proclamé empereur à Tch'ang-ngan (actuellement X’ian, au Chen-si). Cette ville est en ruine après une récente attaque de la cavalerie hunnique. Le nouvel empereur attend de l'aide du prince de Nanyang qui dispose d'une force militaire importante dans la province de Qin oriental (actuel Gansu) et du prince de Langye qui domine de grands espaces au sud du fleuve Yang tse Kiang. Mais de la part de ces grands féodaux, il arrive peu d'aide. Au début de l'année 314, une attaque surprise hunnique vise Tch'ang-ngan mais elle est repoussée. Quelques petits détachements sont envoyés en renfort à l'empereur. En 316, l'offensive des Xiong-nou est plus sérieuse et une fois de plus, à l'improviste, la cavalerie ennemie sous les ordres de Liu Yao, un général de Lieou Yuan, se présente devant la ville. Incapable de mener un siège en règle, la cavalerie se met à tourner en permanence autour des murailles de la ville. Sans contact avec l'extérieur, la ville affamée et ne recevant aucun secours du prince de Nanyang, se rend en décembre 316. A nouveau, Lieou Ts'ong détient un empereur prisonnier et l'oblige à servir dans les banquets. A nouveau, un captif chinois verse des larmes devant cette dégradation, et l'infortuné souverain est exécuté.
Les empereurs doivent compter avec ces généraux qui réussissent bien à repousser les attaques venues du Nord. Par exemple le général Wang Dun qui élimine les rebelles agrariens qui ont envahi le Hubei et le Hunan dans les années 310, se retourne contre l'empereur Yuan qui se méfie de lui et l'attaque au printemps 322, affirmant que l'empereur est trompé par ses propres ennemis à la cour. L'armée de Wang Dun fait mouvement très rapidement vers Jiankang, bat l'armée de l'empereur et pille la capitale. Il force ainsi Yuan à se soumettre et à lui accorder des pouvoirs supplémentaires. En 324, sous le successeur de Yuan, l'empereur Ming, son fils, Wang Dun malade prépare une nouvelle attaque de la capitale pour son neveu. Mais l'empereur Ming se prépare et fait venir des troupes du Nord. Si bien que la nouvelle offensive de l'armée de Wang Dun, commandée par Wang Han et Qian se heurte à une résistance sévère et à des troupes aguerries. Les pertes sont lourdes, à cette nouvelle le général Wang Dun meurt.
Un autre général, Su jun que le pouvoir craint, est promu en 327, à un poste de ministre de l'agriculture sans aucun commandement militaire. Il refuse, se révolte et réussit à prendre la capitale et à capturer l'empereur Chang et l'impératrice douairière Yu en 328. Su jun prend alors le pouvoir et place ses proches à des postes de responsabilité. Mais une coalition de seigneurs soutenus par des commanderies de l'Est s'oppose militairement à Su jun. En dépit d'un rapport de force défavorable, Su jun remporte une série de succès et on s'inquiète chez ses adversaires. Mais au cours d'une bataille, pendant l'hiver 328, Su jun est frappé par une lance et tombe de cheval. Les ennemis aussitôt le décapitent. Ses partisans se rassemblent autour de son frère Su yi mais l'aventure est terminée en 329.

Sphère chinoise autour de l'année 300 (origine wikimedia)
Les Seize Royaumes
Pendant ce temps là, au Nord, la situation devient instable dès la mort de Lieou Ts'ong, en 318. Sa famille est dépossédée du pouvoir par un de ses officiers, Che Lei vers 329. Ce Hun illettré prend plaisir à se faire expliquer les classiques chinois, écrit René Grousset. Dans cette Chine du Nord, les villes sont dévastées et dépeuplées, les campagnes sont en friche. Vers 349, c'est au tour des tribus Xianbei d'envahir la Chine du Nord. Il s'agit d'une importante fédération de nomades, proto-turcs, qui séjournent dans les steppes au Nord de la Chine après le déclin des Hiong nou qu'ils ont soumis, soit aux Ier et ème siècles. A la fin de la dynastie des Han, les Xianbei deviennent alliés de l'Empire. Un proto-état se forme avec un souverain redoutable nommé Tangshihuai qui représente un réel danger pour l'empire. Le fils de Tangshihuai, Tanhelian étant assez faible, c'est Kebineng (ou Kebe Neng) qui a pris le pouvoir et a introduit des éléments de l'administration chinoise. Cao Cao l'a infeodé et lui a donné le titre de roi. Puis les relations se gâtent avec la Chine quand Kebineng attaque les Xianbei de l'Est, la cour impériale s'inquiète. Le général chinois Tan Yu attaque le royaume Xianbei pendant que Kebineng est en campagne. Cette brouille avec les Chinois continue avec l'état de Wei et si les généraux Ten Yu et Liang Xi ont remporté des victoires contre lui, les Xianbei ont mené des raids dévastateurs sur Yu, Ping Ping et les provinces. Il semble qu'il soit assassiné sur les ordres des Chinois et après sa mort (235), la fédération Xianbei s'est délitée.
Mais aucun de ces groupes étrangers ne réussit à dominer en totalité la grande plaine du Nord de la Chine jusqu'en 420. Cette époque est appelée les Seize Royaumes. En fait il y en a un peu plus. Plusieurs de ces royaumes sont issus de la confédération Xianbei :
La branche Murong s'installe autour de l'actuelle ville de Pékin et fonde l'ancien Yan (Qianyan, 337 - 370), puis le Yan ultérieur (Houyan, 384 - 409) et le Yan du sud (Nanyan, 398 - 410).
L'important groupe des Tuoba, fonde le royaume Dai en Mongolie en 322, et les Wei du Nord, (Beiwei), en 386.
La branche Qifu fonde le bref empire Qin de l'Ouest, (Xiqin, 385 - 431), dans le Shaanxi moderne, tandis que la branche Tufa fonde l'empire Liang du Sud (Nanliang, 397-414) dans le moderne Gansu.
Pendant la première moitié du IVè siècle, le Nord de la Chine et le Sechouan sont dominés par les empires Zhao et Han Cheng. L'Etat Han Cheng, ou peut être les états Cheng et Han, respectivement fondés en 304 par Li Xiong et en 338 par Li Shou, sont dirigés par des Ba, une ethnie ancienne vivant d'abord dans la vallée de la rivière Han, puis poussés par l'extension de Chu, vers le bassin du Sseu-tchuan, tout en fournissant des mercenaires à Chu. Vers 349, l'étrier en bois renforcé de métal est inventé.
De 350 à 380, c'est la dynastie Qin qui domine la Chine du Nord. Puis il y a un éclatement des royaumes dans le Nord Est qui sont absorbés par la puissance montante des Wei du Nord (l'empire Tuoba) vers 430. Tuoba est la forme sinisée des Tabghatch, une importante sous-tribu turque des Xianbei qui fonde d'abord le royaume Dai en Mongolie intérieure vers 322 puis l'empire des Wei du Nord en 386 sous la direction de Kouei. Puis la Chine du Nord est partagée entre Wei orientaux et Wei occidentaux.
Les Tuoba se sont heurtés à un clan des Sien-Pei, les Mou-jong, qui ont fondé une principauté dans la péninsule du Leao-tong, au sud de la Mandchourie. Ces Mou-jong, des proto-mongols, profitent du déclin des Hiong-nou pour les éliminer vers 350. Leur chef Tsiun s'installe à Yen (actuellement Pékin) puis fait de Yé (Tchang-tô), sa capitale en 359. Ce pouvoir ne résiste pas longtemps. Un mongol, Fou-hien ou Fu Jiân, rallié à la civilisation chinoise, renverse le royaume Mou-jong en 370. Il réunifie momentanément toute la Chine du Nord. Son lieutenant Lu-kouang part à la reconquête des royaumes situés sur la route de la Soie. Chan-chan (Lob-nor), Tourfan et Karachahr lui rendent hommage et le roi de Koutcha est vaincu et chassé. Mais un échec devant l'Empire chinois du Sud arrête net cette unification. C'est alors que les Tuoba fondent le royaume Wei et absorbent toutes les principautés barbares.
Ainsi, les Tuoba écrasent en 395, une armée des Yan ultérieurs (Xianbei) qui menaient une expédition punitive contre eux, à la bataille de Canhe Slope. Le vainqueur est le prince Gui Tuoba, futur empereur Daowu, face au prince Murong Bao. L'armée d'invasion des Yan compte 98 000 soldats (selon les Tongjian Zizhi de l'historien chinois du Xème siècle Sima Guang). Quelques milliers en réchappent. Les cavaliers Tuoba sont environ 20 000, ils ont surpris en décembre, l'armée Yan traversant le fleuve Jaune gelé.
La réunification de la Chine du Nord est achevée en 439. Sa capitale est d'abord Pingcheng (Datong) puis en 494, Luoyang. Les rois de Wei doivent lutter contre les Ruanruan (Juan Juan) et en particulier son troisième souverain, l'empereur Taiwudi dont le règne va de 423 à 451, qui fait construire un millier de kilomètres de murailles pour contenir ces nomades qui sont les maîtres des steppes du Nord.

L'empereur Wei Xiaowendi, 471 , 499 (origine wikipedia)
Peu à peu, une politique de sinisation se met en place, en particulier sous le règne de l'empereur Xiaowendi (471,499), qui cherche à conserver la prédominance de la culture des Han en dépit de l'émigration vers le Sud. Ainsi, les vêtements Xianbei, leurs noms de famille et la langue doivent être remplacés par l'équivalent chinois. Ces réformes dans le sens de l'unification du pays suscitent un vif mécontentement chez les Xianbei conservateurs. Une révolte armée dirigée par le propre fils de l'empereur doit être jugulée, et le fils est victime de la lutte. Le transfert de la capitale à Luoyang entraine une prospérité nouvelle. L'empereur a du simuler une campagne militaire pour réaliser cette opération. Mais le refus des traditionalistes va causer la chute de la dynastie des Wei du Nord en 534. La Chine du Nord est divisée en deux états, avec la dynastie des Wei de l'Ouest (Xi Wei), plus sinisante et la dynastie des Wei de l'Est (Dong Wei), plus traditionaliste.
Dans la Chine du Sud
Au Sud, la situation des Jin n'est pas assurée, l'empereur voit s'opposer à lui, les clans locaux Zhou et Chen, il peut cependant s'appuyer sur les clans Zhu, Zhang, Gu et Lu de Wujun. La lutte efficace contre les royaumes du Nord est menée par les généraux qui risquent de prendre le pouvoir tel le général Huan Wen en 373. Mais une union brève se met en place en 383 pour repousser une offensive des Qin antérieurs, à la bataille de la rivière Fei.
La bataille de la rivière Fei ou Feishui 383
Après avoir réuni toute la Chine du Nord, l'empereur Fu Jiân du Qin antérieur qui occupe le Sseu-tchuan des Jin depuis 373 envoie son armée pendre la cité stratégique de Xiangiang, une porte d'entrée vers le moyen Yangtse en 379. Ensuite, il décide la mobilisation générale, (un homme sur dix) contre l'Empire des Jin après l'échec d'une tentative de récupération de Xiangiang en mai 383. En août 383, une armée de 300 000 soldats dirigée par Fu Rong envahit le territoire Jin. Fu Jiân marche à la tête du reste de l'armée Qin vers Xiangiang qu'il doit atteindre en Septembre. Fu Jiân est confiant, il dit :
"«Si mes soldats jetaient leur fouet dans l'eau, ils pourraient quand même bloquer le fleuve !»
L'empereur Jin Xiaowu a préparé la défense des voies d'invasion et en particulier celle de la rivière Huai confiée à Xie Shi et Xie Xuan qui commande l'armée d'élite de 80 000 hommes.
Les forces de Fu Jiân sont nombreuses et correspondent à des levées sur les territoires nouvellement conquis, à la cavalerie nomade Xiong-Nou et Xianbei et à des mercenaires. Autant dire que la loyauté envers l'empereur des Qin n'est pas très partagée, de plus le faible entraînement est responsable d'un manque d'efficacité du commandement. Du côté des Jin, les soldats sont bien plus motivés par la défense de leur pays dont ils connaissent bien le terrain.
En novembre, le général Jin, Liu Laozhi, attaque avec 5 000 soldats d'élite un corps de l'armée des Qin et élimine ainsi 50 000 ennemis. Xhi Shi rencontre le gros de la colonne de Fu Rong à la rivière Fei, chaque camp occupant une des rives. Un jour, Xie Xuan propose au général ennemi de reculer et laisser l'armée Jin traverser la rivière pour livrer une bataille décisive. Cette offre est acceptée, Fu rong compte attaquer l'armée Jin au moment où elle traverse la rivière. Mais lorsque l'ordre de retrait est lancé, les troupes Qin paniquent en entendant ces cris : "Nous sommes vaincus !' poussés par Zu Xhu, un général Jin récemment capturé. C'est la fuite en désordre tandis que l'armée Jin traverse la rivière sans encombre et les levées du Nord sont balayées par les soldats d'élite Jin. Fu Jiân est blessé par des flèches et rentre dans son territoire avec seulement 100 000 hommes. Cette défaite va précipiter la chute des Qin antérieurs suite à une guerre civile et permet la survie de la dynastie des Jin orientaux.
Fin de la dynastie Jin
Mais l'union autour de l'empereur des Jin cède bien vite la place aux rivalités qui reprennent, de même que les révoltes paysannes contre la vie difficile dans les grandes exploitations. Ainsi en 403, Huan Xuan, fils de Huan Wen, se proclame fondateur de la nouvelle dynastie Huan Chu et prend en otage le jeune empereur Andi qui n'a que six ans. Mais après plusieurs défaites, Andi est délivré et rétabli sur le trône en 405, par Liu Yu, un seigneur de guerre qui exerce réellement le pouvoir et profite du morcellement des royaumes "barbares" du Nord pour étendre le territoire des Jin vers le coeur de la Chine.
Vers 409, Liu Yu lance une première expédition contre les Yan du Sud. L'armée Jin marche de Nankin vers Xiapei et pousse vers Longchen en construisant des forteresses le long de la route pour prévenir le retour des Yan du Sud et couper leur ravitaillement. En mai 409, l'armée Jin approche de la capitale Guandu. En voyant la région couverte de céréales, Liu Yu s'écrie :
"Le souverain des Yan du Sud est à présent dans ma main".
Il n'a plus aucun souci de ravitaillement. En février 410, Guandu est prise par l'armée Jin et le royaume Xianbei des Yan du Sud est détruit.
En 416, Liu Yu lance une puissante attaque contre les Qin tardifs. Il remporte une victoire contre leur général Yan Shao. Après ce succès, Liu Yu récupère l'ancienne capitale des Jin, Luoyang et il devient Duc de Song. Pour achever sa victoire, Liu Yu envoie deux armées dans le Shaanxi pour attaquer les débris de l'armée des Qin tardifs. Sur le trajet, les soldats Jin sont harcelés par les cavaliers Wei du Nord, qui attaquent leurs convois de ravitaillement. Dans un engagement majeur, les armées Jin battent les Wei du Nord en utilisant des arbalètes pour lancer des javelots contre les soldats Wei, les effrayant et ils sont réputés avoir tué 30 000 soldats ennemis. A la suite de cette victoire, les armées Jin poursuivent leur avance, capturent la capitale des Qin tardifs, Tch'ang-ngan et la détruisent. Cet état est éliminé en 417.
On prête à Liu Yu l'intention d'éliminer les autres royaumes barbares, les Xia et les Wei du Nord et de réunifier la Chine. Mais Liu Yu revient vers Nankin sur les rumeurs de la mort de l'empereur Andi, laissant la charge des armées d'invasion au général Wang Zhen'en. Les armées Xia voient là l'opportunité d'attaquer et ils prennent la province de Tch'ang-ngan aux Jin. Cependant le territoire Jin est sensiblement agrandi et conserve la plus grande partie des territoires au sud du Fleuve Jaune, le coeur traditionnel de la Chine.
Mais le gouverneur de la province de Guang se rebelle contre l'empire et menace la capitale. Liu Yu écrase la révolte et en 419 fait étrangler l'empereur Andi puis le remplace par son frère Gong, et désigne son propre fils, Liu Yifu comme héritier du trône. Le pouvoir reste entre les mains de Liu Yu qui dépose l'empereur Gong en 420 et inaugure la dynastie Song du Sud sous le nom de Wudi et la période des dynasties du Nord et du Sud.

LES DYNASTIES DU SUD
La dynastie Liu Song (420 - 479), a pour capitale Jiankiang (actuel Nankin). Une des premières tâches de l'empereur Wudi est de mettre les troupes sous commandement impérial pour affaiblir les clans puissants de la noblesse locale qui se sont souvent opposés à l'empereur. Les postes importants d'inspecteurs régionaux, considérés comme des proconsuls, doivent être attribués au seul clan impérial, tandis que l'essentiel des postes importants des bureaux du gouvernement central ne sont pratiquement pas accessibles aux membres de la noblesse, mais seulement aux personnes de statut social inférieur, en théorie du moins. L'empereur place auprès des princes des clercs dans leurs principautés afin de surveiller les risques de rébellions.
Après la mort de Liu Yu, son fils Liu Yifu lui succède avec pour nom d'Empereur Shao. Et dès l'hiver 422, le royaume des Wei lance une attaque contre le Sud. Mingyuandi qui a combattu Liu Yu, connaissant la mort de son ennemi, veut prendre trois cités majeures au sud du fleuve : Luoyang, Hutao et Huatai. Le général Daxi met le siège devant la cité de Huatai mais ne parvient pas à la prendre rapidement. L'empereur Mingyuandi dirige lui même une armée pour aider Daxi. Une troisième armée est conduite par le prince héritier pour couvrir la frontière Nord contre les Ruanruan. Huatai tombe enfin. L'armée de Daxi se rapproche de Luoyang et de Hutao. Mais bien que plusieurs cités soient prises, l'armée Wei se montre incapable de prendre Dongyang, la capitale de la province Qing et doit finalement se retirer par manque de ravitaillement, un grand nombre de soldats tombant malades. L'armée Wei est aussi bloquée par la résistance de la cité Hutao assiégée, défendue par le général Mao Dezu. Mais Luoyang et Xuchang sont prises. Au printemps 423, Hulao est complètement cernée et la cité est prise en été. La campagne s'arrête après ces succès. L'empereur est jugé inapte par un groupe de hauts fonctionnaires, il est dégradé, exilé dans une commanderie et finalement exécuté en 424. Son frère Liu Yilong devient empereur sous le nom de Wendi.
Le règne de l'empereur Wendi (424, 454), est un modèle de stabilité politique, avec une administration forte et des fonctionnaires honnêtes. Son règne est considéré comme un des âges d'or des dynasties du Sud. Ce sont des années fastes pour l'économie que les historiens appellent l'ére Yuanjia (424 - 454). Sur le plan extérieur, dans le Champa, la piraterie gêne fort le commerce chinois, aussi entre 431 et 446, deux offensives sont dirigées contre les Chams. La première est maritime et ne rencontre pas le succès. La deuxième est une expédition terrestre classique mais les Chams combattant avec des éléphants de guerre, le général chinois donne l'ordre à ses soldats de porter des têtes de lion pour effrayer les éléphants ce qui semble-t-il a fonctionné.
Puis commence la période sombre, Liu Shao assassine son père l'empereur Wendi et devient empereur pour peu de temps, il est renversé par son frère Liu Jun la même année. Ce nouvel empereur, connu sous le nom de Xiaowudi, réussit à vaincre les rébellions de son oncle Liu Yixuan et engage des gens d'origine simple plutôt que des nobles dans son entourage. Son fils lui succède en 464 sous le nom de Qianfreidi et ne réussit pas à vaincre ses rivaux dans sa propre famille. Il meurt assassiné par le futur empereur Mingdi en 465.
Cette faiblesse du pouvoir provoque des révoltes militaires fréquentes en particulier sous les empereurs Quianfredi ( 464, 465), Mingdi (465, 472) et Houfeidi (472, 477). Leurs exactions en particulier l'élimination par Mingdi de ses frères, neveux et autres membres de sa famille de sexe masculin, ont précipité la fin de la dynastie. A la mort de Mingdi, son fils, futur Houfreidi, est trop jeune pour rester sur le trône. Le commandant de la garde à droite, Xia Dao Cheng, installe Liu Zhun, futur Shundi en 477 et dirige les affaires du gouvernement. En 479, il monte sur le trône et fonde la dynastie Qi.

Dynasties du Nord et du Sud en Chine vers 440 (origine wikipedia).
La
dynastie Qi (479 - 502)
Le nouvel empereur Gaodi utilise intensément les clercs pour contrôler l'action des princes et de l'administration locale. Il suit aussi les méthodes des derniers empereurs Song pour éliminer ses rivaux potentiels pour le trône. Un autre problème récurrent des empereurs de Chine vient du fait que les paysans libres, loués à des propriétaires ne paient plus d'impôts, ni de droits, ni ne font la corvée, puisqu'ils ne possèdent pas leur terres. Et pour les dynasties du Sud, une grande partie de la noblesse est exonérée d'impôt pour qu'un gouvernement d'immigrants du Nord soit politiquement accepté par la noblesse du Sud. Pour échapper à l'impôt de nombreux immigrants du Nord ont triché et se sont faits enregistrer comme étant du Sud, au début des Jin de l'Est. Gaodi effectue un examen minutieux des registres pour augmenter le nombre des assujettis à l'impôt. Pendant cette campagne de vérification, des gens du Nord sont démasqués et doivent choisir, soit retourner au Nord, soit être déclassés en ménage payant l'impôt. Certains propriétaires fonciers du Nord se rebellent. La plus sérieuse rébellion est celle de Tang Yuzhi, dans la région actuelle de Suzhou, qui devient empereur de Wu.
Les successeurs de Gaodi répètent les mêmes comportements que les derniers empereurs de la dynastie Song. La capitale est toujours Jiankang. C'est un cousin éloigné de cette dynastie nommé Xiao Yan qui prend la capitale en 502, élimine le dernier empereur de la dynastie Qi, Xia Baorong qui a la réputation d'être violent et frivole. Xiao Yan fonde la dynastie des Liang du Sud.
La dynastie Liang (502 - 557)
Xiao Yan prend le nom de Wudi (Wou-ti). C'est un roi guerrier qui a conquis le pouvoir au terme d'une véritable guerre civile. Il favorise la foi bouddhique. Il est grand amateur de calligraphie et devient empereur à 39 ans. Il est rapidement confronté à une attaque du royaume de Wei qui profite de la guerre civile pour lancer de petites attaques peu efficaces. Puis la guerre augmente d'intensité mais sans réel vainqueur. En 505, les Wei obtiennent la remise par le général Liang Xiaohou Daoqian de Nanzheng (dans le Shaanxi actuel) et de sa région. En 506, Wudi lance une forte contre-attaque sur sa frontière orientale et en 507, les généraux Liang Wei Rui et Cao Jinzong infligent une cuisante défaite aux forces Wei qui attaquent la forteresse de Zonghli. La guerre entre les deux états diminue fortement peu après.
Toutefois, un grand projet de l'empereur, contesté même par ses ingénieurs, va raviver la guerre contre les Wei du Nord. Il s'agit d'un barrage que l'empereur veut construire sur la rivière Huai pour pouvoir inonder la cité de Shouyang et ainsi la prendre d'assaut. Commencé en 514, le projet dirigé par le général Kang Xuan, avancemalgré les difficultés techniques et la mort de nombreux ouvriers. Selon les Zizhi Tongjian, le pourcentage de pertes dépasse les 70 %. L'impératrice douairière Hu, régente de l'Empire Wei envoie une armée commandée par Li Ping attaquer l'escorte de Kang Xuan. Mais le barrage n'est pas endommagé. En été 516, le barrage est terminé. Selon les descriptions, ce barrage mesure quatre kilomètres et demie de longueur et l'armée a dressé son camp sur le barrage même. Kang utilise habilement le barrage et commence à inonder Shouyang. Mais l'empereur le rappelle et le remplace par le général Zhang Baozi. Mais celui ci ne maîtrise pas le barrage et en hiver 516, le niveau de la rivière monte fortement et le barrage s'effondre causant la mort de cent mille personnes. En conséquence, Shouyang est sauvée.
L'empereur remplace les pièces de monnaie en cuivre par
des pièces en fer, en raison de la fausse monnaie qui circule en
Chine. La guerre contre les Wei du Nord reprend avec vigueur à
partir de 524, l'empereur Wu lance une série d'attaques vers le
sud de son ennemi mobilisé par des révoltes agraires au
Nord et à l'Ouest. L'armé Liang rencontre une faible
résistance et au printemps 525, le général Wei
Faseng livre aux Liang la cité de Pencheng (dans le Jiangsou
actuel). Mais la campagne dans le Nord Est s'arrête en
été 525, après la livraison de cette ville de
Pencheng aux Wei du Nord, par le fils de l'empereur Wu, Xiao Bajuan.
Mais la cité de Shouyang est prise par l'armée Liang
après une nouvelle utilisation, avec succès, de la
technique de l'inondation.
Le long règne de l'empereur Wudi est stable
même s'il a fait preuve d'intolérance envers les
taoïstes. La fin de son règne est marquée par
la corruption que l'empereur a laissé faire à son
frère et aux hauts fonctionnaires. Il est aussi victime
d'une rébellion réussie de Hou Jing en 548. Il
s'agit d'un ancien officier des Wei de l'Est dont l'empereur
Wudi avait toléré la défection. Wudi ne
prend pas cette menace au sérieux et envoie son fils Guan
Xiao, le prince de Shaoling attaquer la cité de Shouyang.
Hou Jing marche sur la capitale, rencontre peu de résistance,
capture la ville et met le siège devant le palais de
l'empereur. Hou est conseillé par son stratège Wang
Wei qui mène les négociations avec l'empereur retenu
dans le palais. Les troupes provinciales tentent de secourir
l'empereur sous le commandement de Lui Zonghli et Xiao Guan, mais
en vain. Au printemps 549, le palais est investi et Hou contrôle
à présent l'empereur Wudi et son héritier, le
prince Xiao Gang. En été 549, l'empereur Wudi meurt,
probablement parce qu'il cesse de s'alimenter. Le prince Xiao Gang
monte sur le trône sous le nom de Jianwen, mais c'est Hou qui
contrôle le pouvoir d'Etat.

L'empereur Wudi de la dynastie Liang (502 - 549)
(origine wikipedia)
En 550, Hou envoie le général Ren pour conquérir la plaine centrale de l'Empire mais Ren est vaincu et fait prisonnier. Malgré le soutien de Hou, le général Wensheng reste invaincu. Un complot est ourdi par le neveu de l'empereur Xiao Huili pour renverser Wang Wei. Mais le complot est découvert et Xiao Huili et ses complices sont exécutés. En 551, Hou, ayant l'intention de monter sur le trône, force l'empereur Jianwen à céder la place à son petit-neveu Xiao Dong, le prince de Yuzhang, puis envoie des hommes pour étouffer l'ex empereur.
Le prince Xiao Dong est fort surpris de la nouvelle, lui qui cultive son jardin avec sa femme, la princesse Zhang pour obtenir des légumes tant la disette est grande du fait de la guerre. Mais le pouvoir est toujours accaparé par Hou et deux mois plus tard, ce dernier force Xiao Dong à abdiquer en sa faveur vers le 1er janvier 552. Hou Jing, nouvel empereur Han, fait de Xiao Dong, le Prince de Huaiyin, mais le garde secrètement avec ses frères, en prison. En 552, Hou est obligé de fuir la capitale devant l'assaut de Wang Sengbian, mais Xiao Dong est à peine sorti de prison qu'il est jeté dans le fleuve et qu'il se noie.
L'empereur Hou Jing combat les généraux qui se sont dressés contre lui, les capture et les fait périr dans d'atroces supplices. Mais les armées de Xiao Yi, dirigées par Wang Sengbian et Chen Baxian marchent sur Jiankang. Hou Jin commande le général Hou Zijian et lui défend d'attaquer Wang et Chen sur l'eau. Mais Wang joue le rôle d'un officier inquiet et Hou Jin autorise Hou Zijian à l'attaquer sur l'eau et Wang est victorieux. De son côté, Chen, organise des postes avancés au sud de Jiankang et quand Hou Jin l'attaque, Chen est vainqueur. Hou Jin fuit avec ses deux jeunes fils et ses troupes de garde vers l'est où il espère rejoindre l'armée de Xie Daren. Mais un des officiers de Wang Sengbian l'a intercepté et vaincu. Hou Jin, affaibli, s'est enfui en bateau sur le fleuve Yangtse et là, un de ses gardes, Yang Kun le tue d'un coup de lance en 552.
La même année, après avoir vaincu Hou Jing, Xiao Yi devient empereur sous le nom de Yuan dans la nouvelle capitale Jangling. il nomme Xiao Fangzhi prince de Jin'an. Son comportement est jugé arrogant par les Wei occidentaux qui décident d'attaquer le territoire Liang et ils sont soutenus par l'armée de Xiao Cha. En 554, Jangling est prise par les armées Wei occidentales et l'empereur Yuan est prisonnier puis exécuté en 555, ainsi que tous ses frères. Les Wei font de Xiao Cha, l'empereur Xuan.
Mais, la plupart des provinces Liang "libres" sont sous le contrôle du général Sengbian Wang, véritable régent et son lieutenant Chen Baxian qui refusent de reconnaître Xiao Cha comme empereur. Et Wang Lin qui contrôle l'actuel Hunan, envoie le général Hou Ping attaquer Xiao Cha sans succès. Puis l'empereur Weixuan des Qi du Nord veut installer à Liang un empereur à sa dévotion et choisit un cousin de l'empereur Yuan, Xiao Yuanming qui en 555, escorté par les Qi, devient empereur. Wang approuve mais Chen Baxian refuse et élimine Wang Sengbian en l'attaquant à la forteresse de Shitou puis dépose Xiao Yuanming et prend la régence pour Xiao Fengzhi qu'il déclare Empereur Jing. En 556, les Qi attaquent ainsi que Xu et les forces de Ren et en été, ils approchent de Jiankang. Mais les soldats de Qi ont épuisé leurs provisions. Chen Baxian leur inflige une défaite majeure. Xu et un grand nombre de généraux Qi sont tués. En hiver 557, Chen Baxian monte sur le trône et fonde la dynastie Chen. En 558, il fait assassiner l'ex empereur Jing.
Ces troubles persistants entraînent des transferts de troupes du Nam Viet vers l'empire Liang, au moment où cette dépendance chinoise est balayée et l'empire Van Xuâm est fondé sous la dynastie des Ly antérieurs. Chen Baxian, par exemple, a commandé un corps expéditionnaire en 544 et 545 et obtenu des succès sans toutefois éliminer cet empire. Ce n'est qu'au début du VIIè siècle, sous la dynastie des Sui que l'Empire Van Xuâm disparaît.
La
dynastie Chen ou Tchen


La Chine depuis
la préhistoire jusqu'aux Han
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