| CONFLITS ET BATAILLES DE L'HUMANITÉ |
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EUROPE /
MÉDITERRANÉE
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Le conflit avec l'Empire perse La guerre du Péloponnèse La guerre civile L'intervention de la Macédoine |
Au milieu du VIème
siècle l'expansion grecque vers l'Orient reprend avec
la conquête de la région du détroit par
Athènes qui crée des clérouquies. C'est une
nouvelle forme de colonie, militaire, répandue dans la mer
Egée, formée avec des colons choisis parmi les
pauvres et qui restent citoyens d'Athènes. A cette
époque la monarchie est éliminée par les
tyrans, issus de l'aristocratie. Le commerce se développe
par voie maritime.
A Athènes, la politique de Pisistrate provoque la ruine de
l'aristocratie foncière et le développement des bases
de l'empire maritime.
Pendant ce temps, Sparte rassemble dans la ligue Péloponnésienne l'essentiel des cités au sud de l'isthme, à l'exception de l'Achaïe et d'Argos. Cette ligue défensive leur permet d'éliminer les Argiens de Cythère et de Thyréatide. Alliée à Corinthe, Sparte est aussi influente sur mer. Confiants dans la ceinture de collines qui entoure la ville et dans la valeur de ses soldats, les Spartiates ne construisent pas de fortifications jusqu'à la période des Diadoques.
La situation change avec l'expansion, en Asie,
de Cyrus, le souverain perse qui soumet
Crésus, le roi de Lydie et s'empare des cités grecques
d'Ionie. La domination est tout d'abord supportée, le tribut
est comparable à celui qui était dû aux
Lydiens et, Cyrus, occupé par la soumission de Babylone et
la guerre en Bactriane, laisse une certaine autonomie aux gouverneurs.
Néanmoins, les Phocéens quittent leur ville et rejoignent
leurs colonies, Massalia en Provence et Alalia en Corse. Le contrôle
des flottes ioniennes et phéniciennes et celui des ports de la mer
Egée, font de la Perse une puissance maritime. Cyrus répond
au sentiment de révolte des grecs d'Asie en favorisant le commerce
des Phéniciens. Chypre et Samos sont conquises. La prise de l'Egypte
par Cambyse et l'effacement de Naucratis, la riche colonie ionienne est un
premier coup. Puis Darius conquiert les colonies de Milet : Byzance et
Sibaris. Milet souffre de la perte de ses points d'appui et l'opposition
augmente. Darius monte une expédition
contre les Scythes dont le seul résultat est la formation de la
satrapie de Thrace.
Pendant ce temps, à Athènes,
Hippias, fils de Pisistrate chasse les Alcméonides, puissance
marchande athénienne. Leur chef de file, Cléomène
appelle les Spartiates à renverser la tyrannie d'Hippias.
Après consultation de l'oracle de Delphes "acheté" par
les Alcméonides, la première attaque spartiate contre
Athènes menée par Anchimolius est un échec. En
effet, Hippias a reçu des alliés Thessaliens mille
cavaliers dirigés par leur roi Cinéas. Comme
l'écrit Hérodote, la plaine de Phalère est
débarassée de tout ce qui peut gêner
l'évolution de la cavalerie. Et quand les Spartiates arrivent,
les cavaliers thessaliens les attaquent et beaucoup de Spartiates sont
éliminés dont Anchimolius, les rescapés doivent
fuir sur leurs vaisseaux. La deuxième fois, Sparte attaque par
une expédition terrestre classique et avec une armée plus
nombreuse. Le roi Cléomène la dirige en personne et une
fois en Attique, met en déroute les cavaliers thessaliens qui
perdent 40 hommes. Cette cavalerie rentre aussitôt en Thessalie.
Cléomène entre dans Athènes avec les opposants
à Hippias, refoule le tyran et les siens sur l'Acropole et
en fait le siège. Mais les Pisistratides peuvent renir longtemps
et les Spartiates sont prêts de partir quand on annonce que les
enfants des dirigeants athéniens ont été
capturés en tentant de s'enfuir. Les Pisistratides pour
récupérer leus enfants acceptent de quitter
l'Attique.

Carte de l'Ionie (source wikipedia)
L'échec subi par le Grand Roi est connu des cités ioniennes dont les ingénieurs ont participé à la construction des ponts de bateaux sur les détroits. Ce monarque est considéré comme un despote. Il y a discorde d'intérêts et opposition politique. La révolte éclate en - 498, elle est menée par la cité de Milet et prend pour chef Aristagoras. Les cités de la Grèce continentale hésitent à soutenir les rebelles qui ont demandé leur aide. Sparte et de nombreuses cités refusent, Athènes et Erétrie acceptent d'envoyer un faible renfort (25 trirèmes). Après quelques succès, et le saccage de Sardes, la capitale de la satrapie, la révolte des cités Ioniennes est réprimée, Milet est détruite. Darius pour se venger attaque les cités grecques. C'est le début des Guerres Médiques.
Les Guerres Médiques
(voir détail)
Carte de la Perse
La révolte des cités grecques d'Ionie oblige Darius à intervenir. L'incendie de Sardes mérite une vengeance exemplaire. La première tentative en - 492 échoue en raison de la destruction de la flotte par la tempête.
En - 490, la diplomatie perse isole Athènes et Sparte qui refusent la domination du Grand Roi. Une attaque par la mer est lancée vers l'Attique. C'est en premier l'Eubée qui est visée, Erétrie est brûlée après un siège et les Perses débarquent à Marathon, près d'Athènes. Là, le stratège athénien Miltiade, sans les Spartiates mais avec les Platéens, décide d'attaquer brutalement l'armée Perse et lui inflige de lourdes pertes. Les Perses renoncent et rentrent chez eux.
Darius meurt pendant la préparation d'une nouvelle guerre contre les Grecs. En - 486, Xerxès 1er, (Khchayarchâ 1 er) lui succède et doit réprimer immédiatement les révoltes de Babylone et de l'Egypte.
En 482, une nouvelle campagne est minutieusement préparée avec des moyens plus considérables qu'en - 490. L'armée perse traverse la Grèce du Nord et franchit l'obstacle du défilé des Thermopyles, brûle Athènes et pille l'Attique. Mais sa flotte est sévèrement vaincue à Salamine. Xerxès quitte la Grèce et laisse Mardonios et son armée.
En - 479, cette armée est vaincue
à Platées, en Béotie, par une coalition grecque
commandée par le roi de Sparte Pausanias. La flotte perse sombre
au cap Mycale, cette campagne est un échec complet. Les Grecs ont
désormais l'initiative des opérations. Athènes,
suivant l'avis de Thémistocle, construit les Longs Murs reliant
Athènes à ses ports du Pirée et de Phalère.
Pendant ce temps, en Sicile, les Carthaginois, installés dans la partie orientale, veulent conquérir complètement l'île et attaquent les Grecs au même moment que les Perses, vers - 480. La division des Hellènes est ici aussi flagrante et Rhegion et Sélimonte combattent avec les Carthaginois. Mais le tyran de Syracuse, Gélon et son beau-père Théron d'Agrigente battent sur les bords du fleuve Himère, les Carthaginois d'Hamilcar qui se replient à l'ouest de la Sicile. Le butin est conséquent et l'avance punique est stoppée. Hiéron qui succède à Gélon, défait la flotte des Étrusques près de Cûmes vers - 474 et en profite pour dominer la majeure partie de la Sicile.
La flotte de Sparte et de ses alliés
s'est retirée du combat après la prise de Chypre et de Byzance.
Athènes poursuit son offensive et détache les cités
ioniennes de l'empire perse. Le traité d'alliance défensive
(symmachie) ainsi conclu entre Athènes et les cités grecques
d'Asie Mineure ainsi que nombre d'îles de la mer Egée devient
"la Ligue de Délos" en - 477. Cette coalition chasse les garnisons
perses de Thrace et les pirates de la mer Egée. Vers - 466, une
nouvelle flotte perse construite par Xerxès est éliminée
par la flotte grecque conduite par Cimon, le fils de
Miltiade, à la bataille de
l'Eurymédon.
Une version plus
détaillée de cette période est disponible sur la
page de la Guerre du
Péloponnèse
L'expansionnisme athénien sort du cadre grec et vise toute la Méditerranée orientale. Les Athéniens profitent des troubles de succession au trône de l'empire perse, ainsi que des révoltes des peuples soumis pour aider les Egyptiens lors de la révolte d'Inaros. La Perse tente, en vain, de faire intervenir Sparte en Attique pour forcer les Athéniens à se retirer d'Egypte. Achaiménès, le satrape d'Egypte, est battu et assiégé à Memphis vers - 460. La réaction d'Artaxerxès est vigoureuse, Mégabyse intervient avec une puissante armée et les Perses chassent les Athéniens de Memphis, les refoulent vers l'île Prosopitis, et après dix huit mois de siège, occupent l'île selon Thucydide. La flotte de secours envoyée par les Grecs et arrivée trop tard est brûlée. En - 454, les forces athéniennes en Egypte sont détruites par les Perses. Pendant ce temps, Sparte subit un tremblement de terre qui détruit la ville et une révolte des hilotes (- 464) puis des Messéniens qui mobilise ses forces durant une dizaine d'années et oblige Sparte à faire appel aux Athéniens. Aussi, le premier conflit qui oppose Sparte et ses alliés : Corinthe, Mégare et des Béotiens à Athènes à partir de - 461 est peu soutenu. Par sa victoire dans une bataille navale en - 458, Athènes soumet Egine, et domine la Mer Egée. Les armées de Sparte et de Thèbes battent celle d'Athènes à Tanagra en - 457 mais cette dernière prend sa revanche à Oinophyta sitôt l'armée spartiate repartie. Une trêve de cinq ans est conclue entre Sparte et Athènes, dont celle ci use pour vaincre à deux reprises une flotte phénicienne à proximité de Chypre. La guerre reprend et en - 447 les Béotiens battent les Athéniens à Coronée.
En - 446, la Paix de Trente Ans est conclue entre les
belligérants organisant le partage du "monde" grec.
A Athènes le Nord et la Mer Egée
A Corinthe l'Ouest et son commerce
A Sparte le Péloponnèse.
L'arrivée au pouvoir de Périclès à Athènes correspond à un plus strict contrôle des alliés de la Ligue de Délos dont les révoltes sont impitoyablement brisées (Samos en - 440). Le trésor de la confédération est transporté, en - 454, sur l'Acropole et Athènes termine la construction des Longs Murs et développe sa marine. Sparte se présente en champion des libertés grecques en péril et de l'indépendance des cités.
La trêve prévue pour 30 ans entre Sparte et Athènes ne dure pas. Les "affaires" de Corcyre, de Mégare et de Potidée font éclater le conflit.
En - 435, la défection d'Epidamme provoque une guerre entre Corcyre et son ancienne métropole Corinthe et ses alliés. Corcyre demande des secours à Athènes, qui signe un accord défensif et envoie un contingent symbolique (10 navires) Lors de la rencontre décisive, propice aux Corinthiens, les navires corcyréens essuient de lourdes pertes mais s'en tirent grâce à la protection de la flotte athénienne renforcée au cours de la bataille (passant de 10 à 30 trières).
En - 433, Corinthe incite Potidée à quitter la Ligue de Délos. Athènes, exige de cette ville, à la fois colonie corinthienne et alliée payant tribut, qu'elle rase sa muraille et chasse les envoyés corinthiens. Redoutant la défection de la ville et des alliés près de la Thrace, Athènes dépêche trente navires et 1000 hoplites pour "ramener l'ordre". Mais c'est insuffisant face aux cités insurgées et renforcées par les Corinthiens, soit 2000 fantassins dirigés par Adeimantos. Athènes doit envoyer du renfort, 40 navires et 2000 hoplites, commandés par Callias. Ils affrontent les Corinthiens, les Potidéates et les Chalcidiens et aussi les 200 cavaliers de Perdiccas, le roi de Macédoine et remportent la victoire, puis mettent le siège devant les murs de Potidée.
Enfin, Athènes accuse Mégare d'accueillir ses esclaves en fuite et pour punir cette ville lui interdit les marchés de la Ligue de Délos, la menaçant de ruine.
Corinthe et Mégare plaident devant la
Ligue Péloponnésienne la rupture de la trêve qui est
bientôt décidée. Périclès est certain de
l'emporter rapidement par la maîtrise de la mer. Athènes
paraît une forteresse imprenable reliée à la mer.

La
guerre d'Archidamos
Dès - 431, Athènes a préventivement évacué les habitants derrière les Longs Murs et les hostilités commencent par une attaque de Thèbes contre Platée, l'alliée d'Athènes. L'assaut est repoussé. Une flotte est envoyée pour protéger l'île d'Eubée. Pendant ce temps, Sparte envahit l'Attique et ruine l'agriculture mais ne peut prendre Athènes. La tactique de Périclès semble efficace.
Mais en 430, la peste, venue d'Egypte, se déclare à Athènes, où la population est entassée. Le siège de Potidée prend fin par la prise de la ville. Périclès comme un tiers de la population d'Athènes meurt de la peste. La révolte de Mythilène est sévèrement punie. Cléon l'Athénien attaque les côtes du Péloponnèse et à Sphactérie, des soldats Spartiates capitulent en - 425 ! Les esclaves du Laurion se révoltent. Brasidas réforme l'armée spartiate et, en Thrace, mène une campagne efficace contre les intérêts d'Athènes. Cléon est battu par Brasidas en Thrace devant Amphipolis en - 422. La mort des deux protagonistes Cléon et Brasidas permet la négociation entre les belligérants. C'est la paix de Nicias en 421, prévue pour 50 ans. Athènes et Sparte se restituent leurs conquêtes.
La paix est brève, en effet le bouillant Alcibiade est nommé stratège à Athènes et sous son influence, l'île de Mélos est intégrée de force dans la ligue Athénienne, tandis que rentrent dans l'alliance, Argos, Mantinée et l'Elide du Péloponnèse. Les hostilités reprennent entre Athènes minée par des conflits internes et Sparte qui jette toutes ses forces, la bataille de Mantinée en - 418 tourne à l'avantage de Sparte. L'expédition menée en Sicile, par Alcibiade, Nicias et Lachamos, à la demande d'Egeste contre Syracuse, alliée de Sparte, en - 415 est un échec complet, selon Thucydide, Athènes perd ici 4 110 soldats et 160 trières.
Les Spartiates profitent de ce grave revers, en attaquant la région d'Athènes depuis la forteresse de Décélie, toute proche. Profitant du soutien apporté par Athènes à la révolte du satrape de Lydie Pissuthnes puis à sa mort à son fils Amorges, Sparte s'allie par le traité de Milet, avec la Perse qui lui fournit la suprématie financière en échange de l'abandon des cités Ioniennes à la suprématie perse. Athènes réagit avec fermeté sous la conduite d'Alcibiade et fait face à de nouvelles défections parmi ses alliés (en Ionie notamment), et un "coup d'état" des "Quatre Cents" oligarques.
En - 410 Alcibiade et les Athéniens
remportent une victoire navale
à Cyzique et à Abydos, restaurent la démocratie et
refusent la paix demandée par les Spartiates. La flotte
spartiate
mieux payée devient plus performante. Une défaite navale
athénienne à Notion suit en - 407. Une brillante victoire
navale athénienne aux Îles Arginuses en - 406 est
gâchée
par la décision de l'assemblée de condamner à mort
les stratèges victorieux qui, en poursuivant la flotte spartiate
vaincue, puis en se mettant à l'abri de la tempête, ont
abandonné les marins de 25 trirèmes athéniennes
qui sombraient. La décision va désorganiser
significativement la marine athénienne En - 405, la flotte
spartiate, commandée
par le navarque Lysandre, surprend la flotte athénienne au
mouillage et en détruisant 150 des 170 trirèmes ennemies,
remporte le combat décisif
à
Aigos Potamos (le Ruisseau de la Chèvre), en
Chersonèse
(les Dardanelles), face à Conon et la flotte athénienne
soutenue
par Samos, seule alliée restée fidèle.
L'année
suivante, Athènes est assiégée, et, non soutenue
par
ses alliés, finit par se rendre. Les Longs Murs sont abattus, la
flotte est livrée aux vainqueurs. C'est la fin de la guerre
du
Péloponnèse. Enfin, en - 404, les conditions de vie
des esclaves, sont tellement dures que 20 000 d'entre eux s'enfuient
des mines du Laurion.
Mais la guerre entre cités grecques se
poursuit pendant un demi
siècle. D'abord Sparte impose à Athènes la
tyrannie
des Trente (forme de dictature), le corps civique est réduit
à
3 000 citoyens. A Sparte le général Lysandre
connaît
la disgrâce. Des garnisons spartiates remplacent les colons
athéniens et le tribut est perçu au profit de cette
nouvelle puissance. L'Anabase (retraite) des
mercenaires grecs engagés par Cyrus le Jeune contre le
pouvoir central, et les diverses révoltes dont le soulèvement réussi
d'Amyrtée en Egypte contre les Achéménides,
montrent la faiblesse de l'empire perse. Aussi Sparte rompt son
alliance avec Artaxerxès II. Vers - 400, une nouvelle
révolte des cités Ioniennes appelle les cités
grecques à l'aide et met Sparte dans l'embarras. L'armée
spartiate, comprenant des contingents athéniens, conduite par le
général Thibron puis Derkillas n'obtient aucun
résultat,
mais ensuite menée par le roi Agésilas II, c'est tout
autre chose.
Ce roi persuade les Spartiates d'envoyer une
armée
en Asie car selon Cornelius Nepos, Artaxerxès projette d'envoyer
une flotte contre les Grecs. Cette armée arrive en en Asie avant
que les satrapes n'apprennent qu'elle est partie. Tissapherne obtient
une trêve de trois mois qu'Agesilas respecte scrupuleusement,
tandis que le satrape prépare la guerre. Ala fin de la
trève, Tissapherne persuadé que le Spartiate va attaquer
la Carie, une province riche où il possède de nombreux
domaines, y rassemble des troupes pour la protéger.
Agésilas attaque alors la Phrygie et la ravage sans rencontrer
d'armée perse. Il passe l'hiver à Ephèse et
déploie beaucoup d'activité pour préparer la
prochaine campagne et exercer ses soldats. Puis à la fin de
l'hiver il déclare publiquement qu'il va aller à Sardes.
Tissapherne vient toujours protéger la Carie. Agésilas
prend beaucoup de places et amasse un grand butin. Quand Tissapherne
vient enfin avec son armée, Agesilas voyant qu'elle est
supérieure en cavalerie évite les combats en rase
campagne et se bat dans les endroits où l'infanterie est en
situation de force. De cette façon, les Perses quoique bien plus
nombreux sont repoussés à chaque fois. Cependant
Agésilas reçoit un courrier des éphores lui
annonçant que les Athéniens et les Béotiens ont
déclaré la guerre à Sparte et l'engageant à
revenir sans tarder. Alors qu'il pense attaquer le Grand Roi en Perse,
il se soumet à l'ordre des magistrats et parvient à
l'Hellespont avec rapidité et rentre en Grèce.
En effet, Athènes, dès - 403 expulse la garnison spartiate qui soutenait les Trente et rétablit la démocratie et son indépendance avec l'aide des Thébains. D'autres cités refusent l'hégémonie lacédémonienne et se soulèvent. Thèbes est déçue des retombées de la victoire contre Athènes. La nouvelle coalition contre Sparte rassemble Corinthe, Argos, Athènes sous l'impulsion de Thèbes et avec le soutien financier de la Perse qui veut punir Sparte de sa "trahison".
Cette guerre de Corinthe commence par un conflit frontalier entre Thèbes et Sparte. La bataille d'Haliarte voit la défaite et la mort de Lysandre en - 395. Le rejet de Sparte gagne la Thessalie. Le siège de Corinthe par l'armée spartiate commence, pendant que Conon l'Athénien, prend sa revanche et remporte, à la tête de la flotte phénicienne fournie par Artaxerxès II et dirigée par le roi de Sidon, la bataille navale de Cnide où il détruit la flotte spartiate en - 394. Cet effacement de la flotte spartiate livre les cités Ioniennes à la domination perse. La même année, Agésilas II vainc une coalition peu soudée d'Athéniens, de Corinthiens, de Thébains et d'Argiens à Némée et à Coronée. Les Athéniens reconstruisent les Longs Murs et grâce à l'or perse et cinquante trières rapportées par Conon, relèvent leur puissance maritime ce qui rapproche Sparte des Perses. La guerre se poursuit principalement autour de Corinthe assiégée. La ville est délivrée par une tactique inédite de l'athénien Iphicrate, une attaque de peltastes qui chasse 600 hoplites spartiates. Le Bosphore est barré par les flottes perse et spartiate ce qui empêche l'approvisionnement d'Athènes en céréales venant du Pont Euxin.
Les Perses, voyant le redressement rapide d'Athènes et leur soutien à la révolte de Chypre dirigée par Evagoras, préfèrent conclure la paix du Roi ou d'Antalcidas en - 386, qui affirme l'autonomie de toutes les cités grecques sous la surveillance de Sparte et la domination perse sur Chypre, et toutes les cités Ioniennes. Athènes a Lemnos, Imbros et Scyros. Seule Sparte peut conserver sa Ligue et est soupçonnée de trahison par toute la Grèce. Mais la Perse qui a faiblement bénéficié de l'opération, inverse sa politique pour affaiblir un peu plus les Grecs.
En Thrace, Olynthe conteste la domination de
Sparte et tente d'unir
la Chalcidique, en contradiction avec la paix du Roi. Sparte
lève
10 000 soldats pour la punir dans toute la symmachie. Thèbes
refuse
de fournir sa part. Phoibidas, un général spartiate, en
route
vers la Thrace prend par surprise, la Cadmée, citadelle de
Thèbes
en - 382 et y installe une garnison. Olynthe résiste jusqu'en
-379.
Athènes facilite la libération de Thèbes en - 379, mais ne veut pas reprendre le conflit avec Sparte. Celle ci tente un coup de main contre Athènes à la manière de la prise de la Cadmée. Cette attaque échoue et c'est la rupture. Athènes reconstitue une Confédération maritime moins contraignante pour les alliés en - 377 et neutre vis à vis de la Perse puisque dirigée contre la Ligue du Péloponnèse. La victoire navale de Naxos remportée par Athènes face à Sparte lui procure la suprématie navale en Mer Egée et de nombreuses adhésions. Une nouvelle paix est conclue à Sparte sous l'arbitrage du Grand Roi vers - 374.
Thèbes veut réunir la Béotie contre la volonté de Sparte. Cet équilibre fragile est rompu par la victoire thébaine de Leuctres en - 371. L'armée spartiate supérieure en nombre et commandée par Cléombrotos est vaincue par une tactique nouvelle. Epaminondas change les règles du jeu et remplace le traditionnel choc frontal par l'ordre oblique avec l'attaque par l'aile gauche. L'armée thébaine, réorganisée autour d'un corps d'élite : le bataillon sacré, est capable de battre en rase campagne l'invincible armée spartiate. C'est la consternation dans toute la Grèce ! Plus grave pour Sparte en pleine crise démographique, 4000 combattants sont morts avec Cléombrotos. Le Péloponnèse se soulève contre Sparte qui poursuit la lutte...
Thèbes fait entrer de force Platées dans la Ligue Béotienne et revendique des territoires. Epaminondas entre en Laconie et libère la Messénie, vers - 370. L'ascension de la Ligue Béotienne sous la direction d'Epaminondas rapproche Athènes et Sparte qui s'allient en - 369. Après deux autres campagnes victorieuses contre Sparte, la Perse reconnaît Thèbes comme la première puissance grecque, c'est le rescrit de Suse qui confirme l'indépendance de la Messénie et ordonne aux navires Athéniens de quitter la haute mer. Athènes tente de rallier les cités opposées à Thèbes qui se bat sur plusieurs fronts et remporte la victoire de Cynoscéphales en - 364 face aux Thessaliens. Thèbes se dote d'une flotte de 100 trières pour contrer Athènes sur mer et provoque le soulèvement de Chios, alliée d'Athènes, rapidement matée. Epaminondas attaque Corinthe, mais ne parvient pas à la prendre empêché par l'Athénien Chabrias.
Sparte conclut la paix avec les Messéniens et les Arcadiens, paix vite brisée par une forte armée thébaine envahissant le Péloponnèse. Athènes intervient au secours de Sparte. Epaminondas l'emporte mais meurt en poursuivant ses ennemis vaincus à la bataille de Mantinée en - 362. Les adversaires signent la paix sur le champ de bataille même. C'est la fin de l'hégémonie militaire de Thèbes sur la Grèce qui a duré 9 ans.
Athènes est à nouveau dominante et rejette les propositions d'alliance de Thèbes, mais ses relations avec les alliés sont toujours difficiles. Corcyre quitte l'alliance et l'Eubée sur les conseils de Thèbes est prête à l'imiter, c'est avec difficulté qu'Athènes la fait rentrer dans le rang. Athènes agit avec plus de prudence que les fois précédente et la syntaxis (contribution) est plus faible, mais doit faire d'incessantes expéditions pour tenir cette confédération.
En - 357, le refus de Chios de payer la syntaxis déclenche la guerre des Alliés. Chios, Cos, Rhodes et Byzance s'opposent à Athènes. En Perse, le nouveau souverain Artaxerxès III, tient fermement l'empire et le satrape de Carie soutient les ennemis d'Athènes. La menace est réelle et la meilleure flotte est envoyée commandée par Chabrias, transportant un corps de mercenaires dirigés par Charès. Chabrias est battu et tué au large de Chios et Charès bat en retraite. Une nouvelle tentative avec ses meilleurs stratèges, Iphicrate, Charès et Timothée, échoue tant les rivalités entre les stratèges sont grandes.
L'assemblée athénienne, lasse
des échecs militaires
et du coût de la guerre, se résout à
l'indépendance
des cités rebelles en - 355.
L'intervention de la Macédoine
Pendant ce temps Philippe de Macédoine, qui cherche un débouché vers la mer, occupe Amphipolis et Pydna en - 357 et Potidée en - 356. Olynthe est la prochaine cible, elle se tourne vers Athènes qui ne peut donner suite. Athènes ruinée aspire à la paix. Philippe est un preneur de places fortes et de villes, et il est craint pour cela. Le siège est bref. Philippe met la main sur les mines aurifères de Pangée, soit un revenu de 1000 talents. La prise de Méthoné, sa dernière place sur la côte macédonienne ne suscite pas de réaction de la part d'Athènes, toute préoccupée par son rétablissement financier. Philippe profite des divers conflits entre cités grecques pour appliquer sa politique d'expansion. Ainsi la troisième guerre sacrée éclate entre les Béotiens alliés aux Thessaliens, et les Phocidiens accusés d'avoir labouré des terres sacrées du sanctuaire de Delphes. Les Phocidiens recrutent des mercenaires avec l'or volé dans le temple de Delphes et résistent victorieusement en - 354.
Philippe de Macédoine intervient en s'alliant avec Thèbes et bat les Phocidiens soutenus par les tyrans de Phères. Il en profite pour s'emparer du port de Pagases en - 352, et dominer la Thessalie. A Athènes, Démosthène incarne la résistance aux Macédoniens. Philippe s'avance jusqu'aux Thermopyles mais stoppe devant l'armée des coalisés menée par Athènes. Philippe attaque la Thrace, et en réponse, Athènes envoie des troupes en Chersonèse. L'importation de blé des rivages de la Mer Noire doit être maintenue coûte que coûte. Le siège d'Olynthe commence en - 349 et réduite à la famine, la cité capitule en - 348. Isolée, Athènes obtient la paix de Philocrate que Philippe retarde le temps de terminer la conquête de la Thrace en - 346. Thèbes profite de l'alliance pour raffermir son contrôle de la Béotie. Athènes tente de préparer sa revanche contre Philippe, à l'intérieur ses partisans sont pourchassés et l'Etat est réformé pour fournir les moyens de poursuivre la lutte, à l'extérieur, les dernières places tenues en Thrace sont défendues et la recherche d'alliances nouvelles est un succès. Mégare, l'Eubée et l'Achaie rejoignent le camp anti-macédonien. En revanche l'appui du Grand Roi Artaxerxès III Ochos, inquiet des progrès des Macédoniens est rejeté.
Philippe ne cherche pas à écraser les cités grecques mais à s'en faire des alliés pour lutter contre la Perse. Démosthène utilise les 6 années de paix qui suivent pour réorganiser la marine et augmente fortement les crédits militaires. Pendant ce temps, Philippe bat les Illyriens et domine l'Epire. Le siège de Périnthe en Chersonèse et celui de Byzance et la prise d'un convoi de ravitaillement athénien par Philippe en - 341, précipitent la guerre. Philippe doit relâcher ce convoi devant la détermination d'Athènes et laisse Byzance soutenue par la flotte athénienne. Athènes rassemble dans un congrès panhellénique les cités qui s'opposent à Philippe : Corinthe, Mégare, Argos, Corcyre. Philippe trouve un autre motif de faire la guerre. Les Locriens sont condamnés pour avoir cultivé le terrain consacré à Apollon, et Philippe est chargé de les punir. Pour y faire obstacle, Thèbes occupe les Thermopyles. Le Macédonien contourne la difficulté en obtenant des Phocidiens la livraison de leur capitale Elatée d'où le passage en Attique est aisé. Une fois à Elatée, Philippe envoie une ambassade à Thèbes. Démosthène réagit rapidement et conclut l'alliance avec Thèbes. Les efforts de Philippe ne peuvent rompre cette alliance qui prévoit le commandement allié par Thèbes et le financement aux deux tiers par Athènes.
Le 1er septembre 338, le choc décisif
se produit à Chéronée,
dans une plaine de Béotie, les armées sont d'effectif
semblable.
La différence se fait au niveau du commandement. La phalange
macédonienne avance au contact de la phalange athénienne
puis recule devant l'attaque de ces derniers. La phalange
athénienne poursuit les Macédoniens tandis que l'autre
partie du front tenu par la phalange béotienne reste immobile.
La phalange macédonienne recule en bon ordre et la cavalerie
macédonienne conduite par le jeune Alexandre s'engouffre dans la
brèche ainsi créée. Les cavaliers attaquent les
phalanges grecques par l'arrière pendant que la phalange
macédonienne reprend son attaque. Les Athéniens se
rendent par milliers tandis que les Thébains se battent
jusqu'à la mort. C'est une
victoire
complète pour Philippe et Alexandre.
Le bataillon sacré de Thèbes est anéanti et cette
cité est traitée durement pour sa "trahison" et
occupée
par une garnison, tandis qu'Athènes est ménagée et
conserve la démocratie mais perd la maîtrise de sa
politique
extérieure.
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