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Afrique du Nord / La 2 ème Guerre Punique |
La reprise de la guerre
La ruée vers Rome Les victoires d'Hannibal La résistance de Rome Le conflit en Espagne La dernière chance d'Hannibal Scipio en Afrique Zama et la fin de la guerre |
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Les interventions militaires de Rome se font essentiellement en Italie, par souci de sécurité. Au nord, une loi de Flaminius prépare la colonisation du pays Sénon. Les Celtes indépendants passent à l'attaque, soutenus par des Belges, des Germains et descendent en Étrurie. Les Romains régissent tardivement mais la victoire du Cap Télamon et la mort du roi celte Viridumar (Virdomar) en - 225, suivies du succès écrasant de Clastidium en -223, permettent à Flaminius d'imposer aux Celtes la domination romaine. Vers - 220, Rome porte sa frontière sur les Alpes. Dans le sud, les Romains débarquent en Illyrie en - 229, - 228 pour se débarrasser des pirates de l'Adriatique. Ils y reviennent en - 221 après un retour de la piraterie.
L'affaire de Sagonte
Cette ville, bien au sud de l'Ebre et proche de l'actuelle Sagonte est partagée en deux partis, l'un pro carthaginois et l'autre pro romain. Ce dernier est maître de la cité depuis que Rome est intervenu pour écraser un soulèvement populaire rejetant l'alliance romaine vers - 220. Puis la guerre éclate entre Sagonte et ses voisins Turbolètes. Hannibal, en chef des forces de la "ligue ibérique" doit les soutenir. Carthage est liée par le traité de - 226 qui lui interdit d'attaquer une ville grecque ou située au nord de l'Iber (sans doute le Jucar). Hannibal rassemble dans l'hiver - 220 -219, une armée de 50 000 fantassins, 6 000 cavaliers et 200 éléphants. En juin - 219, il débute le siège de Sagonte qui va durer 8 mois. Les combats sont rudes, Hannibal est blessé et Rome mobilisée en Illyrie ne bronche pas. La cité est prise par surprise durant des négociations et le butin est envoyé en partie à Carthage. Hannibal rentre à Carthagène.
C'est alors que le Sénat romain envoie des ambassadeurs
auprès
d'Hannibal, c'est un échec, deux logiques s'affrontent :
Les Romains mettent en avant le traité de - 241 qui
stipule que Carthage ne doit pas s'attaquer à une cité
alliée de Rome.
Hannibal précise que le traité de - 226 lui reconnait une
complète souveraineté au sud de l''Ebre.
Puis ils vont à Carthage et se plaignent de l'accueil de Carthagène. Seul Hannon plaide pour le retour à la situation antérieure, il pense qu'un conflit renforcerait les Barcides. A Rome on est divisé au sujet de la guerre et la perspective d'un autre front contre la Macédoine refroidit les ardeurs des sénateurs. En mars - 218, une nouvelle ambassade romaine vient à Carthage, exiger l'évacuation de Sagonte et la livraison d'Hannibal et de ses lieutenants coupables d'avoir rompu le traité.
Les réponses sont plurielles :
- L'accord de - 226 n'a pas été ratifié par
Carthage
!
- Sagonte est dans la zone punique d'après le traité
!
- Le traité de - 226 ne fait pas état de Sagonte !
Furieux, Fabius plie son habit et dit :
- Dans les plis de ma toge, j'apporte la paix ou la guerre, choisissez
!
- Choisis toi-même ! répond le suffète.
- Alors c'est la guerre !
L'ambassade se rend ensuite en Espagne pour y chercher des alliés, mais les chefs contactés n'ont plus confiance en Rome après l'abandon de Sagonte. Les Gaulois Transalpins consultés répondent indignés que c'était extravagant de proposer d'attirer la guerre sur leur propre territoire, pour qu'elle ne passât point en Italie et, avec force éclats de rire nous dit Tite Live, rejettent les propositions des Romains.
Les forces en présence
Rome connaît une expansion démographique lui permettant d'aligner 500 000 fantassins et 50 000 cavaliers, plus faciles à mobiliser en Italie pour la défendre que des Espagnols ou des Africains pour l'attaquer. Cette abondance d'effectifs permet aux officiers d'effectuer une sévère sélection et en cas de défaites mêmes sévères, ils pouvaient combler les pertes. Bien entendu dans l'antiquité, il n'est pas question d'équiper tous les adultes en âge de combattre. Le "tumultus" romain est la levée en urgence et non la levée en masse. La situation financière de Rome est bonne, les conquêtes rapportent du butin et des tributs. L'armée romaine est passée de 4 légions à 6. La marine, avec ses 220 quinquérèmes, interdit toute opération navale à l'ennemi et assure la logistique des légions. Cette suprématie navale de Rome est permise par ses moyens financiers. Les forces politiques opposées avant le déclenchement de la guerre font l'union sacrée contre Hannibal.
Hannibal réussit à mobiliser au printemps - 218, 102 000 hommes (90 000 fantassins, 12 000 cavaliers et 37 éléphants) à Carthagène. L'économie punique est florissante et les richesses de l'Andalousie s'ajoutent à celles de l'Afrique. Ces moyens économiques permettent aux Barcides d'équiper une solide armée, avec de nombreux mercenaires, les citoyens formant le gros de la cavalerie lourde et des équipages de la flotte. Des contingents d'autres cités puniques, des soldats recrutés en Espagne et des Africains constituent une grande part de cette armée dont la force principale repose sur les troupes montées à l'opposé de Rome où l'infanterie est essentielle. La protection de l'Espagne est planifiée : 12 000 fantassins, 2 500 chevaux, une vingtaine d'éléphants, et la flotte (50 quinquérèmes dont 18 non armées stationnant sur la côte), sont confiés à son jeune frère Hasdrubal. Hannibal prépare également la défense de Carthage et envoie des troupes Ibériques protéger l'Afrique de l'Ouest, et les Africains de l'Ouest renforcer la métropole. Hannibal est singulier pour son époque, il considère comme déterminante la mobilité et donc la cavalerie, en fait, il s'inspire de la geste d'Alexandre le Grand. La marine punique est réduite à 150 quinquérèmes dont 50 stationnent à Carthagène. La marine romaine est trop puissante et Hannibal est persuadé que seules une grande victoire en bataille rangée ou la prise de Rome permettront de conclure le conflit. Son objectif est d'entraîner dans sa marche les Gaulois de part et d'autre des Alpes, puis les peuples italiens pour écraser Rome. Il s'appuie sur un mouvement populaire opposé à l'aristocratie punique et compte sur l'équivalent en Italie.
Hannibal laisse 20 000 soldats à son frère Hasdrubal pour tenir le domaine des Barcides et en mai, il franchit l'Ebre. Les consuls romains, Tiberius Sempronius Longus et Publius Cornelius Scipio ont planifié 2 opérations simultanées. Scipio part de Pise avec 2 légions pour la péninsule ibérique, y couper les sources d'approvisionnement d'Hannibal. Sempronius se rend en Sicile pour débarquer en Afrique à la manière d'Agathocle et Regulus mais avec plus de succès. Les Romains s'emparent de Naples. Hannibal remonte vers le Nord en négligeant les comptoirs d'Emporion et Rhodes, et rencontre une vive résistance des Ibères de Catalogne. Hannibal passe avec des pertes sensibles et il laisse à un officier nommé Hannon, le gouvernement de la région avec 10 000 fantassins et 1 000 cavaliers. C'est avec environ 50 000 fantassins et 9 000 cavaliers, qu'Hannibal franchit le col du Perthus. Il rencontre les Volques Arécomices qui viennent de conquérir ce territoire. La plupart des Celtes accueillent volontiers les Carthaginois dont la venue a été annoncée par les agents d'Hannibal. Les Salyens sont aussi bienveillants et l'armée d'Hannibal atteint le Rhône en Juillet, vers Avignon. Là, il faut combattre, une armée gauloise se tient en position de l'autre côte du fleuve. Les dirigeants de Massalia ont envoyé un message au consul Scipio qui vient de débarquer dans le Delta avec 3 légions. Pour ne pas être pris entre ces deux ennemis, Hannibal imagine une ruse, à la manière d'Alexandre à la bataille de l'Hydaspe et envoie en toute discrétion, un détachement vers le Nord avec l'ordre de traverser en un endroit paisible et revenir vers le Sud attaquer au moment où les premières barques accosteront. Les hommes traversent en barque, les chevaux à la nage mais les éléphants sont effrayés. Il faut construire des radeaux et les recouvrir de terre et d'herbe.

Le passage du Rhône - 218
La manoeuvre est parfaitement exécutée et les Gaulois attaqués sur deux fronts subissent de lourdes pertes. Le consul Scipio arrivé à Massalia, apprend qu'Hannibal tente de traverser le fleuve et temporise. Ses cavaliers rencontrent dans un combat sanglant 500 cavaliers numides. Quand ils sont revenus à Massalia, Scipio se presse de marcher vers Hannibal mais il est trop tard.
Hannibal a pensé au moyen de stupéfier les
Romains, et
pour cela, traverser les Alpes et choisir l'Italie, pour champ de
bataille.
Il se rend dans le pays des Allobroges partagé entre deux
prétendants.
Il prend la route de l'Isère puis celle de la Maurienne. Sur le
chemin il subit les attaques des Gaulois. La route devient difficile,
la
neige et les rochers sont autant d'obstacles en plus des
montagnards
Ligures. En arrivant en Italie, l'armée d'Hannibal ne compte
plus
que 20 000 fantassins, 6 000 cavaliers et 3 éléphants.
Mais
les Boïens et les Insubres venaient de se soulever et furieux de
l'installation
récentes de colons romains à Crémone et Plaisance,
attaquaient ces deux cités et expulsaient les colons vers
Modène.
Les Gaulois viennent rejoindre l'armée d'Hannibal. Quand le
carthaginois
repart en guerre, juste avant l'hiver, ses troupes viennent
d'être
significativement renforcées par des Gaulois.

La traversée des Alpes
Chez les Romains, c'est l'inquiétude d'autant que Capoue, sa rivale économique, s'oppose à Rome. La flotte et les troupes parties en Sicile, sont rappelées mais l'expédition en péninsule ibérique, conduite par Cneius Scipio bénéficie de 2 légions. Publius Scipio, venu à Massalia pour intercepter Hannibal, le poursuit en vain et revient en Italie pour faire face à la nouvelle révolte gauloise. Il est doté de 2 nouvelles légions, soit un total inégalé de 6 légions actives.
Hannibal se dirige vers le Sud et rencontre le consul Scipio près du Tessin. En fait, les avant-gardes combattent sans attendre le reste des troupes. Les troupes légères romaines sont bousculées par les carthaginois. En même temps les cavaliers numides, aux ailes, enveloppent le corps de troupes romain. Les légionnaires pris au piège reculent et la retraite devient déroute pour deux raisons :
- le pont de bateaux sur la rivière est emporté
par un
gonflement inattendu des eaux.
- le consul est sérieusement blessé et semble t il, il
ne doit la vie qu'à l'intervention de son fils qui le
protège
de son bouclier.
A la suite de cette victoire les Sénons rejoignent la
révolte.
Les socii gaulois, environ 2 000 fantassins et 200 cavaliers, tuent les
légionnaires qu'ils peuvent et leur coupent la tête. Ils
passent
à l'ennemi avec leurs trophées sanglants. Mais les
Vénètes
et les Cénomans, les peuples les plus importants de la
région,
restent alliés de Rome. Et ils maintiennent une pression sur le
territoire des Boïens et des Insubres.
En Sicile, les cités traditionnellement puniques sont
prêtes
à se soulever et même Syracuse, mais le roi Hiéron,
âgé, respecte ses engagements et Rome conserve la
maîtrise
de la mer. Ainsi des combats navals de peu d'importance ont lieu autour
de l'île et montrent les différentes tactiques
utilisées.
Les officiers puniques, moins riches en soldats mais plus
expérimentés
n'utilisent que l'éperonnage tandis que les romains
privilégient
l'abordage.
Pour Hannibal, la décision doit être emportée sur terre. Il s'empare des magasins bien pourvus de Clastidium (Cassetin), sans combattre, la place lui est livrée par Dasius, le commandant agit peut être par conviction. Pour Hannibal, cela signifie que des Italiens sont prêts à lâcher Rome. De toutes manières, cette ville lui fournit de grandes quantités de blé. Chez les Romains, l'armée de Sicile rallie Rimini en 40 jours. Scipio, remis de ses blessures et Sempronius se rejoignent à Plaisance, ils regroupent 16 000 légionnaires et 20 000 alliés et ont un effectif comparable aux Carthaginois avec une infériorité en cavalerie. Hannibal provoque Sempronius en dévastant des villages gaulois restés fidèles à Rome et en laissant les Romains remporter une escarmouche de cavalerie qui est interprétée comme un heureux présage.
En décembre -218, au sud du Pô, sur la rive gauche de la Trébie a lieu la bataille du même nom. Sempronius est pressé de se couvrir de gloire et fait traverser les eaux glacées de la Trébie, dès l'aube et les légionnaires sont installés dos au fleuve, manipule en quinconces, la cavalerie alliée avec des éléments Cénomans, sur les flancs. Ils souffrent de faim et du froid. Hannibal utilise les Gaulois dont il craint la trahison et veille à ce que tous ses hommes prennent un repas chaud et soient protégés du froid en s'enduisant le corps d'huile. L'armée punique adopte un dispositif en phalange, l'infanterie lourde est en ligne, les Gaulois au centre, qui vont pratiquer leur tactique favorite, la charge impétueuse, et la phalange africaine de chaque côté. Cette ligne est précédée par l'infanterie légère des Baléares. Les éléphants et la cavalerie sont sur les flancs.
Un détachement de 1 000 cavaliers et 1 000 fantassins,
commandé par Magon est dissimulé dans un repli de
terrain, à l'arrière et à droite des Romains.
L'infanterie romaine, en formation classique, vélites, hastati,
principes et triairii, se lance à l'attaque et enfonce le centre
adverse. Sur les ailes, les éléphants, le cavalerie et
l'infanterie légère attaquent et repoussent la cavalerie
romaine qui s'enfuit. Les troupes montées puniques se retournant
vers le flanc de la légion. Les hommes de Magon attaquent
à revers. Les légionnaires tentent de passer entre les
mailles du filet et arrivés au fleuve ne peuvent le traverser
car il est en crue. Sempronius se replie à Lucques avec 10 000
rescapés. Hannibal est le maître en
Cisalpine en dépit de l'hostilité des
Vénètes et des Cénomans. Hannibal renvoie les
italiens prisonniers sans rançon et leur annonce qu'il est venu
leur apporter la liberté. Le soulèvement de la Cisalpine
lui apporte des puissants renforts gaulois, 60 000
fantassins et 4 000 cavaliers. Hannibal passe l'hiver près de
Bologne.
Mais il n'en attend pas la fin pour franchir la chaîne montagneuse des Apennins et traverser les marécages de l'Arno. La difficulté du trajet lui fait craindre les désertions, c'est pourquoi il adopte un nouvel ordre de marche : en avant "les unités de confiance", vétérans, Ibères et Africains, avec les bagages, puis au centre de la colonne, les contingents gaulois et les "rebelles" d'Italie du Nord, enfin il place la cavalerie puis les Numides sans bagages, à l'arrière pour récupérer les attardés. Le passage est difficile et une épidémie atteint l'amée d'invasion. Hannibal qui ne peut se faire soigner, y perd un oeil.
A Rome, deux nouveaux consuls sont entrés en fonction : Cneius Servilius Geminus a pris ses quartiers à Rimini pour couvrir la Marche. Caius Flaminius est installé à Aretium et commande 2 légions et les alliés qui les accompagnent pour protéger l'Etrurie. Hannibal est renseigné sur le tempérament présomptueux de Flaminius, aussi il pille brutalement le territoire autour de Pérouse pour exciter l'armée romaine. Flaminius redoute une attaque directe sur Rome et sans attendre Servilius se lance à la poursuite d'Hannibal. C'est en Ombrie qu'aura donc lieu la prochaine rencontre avec les légions romaines. Cette bataille du lac Trasimène est en réalité une embuscade. Elle a lieu sur la rive nord est du lac, entre le mois d'avril - 217 et le 22 juin selon Ovide. Les troupes d'Hannibal sont postées sur les hauteurs et le brouillard et l'obscurité les rendent quasi invisibles. Le carthaginois a fait allumer des feux sur des collines voisines, la nuit précédente, aussi Flaminius estime les forces ennemies bien plus loin qu'elles ne sont en réalité, et sans envoyer d'éclaireurs il engage les légionnaires, le long de la rive, dans un passage étroit. La cavalerie punique est placée en avant puis les alliés, ensuite les Baléares, les Carthaginois, les Ibères et les Africains complètent le dispositif. D'un seul coup, les troupes d'Hannibal attaquent et sont sur les légionnaires avant qu'ils puissent se mettre en ordre de bataille. La résistance est faible et c'est rapidement la débandade chez les légionnaires. Quelques uns se jettent à l'eau et le combat est bref mais si intense que les combattants ne se rendent pas compte qu'un tremblement de terre est intervenu. 6 000 soldats de la tête de la colonne réussissent à percer et à s'échapper du piège. Mais rattrapés par les cavaliers de Marhabal dans la nuit, ils sont capturés. Les pertes sont très lourdes côté romain : 15 000 soldats et le consul, la tête tranchée par un cavalier Insubre appelé Ducarius, qui en a fait un trophée et 15 000 prisonniers. Les captifs Italiens sont renvoyés sans rançon. Les pertes d'Hannibal sont de 1 500 à 2 000 hommes en majorité des Gaulois. L'armée de Servilius arrive à marche forcée, par la voie Flaminienne. Marhabal et la cavalerie punique partent à sa rencontre et anéantissent l'avant-garde romaine de 4 000 cavaliers commandée par Gaius Centenius, dans la bataille des marais de Plestia.
Rome est elle prête à succomber, et Hannibal à imiter Brennus ?
Rome réagit rapidement. Le Sénat confie à
l'assemblée
populaire des Comices le soin d'élire un pro dictateur avec les
pleins pouvoir, pour une période de 6 mois. Quintus Fabius
Maximus,
personnage opposé au bouillant Flaminius, est conscient de la
supériorité
d'Hannibal sur le champ de bataille. Il est partisan d'épuiser
l'armée
punique en économisant la vie de ses soldats. Il décide
de
nouvelles levées et enrôle deux légions qui
s'ajoutent
aux troupes que Servilius a ramené à Rome. Il renforce
les
défenses de la Ville. La flotte punique ayant capturé des
navires de commerce apportant des approvisionnements pour
l'armée,
les vaisseaux prêts sont envoyés poursuivre la flotte
ennemie
et protéger les côtes en embarquant les recrues
âgées
de moins de 35 ans. Un adjoint est choisi comme maître de
cavalerie,
Marcus Minucius Rufus. Rome "mobilise" les dieux : Jupiter, Junon,
Minerve,
Mars, Apollon et Saturne. On introduit même à Rome le
culte
du dieu punique Baal !

Carte de la 2ème Guerre Punique de John Sloan
Hannibal équipe ses Africains avec les armes des Romains mis hors de combat. En même temps, la tactique change, l'unité de combat cesse d'être la phalange et devient une petite unité. Hannibal assiège Spolète et abandonne devant la solidité des remparts. Il n'est pas équipé pour enlever le camp retranché de Rome. Il ne veut pas risquer le tout dans un choc décisif. Il compte sur l'effet combiné de ses espions et de ses victoires pour faire basculer les Italiens. Mais les résultats sont limités, à Capoue, Pacuvius Calavius a pris le pouvoir mais attend le moment favorable pour faire défection à Rome. Hannibal se dirige vers le Sud en longeant l'Adriatique. Il est fort bien accueilli par les Gaulois du Picenum. En Sardaigne, l'indigène Hanspicora déclenche l'insurrection générale mais la marine romaine interdit aux navires puniques tout soutien aux insurgés. Servilius Geminus, avec deux légions, écrase le mouvement puis rallie Rome et renforce le dispositif de Fabius.
En Espagne, les affaires sont sérieuses pour les Carthaginois. Cneius Scipio entre en péninsule ibérique avec 2 légions, dès - 218, et bat Hannon et ses alliés Ibères. Il prend Tarragone et en fait sa capitale. En 217, il est renforcé par les troupes que lui apporte Publius Scipio. Cneius Scipio remporte une bataille navale aux bouches de l'Ebre avec le concours des marins massaliotes. L'armée romaine s'approche de Sagonte. A la fin de l'année - 217, toute l'Espagne au nord de l'Ebre est contrôlée par Rome.
En Italie, Hannibal pille l'Apulie, le Samnium et la Campanie. Il est suivi par Fabius qui refuse d'engager la bataille et gagne le surnom de Cunctator (le Temporisateur) et par Minucius. Hannibal décide d'épargner un domaine du pro dictateur afin de le compromettre. En Campanie, Fabius réussit à enfermer l'armée punique dans un défilé. Hannibal attend la nuit et équipe 2 000 boeufs, de sarments de vigne attachés aux cornes qu'il fait allumer. Ces boeufs sont lancés contre les troupes romaines qui sont inquiètes. Le combat n'est pas à l'avantage des Carthaginois jusqu'à l'arrivée d'une colonne d'Ibères familiers de la montagne et prompts à combattre les lourds fantassins romains et Hannibal franchit le défilé. Minucius remporte un petit succès il obtient des Comices, un pouvoir équivalent à celui du Cunctator. Mais il est imprudent et livre bataille dans des conditions défavorables et il est sauvé par l'arrivée opportune des troupes de Fabius. Il reste maître de cavalerie et rentre dans le rang.
Hannibal hiverne à Gerunium, une place forte bien ravitaillée et demande à Carthage une aide en hommes et en or, ses troupes sont épuisées. Carthage refuse. En Espagne, les affaires se gâtent. Les frères Scipio montent une opération combinant l'armée et la marine. Himilcon et ses 40 vaisseaux "cuirassés" sont défaits par les 35 navires de Cneius Scipio. Sur le continent, Hasdrubal doit se replier en Lusitanie et les Romains ravagent le Sud de l'Espagne sans prendre les villes de Sagonte et Carthagène. Une flotte punique de 70 vaisseaux cingle sur Pise. Elle est interceptée par une flotte romaine de 120 vaisseaux commandées par Servilius. La poursuite continue jusqu'au port de Carthage. Le contrôle de la Méditerranée reste romain.
Fabius remet ses pouvoirs au terme des 6 mois prévus. Les 2 consuls qui lui succèdent en hiver, poursuivent la même politique. En mars - 216, les nouveaux consuls ont des conceptions opposées. Lucius Aemilius Paulus souhaite poursuivre la stratégie de Fabius avec davantage de combats de faible intensité. Caius Terrentius Varro au contraire, soutenu par la plèbe, veut une bataille décisive. Par des levées exceptionnelles, Rome parvient à équiper 8 légions, soit avec les alliés, un effectif inégalé de 80 000 hommes. L'objectif reste le même : capturer en Espagne les sources d'approvisionnement d'Hannibal et faire la guerre sous les murs de Carthage. En un mot terminer rapidement la guerre. Une tentative de débarquement en Afrique tourne court.
A Carthage, on ne semble pas préoccupé par la perte de l'Espagne et si Hasdrubal reçoit un renfort de 4 000 fantassins et 1 000 cavaliers, c'est pour les conduire en Italie. Cette faiblesse des effectifs est due à la mauvaise volonté du Sénat de Carthage et aux faibles possibilités de la région. Hannibal descend vers l'Apulie en vivant sur le pays et se saisit d'un magasin de blé destiné aux armées romaines à Cannes. Il était temps, les mercenaires espagnols risquent de faire défection en raison de la disette. Les armées des 2 consuls le rejoignent, chaque consul commandant un jour sur deux.
Le 2 août - 216, 80 000 soldats romains dont 6 000 cavaliers font face à 50 000 hommes de l'armée d'Hannibal dont 10 000 cavaliers, au bord de l'Aufide, (aujourd'hui Ofanto), non loin du village de Cannes. D'abord l'infanterie légère entre en scène : 10 000 vélites romains s'opposent à 3 000 frondeurs baléares protégés chacun par un lancier. La précision et la cadence de tir de ces frondeurs va peu à peu détruire les vélites romains. Tandis que les deux masses d'infanterie avancent l'une contre l'autre, la cavalerie lourde d'Hasdrubal domine la cavalerie adverse plus faible, sur le flanc droit. Les cavaliers romains sont accablés, jetés dans l'Aufide ou dispersés. Puis les deux ailes carthaginoises s'attaquent à l'aile gauche ennemie où, là aussi les Romains sont dominés et fuient. Marhabal et ses cavaliers poursuivent et anéantissent les débris de la cavalerie ennemie, tandis qu'Hasdrubal revient avec ses cavaliers espagnols pour attaquer l'arrière des légions. Au centre, l'infanterie ibère et gauloise qui forme un croissant convexe, cède du terrain devant les légionnaires en surnombre et mieux équipée. Puis le centre gaulois s'arrête de reculer. Les premiers rangs romains sont anéantis et les lourds piquiers romains mènent l'attaque. Mais l'infanterie et la cavalerie libyenne se tournent vers le centre et attaquent les légions. Alors la cavalerie lourde d'Hasdrubal se rabat et enferme les légionnaires. Les vétérans se retournent aussitôt contre cette menace, mais ils sont repoussés par une attaque combinée : les javelots des cavaliers s'ajoutent aux glaives courts de l'infanterie et aux flèches et balles de frondes. La boucherie commence. Les légionnaires sont encerclés, c'est la panique dans les manipules et au moins 46 000 romains meurent selon les chiffres de Tite Live et de Polybe. Aemilius Paulus et Servilius sont morts, 2 questeurs, 29 tribuns et 80 sénateurs. Varro s'est enfui, Seule la légion du jeune Scipio qui a refusé d'entrer dans la fournaise réussit à s'échapper, Hannibal ne les poursuit pas trop occupé à attaquer le camp romain et ses 10 000 soldats romains dont 8 000 se rendent rapidement. Parmi les prisonniers, les Italiens, non romains sont renvoyés chez eux. Du côté punique, Hannibal subit 6 700 pertes, surtout chez les Gaulois et les Ibères.
Hannibal ne veut pas attaquer directement la cité de Rome et sa vieille muraille du IVème siècle, mais plutôt l'encercler, l'étouffer quand il aura assez de soldats. Magon intervient à Carthage pour annoncer la victoire de Cannes et demander des renforts. Il obtient 12 000 fantassins, 1 500 cavaliers 20 éléphants et 1 000 talents d'argent, avec mission de passer par l'Espagne, la Gaule et de déferler sur l'Italie. Après cette défaite catastrophique, les alliés de Rome sont troublés. Marcus Claudius Marcellus marche vers Capoue avec toutes les troupes disponibles mais Hannibal l'a devancé et obtenu la soumission de la seconde ville italienne malgré la réticence de sa noblesse liée à Rome. Capoue accueille chaleureusement Hannibal mais refuse qu'on enrôle ses citoyens et la majeure partie de l'Italie du Sud se rallie mais pas les Grecs ainsi Rhegion, Thurium, Metaponte et Tarente refusent d'ouvrir leurs portes par traditionnelle hostilité envers les Puniques. Naples qui reçoit une garnison romaine, les cités côtières et celles du Nord de la Campanie restent fidèles à Rome qui reprend la tactique de harcèlement du Cunctator. Marcellus a réussi à devancer et repousser Hannibal de Nola avec pertes. Cette victoire insignifiante produit une effet moral disproportionné. Hannibal assiège et prend Nucérie, Acerra, et après un long siège Casilinum, clef du Vulturne mais il échoue devant Cumes. L'hiver arrive, l'armée d'Hannibal peut enfin se reposer à Capoue. A Syracuse, la mort de Hiéron à 90 ans, autorise son petit fils et successeur Hieronymos, à rejoindre le camp du vainqueur qui lui promet que la Sicile entière lui reviendrait. La Sardaigne se soulève à nouveau. Dans l'Italie du Nord, les Gaulois anéantissent les 2 légions et les alliés de l'armée de Lucius Postumius Albinus, soit 25 000 soldats, dans la forêt Litana ou Litena.
Hannibal doit parcourir la Campanie pour protéger ses alliés. Il a besoin de renforts que Carthage mené par Hannon consent chichement à lui envoyer et que la marine romaine empêche d'arriver en nombre. En - 215, Bomilcar lui envoie par le port de Locres, un renfort de 4 000 Numides, des éléphants et de l'argent. Il étend sa domination sur l'Italie du Sud. Le roi de Macédoine, Philippe V envoie vers le Punique une ambassade et conclut une alliance avec lui. Philippe s'engage à traverser l'Adriatique avec une flotte de 200 vaisseaux. Mais le représentant de Philippe V est capturé par les Romains qui sont vite informés, la supériorité maritime romaine empêche les Macédoniens de soutenir Hannibal. Il est déçu par l'attitude du Sénat de Carthage qui lui refuse ce qu'il demande avec ténacité. Cette attitude tranche avec l'intense mobilisation qui soutient la défensive. Il ne parvient pas à attirer l'armée romaine dans une bataille et renonce à défendre Capoue. Les ports italiens restent contrôlés par Rome. Hannibal est surveillé en permanence par 3 armées romaines, Marcus Marcellus dans le Samnium qui contrôle la route de Brindes, Sempronius Gracchus en Campanie même et Fabius Maximus près de Calès, inspirant la stratégie romaine. Pendant ce temps Rome agit contre Philippe V. Les Romains débarquent près d'Appolonia qu'assiège le roi, c'est le début de la 1ère guerre de Macédoine Rome use de diplomatie et une vaste coalition grecque menace Philippe V. Cette guerre dure jusqu'en - 205. Hannibal propose au Sénat romain de traiter avec lui, c'est un refus et une humiliation. Rome ne veut pas qu'on imagine que la paix soit possible !
Rome n'a pas admis la défaite et a tenu bon, même
sans
Capoue, son économie lui a permis de poursuivre la guerre et de
reconstituer une armée de 200 000 soldats. Il a fallu recruter
large,
des adolescents (de 17 à 50 ans), des criminels et même 8
000 esclaves achetés et armés. Les alliés latins
sont
sollicités pour défendre la République. Le
Sénat
a interdit les rassemblements et les manifestations excessives de
deuil.
Rome évite la bataille rangée et refuse de payer la
rançon
pour récupérer les prisonniers. Bonne nouvelle pour
l'Urbs,
Hasdrubal est battu et ne parvient pas à franchir l'Ebre. En
Sardaigne,
Titus Manlius Torquatus débarqué avec une armée,
détruit
la force punique qui a secouru Hanspicora. Hannibal tente de constituer
un état barcide au sud de l'Italie avec ses alliés
Lucaniens
et Bruttiens. Il se tourne vers Tarente qui attend jusqu'en - 213 pour
se joindre aux Carthaginois Mais la citadelle tenue par Livius
résiste
obstinément et le port ne peut être correctement
exploité.
Hannibal tente de déplacer les navires de la rade vers la pleine
mer sur des chariots. Son lieutenant Hannon chargé de
protéger
un convoi de ravitaillement pour Capoue est battu par les consuls
Quintus
Flaccus et Appius Claudius en raison du retard des troupes
envoyées
par Capoue, les vivres sont prises par les Romains. L'investissement de
Capoue commence. En Espagne, les 2 Scipio remportent les victoires de
Castrum
et Munda en - 214 et reprennent Sagonte, mais rien n'est
décisif.
C'est là que Carthage a envoyé le plus de renforts qui
font
cruellement défaut à Hannibal. Le plus dur pour Rome est
passé.

Claudius Marcellus (- 268 - 208)
En Sicile, le jeune Hieronymos, et sa famille sont
assassinés
par le parti aristocratique et la république est
proclamée
et fait appel à Rome. Claudius Marcellus est envoyé pour
contrôler la Sicile. Il agit avec brutalité,
détruit
les troupes réunies à Léontini, laisse un massacre
s'effectuer à Enna, ville consacrée à Céres
et Proserpine. Il tente un assaut qui échoue contre Syracuse et
toute la Sicile se lève contre les Romains. Carthage
réagit
et dépêche Himilcon et Hippocrate sur l'ïle avec 25
000
fantassins, 3 000 cavaliers et 12 éléphants. Himilcon
s'empare
d'Agrigente. Marcellus maintient le siège de Syracuse et les 2
armées
puniques s'installent au milieu des marais pestilentiels de la
vallée
de l'Anapus. La défense de la cité est vigoureuse et
Archimède,
le mathématicien et ingénieur, réussit à
détruire
des navires romains. Hippocrate et Himilcon ainsi que la
majorité
des Africains périssent des fièvres. Une dernière
tentative est effectuée par Bomilcar venu avec une flotte de 155
navires devant le port de Syracuse, mais il refuse le combat face aux
130
navires romains. Le blocus du port de Syracuse est efficace. Les
Syracusains
sont prêts à se rendre mais les transfuges de
l'armée
romaine, en particulier des rameurs de la flotte, se révoltent
et
le pouvoir est entre les mains des officiers des milices
étrangères
dont l'un d'eux livre l'Ile à Marcellus. Alors le peuple ouvre
les
portes de la ville et Marcellus livre Syracuse au pillage.
Mais la Sicile n'est pas perdue pour Carthage. Hannibal y envoie un de ses officiers de cavalerie libyen, Mutines. Prenant le commandement des Numides et se déplaçant rapidement dans l'île, il pratique une guerre de guérilla avec succès. Mais écho des désaccords entre Hannibal et le Sénat de Carthage, le général venu d'Afrique jalouse Mutines et les Numides, il combat seul les légions de Marcellus et est complètement défait. Mutines continue sa forme de guerre et occupe quelques petites villes. Hannon jaloux de ses résultats lui retire le commandement et le donne à son fils. Furieux, Mutines avec ses cavaliers fidèles livre aux Romains la ville d'Agrigente. Toute la Sicile est dominée par Rome.
Plus encore que de Sicile, Hannibal attend de l'Orient un appui contre son ennemie. La Macédoine est aux prises avec la coalition suscitée par le Sénat romain. Antiochos le Grand, vaincu par l'Egypte à Raphia est aux prises avec des révoltes et de l'agitation en Asie Mineure, en Bactriane et dans les satrapies orientales et ne peut entrer dans la grande coalition qu'Hannibal souhaite. Ptolémée Philopator en revanche renouvelle ses traités avec Rome en - 210, mais elle ne participera à ce conflit qu'en donnant quelques navires chargé de céréales.
En - 212, Hannibal détruit l'armée de Sempronius
Gracchus
dans une embuscade en Lucanie. Le proconsul y trouve la mort. Hannibal
en profite pour faire lever le siège de Capoue. La cavalerie
punique
unie à celle des Campaniens, inflige une sévère
défaite
à la cavalerie romaine. Un prêteur Cneius Fulvius
assiège
Herdonea. Hannibal laisse ses bagages et se précipite vers cette
ville et remporte une victoire. Le primipile Marcus Centenius Paenula,
de l'armée d'Appius Claudius fait une demande au Sénat
d'un commandement indépendant pour traquer Hannibal car il
connait bien la campanie. Surprise ! Le Sénat accepte sa
requête et 8 000 soldats lui sont détachés de
Lucanie et d'en ajoutent 8 000 "bénévoles" de Camapanie.
Il poursuit donc seul l'armée d'Hannibal. Mais ce dernier, par
ses éclaireurs, localise l'armée romaine avant que
Centenius ne le trouve. Hannibal lui tend une embuscade et c'est la
bataille de Silarus. Les Romains sont surpris et déroutent, les
alliés étrusques fuient ce qui crée la panique.
Les Romains perdent encore 16 000
soldats dans cet engagement. Tite Live précise qu'il n'y a que
mille survivants. L'armée est anéantie.

Fantassin Ibère
http://www.aceros-de-hispania.com/espada-ibera.htm
En Espagne les proconsuls Gnaeus et Publius Scipio arrêtent Hasdrubal tentant de rejoindre le Nord de l'Espagne. A Dertosa, en - 215, Hasdrubal marche avec une armée de 30 000 soldats, espagnols pour moitié et rencontre les frères Scipio et leurs 6 légions (30 000 soldats romains et alliés italiens accompagnés d'un millier d'auxiliaires espagnols). Hasdrubal imite le dispositif de Cannes, et place l'infanterie celtibère au centre, flanquée aux ailes de l'infanterie lourde africaine et la cavalerie espagnole et libyenne à gauche, les Numides à droite. Le centre romain est bien plus fort que son adversaire et il remporte la décision en "cassant" l'infanterie espagnole avant que la cavalerie carthaginoise se défasse de son ennemi, inférieur en nombre (3 000 contre 4 000). Cette défaite fait basculer de nombreux chefs Celtibères et Magon, prêt à prendre la mer pour rejoindre Hannibal, avec 12 000 fantassins, 1 500 cavaliers et 20 éléphants est détourné vers l'Espagne. Il évite un plus grand désastre pour Carthage et permet à Hasdrubal de reconstituer son armée.
Les frères Scipio fortifient Tarragone et attaquent les Carthaginois en Andalousie. En - 214, ils reprennent Sagonte, et combattent jusqu'aux colonnes d'Hercule. Vers - 213, ils entrent en relation avec Syphax, le puissant roi des Masaesyles et envoient quelques officiers romains former ses troupes. Et bientôt, Syphax provoque un tel esprit de révolte chez les sujets libyens de Carthage qu'Hasdrubal doit revenir en Afrique avec ses meilleurs soldats. Un conflit se déclare en Afrique, le roi des Massyles Gaïa ennemi de Syphax prend parti pour Carthage et son fils Massinissa réussit à battre Syphax et à l'obliger à faire la paix. enfin en - 211, Hasdrubal peut revenir en Espagne avec de nouveaux renforts et Massinissa. Au total, les troupes carthaginoises en Espagne comprennent 35 000 fantassins, 6 000 cavaliers et 30 éléphants. Pendant l'absence d'Hasdrubal, les Scipio ont pu piller le pays et inciter les Espagnols à les rejoindre.
C'est au tour des Romains d'être délaissés par leur capitale et, sans renforts, ils sont surclassés par les troupes carthaginoises. Pour tenter de rester, ils engagent 20 000 Celtibères, puis divisent leurs troupes en 3 corps pour faire face à Hasdrubal Barca, Magon et Hasdrubal (le Beau ?) fils de Giscon. Gnaeus Scipio commande les Celtibères et un contingent de Romains et poursuit Hasdrubal qui avec 2 fois moins de troupes, réussit à corrompre les Celtibères qui abandonnent Gnaeus. Ce dernier doit retraiter. Le corps romain, commandé par Publius Scipio, marche vers Magon qu'il trouve près de Castulo, renforcé du 3ème corps punique et de la cavalerie de Massinissa. Cette dernière marque des points et enveloppe le camp des légionnaires. Publius tente une sortie audacieuse. Les légionnaires sont d'abord victorieux mais la cavalerie numide intervient et lui coupe la retraite. L'infanterie carthaginoise se regroupe. Le proconsul est tué et c'est un désastre pour les 23 000 romains. Ces deux combats ont lieu dans la vallée du Guadalquivir.
Gnaeus ignore le sort de son frère et les troupes puniques convergent vers lui. Gnaeus voulant éviter le combat s'installe sur une colline près d'Ilorca ou Ilurci. Attaquée par les 3 corps carthaginois, la cavalerie numide bloquant toute retraite, les soldats romains résistent sur une colline dégagée mais sont anéantis avec leur chef.
Les Carthaginois récupèrent le terrain jusqu'à l'Ebre et sont capables de franchir le fleuve et de se connecter avec l'Italie. Mais Gaius Marcus, un officier de Gnaeus Scipio, rescapé de la bataille d'Illorca avec une petite troupe, a rassemblé les soldats éparpillés et les garnisons. Elu par les soldats, le nouveau chef profite de la jalousie entre les commandants puniques et les refoule sur l'autre rive de l'Ebre. La ligne est maintenue jusqu'à l'envoi par Rome d'une solide légion de 12 000 soldats commandées par le propréteur Claudius Neron. A la fin - 211, la situation en Espagne est revenue au point de départ d'Hannibal. L'Ebre sépare les Romains au Nord des Carthaginois au Sud.
Pendant ce temps, Hannibal qui a tenté de forcer les Romains à lever le siège de Capoue, entourée d'un double fossé et d'une double palissade, et a rebroussé chemin devant l'opiniâtre résistance de Claudius Fulvius et Neron, essaie d'entraîner les légions par un raid sur Rome. Avec 2 000 cavaliers, Hannibal traverse le Samnium et suit la voie Valérienne, ravage les champs alentour et se présente devant la porte Colline en vain. Les Romains considèrent comme une faveur divine le départ d'Hannibal vers la Campanie. Une faible troupe conduite par le consul Publius Galba suit le Carthaginois qui se retourne et le bat. Le siège de Capoue est maintenu et la cité dans le désespoir, se rend aux Romains, la répression est féroce. Les sénateurs sont au mieux ruinés ou réduits en esclavage selon leur participation à la sédition. La cité perd ses institutions et assimilée à un marché rural. Le butin est considérable. Hannibal pour compenser cette perte tente de prendre Rhegion ou la citadelle de Tarente, mais des deux côtés, l'échec est là.
En cette fin d'année - 211, Capoue et Syracuse sont
reprises
par les Romains. Sur quoi peut compter Hannibal, bloqué en
Italie
du Sud ? Il a cruellement besoin de renforts et Carthage ne veut pas
lui
en donner. La perte de Capoue dissuade les alliés
hésitants
d'Hannibal de rester hostiles à Rome. L'espoir a changé
de
camp. Les Romains envoient du renfort en Espagne et réduisent
globalement
le nombre de légions en activité. Hannibal est vainqueur
à Herdonea en - 210, face au proconsul Gnæus Fulvius
Centumalus.
Mais en - 209, Marcus Marcellus mobilise l'armée d' Hannibal et
alterne défaite et victoire, pendant que le consul Quintus
Fabius
menace Tarente. Un corps de Bruttiens de la garnison lui livre la ville
et la répression est impitoyable. Les soldats sont
exécutés,
les maisons pillées et 30 000 citoyens sont vendus comme
esclaves à
la manière d'Alexandre à la fin du siège de Tyr.
Marcus Marcellus veut en finir et il ne pense qu'à
libérer
l'Italie. Avec son collègue Titus Quinctius Crispinus, il part
reconnaître
le terrain et se trouve assailli par une troupe d'Africains et
combattant
avec courage, il meurt en - 209. C'est à ce moment que la
fidélité
des cités latines envers Rome se montre défaillante. En
Étrurie,
dans le Latium et même en Campanie, ces cités
décident
à présent d'envoyer ni soldats ni contributions. Pire,
à
Arrétium en Étrurie, un complot en faveur d'Hannibal est
découvert et il faut envoyer des troupes pour étouffer la
sédition.

Publius
Scipio
En Espagne, les officiers ne se précipitent pas pour
commander
les troupes face à Hasdrubal, et c'est ainsi que le jeune tribun
Publius Scipio est élu proconsul par les centuries. Il parvient
sur le "front" avec le propréteur Marcus Silanus, une
légion
renforcée et une caisse bien pleine, en - 210 et capture par
surprise,
la ville de Carthagène, attaquée par terre et par mer,
pendant
que les 3 armées carthaginoises sont éparpillées,
en - 209. La faible garnison résiste bien et Scipio
déclenche
l'assaut par une étroite langue de terre. Pendant que les
légionnaires
épuisent les défenseurs, une attaque par la mer trouve
les
murailles sans défense, la ville est prise le premier jour. Les
Romains s'emparent de nombreux navires, d'importantes réserves
de
nourriture et de 600 talents. En libérant leurs otages, Scipio
obtient
le soutien des princes ibères en - 208, et la même
année
remporte la victoire à Baecula (Bailen) face à Hasdrubal
Barca. Mais ce dernier, en sacrifiant une partie de ses troupes,
réussit
à se glisser, avec la majeure partie de son armée et ses
éléphants, vers les Pyrénées non
gardées
et il entre en Gaule où il passe l'hiver. En Espagne, les 2
généraux
carthaginois cèdent du terrain à Scipio, en se retirant
en
Lusitanie et aux Baléares. Les Romains dominent la façade
maritime et seule la cavalerie de Massinissa ravage le territoire
conquis
par les Romains. La guerre continue avec l'arrivée d'une
nouvelle
armée conduite par Hannon tandis que Magon et Hasdrubal (fils de
Giscon) reviennent en Andalousie. Marcus Silanus bat ces deux officiers
réunis et capture Hannon.
Les Carthaginois reviennent en - 206, avec 32 éléphants,
4 000 cavaliers et 7 000 fantassins, majoritairement ibères.
Scipio
est vainqueur à la bataille d'Ilipa et chasse les Carthaginois
de
la péninsule et ayant réprimé une révolte
parmi
les cités ibériques alliées, il ne peut
éviter
le départ de Magon vers l'Italie, car il a licencié sa
flotte
en - 209. Il rentre à Rome pour rendre compte de ses campagnes.
Pendant que Scipio est vainqueur en Andalousie, Hasdrubal Barca imite Hannibal et traverse la Gaule méridionale. Il franchit les Alpes et entre en Cisalpine en - 207 entraînant comme son frère, des Gaulois armés. Il perd un temps précieux à assiéger Plaisance qu'il ne réussit à prendre. Puis il descend vers le Picenum. Les Romains se saisissent du courrier qu'il envoie à Hannibal et se préparent à l'intercepter. Le consul Livius Salvinator dispose de 6 légions pour bloquer Hasdrubal tandis que le consul Claudius Nero commande autant de troupes pour retenir Hannibal qui a rassemblé ses soldats. Celui restant trop prudent, Claudius Nero, audacieusement, laisse un rideau de troupes devant lui et rejoint avec ses meilleures légionnaires Salvinator. Les Romains rejoignent Hasdrubal traversant le Métaure. Celui ci tente d'éviter le combat et de glisser sur le flanc des ennemis. Mais il s'égare dans cette région inconnue et la cavalerie romaine le rejoint et le force à combattre. L'infanterie romaine suit et le combat est inévitable.
Derrière les éléphants, Hasdrubal place les Espagnols à droite et les Gaulois à gauche et en retrait, enfin les Ligures au centre. Le combat reste longtemps indécis. Le consul Livius est repoussé par les Espagnols, mais Nero qui est séparé de la ligne ennemie par une colline qui empêche toute attaque, dirige l'aile droite romaine vers la gauche, passe derrière l'armée romaine en fait le tour et débouche sur le flanc des Espagnols. Cette manoeuvre assure la victoire. L'armée punique dans l'incapacité de fuir est détruite. Tite Live annonce la perte de 56 000 soldats du côté punique et 5 400 prisonniers. Du côté romain, il cite le chiffre de 8 000 légionnaires ou alliés tués et 4 000 prisonniers délivrés. Hasdrubal se voyant vaincu, se jette sur une cohorte romaine. Le consul Nero peut rejoindre son poste face à Hannibal qui, sans nouvelles de son frère n'a pas avancé. Ce dernier doit reculer au fur et à mesure qu'il est abandonné par ses alliés et ne pouvant tenir un territoire plus vaste, se replie dans le Bruttium. Locres est reprise par les Romains. Mais si Rome est soulagée, elle n'est pas capable de conclure.
Pendant ce temps, une flotte romaine comprenant 100 navires et commandée par Marcus Valerius Levinus, vient se livrer au pillage de la côte africaine près de Clupea. Le butin est important, les Carthaginois ne réagissant pas, le pillage s'étend jusqu'à Utique. Soudain une flotte punique approche, forte de 83 navires. Elle est battue par la flotte romaine qui en capture 8, en coule 4 et disperse le reste.
Carthage, voyant la menace approcher, se décident à venir en aide à Hannibal et lui envoie des renforts et de l'aide ainsi qu'à Magon. Il faut ranimer la guerre en Italie. On recherche l'alliance avec Philippe de Macédoine mais celui ci vient de signer la paix avec Rome. Magon, le frère cadet d'Hannibal, vient à son secours au printemps - 205, il a rassemblé les derniers soldats d'Espagne, les emmène à Minorque et débarque près de Genua (Gênes) et détruit la ville. Avec ses 30 navires et 15 000 hommes, il prend aussi Savone, et lance des appels aux armes fort bien entendus par les Gaulois et les Ligures attirés par le butin. Il est trop faible pour tenter quelque chose contre Rome et Hannibal est trop affaibli pour tenter de le rejoindre. Magon reçoit des renforts de Carthage et tient, pendant trois ans, le nord de l'Italie.
Au Sénat, on hésite beaucoup sur l'offensive
projetée
par Scipio, nouvellement élu consul, en Afrique. La
présence
d'Hannibal en Italie et le caractère indocile de ce
général
inquiètent les Sénateurs. Aussi reçoit il l'ordre
de se rendre en Sicile, d'y faire construire une flotte, de rassembler
le matériel de siège et de préparer un corps
expéditionnaire
pour attaquer l'Afrique au prochain printemps. Il dispose de l'
"armée
de Sicile", les 2 légions de rescapés du désastre
de Cannes, punis en Sicile et mal considérés. Scipio peut
aussi recruter en Italie. Sa réputation lui apporte 7 000
volontaires
venus de toutes les régions et au printemps - 204, il part avec
30 000 hommes, 40 vaisseaux et 400 transports, et sans croiser de
flotte
ennemie, débarque près d'Utique.
Massinissa
face à
Syphax
Les Carthaginois se sont préparés à recevoir les
Romains et ont détaché Syphax, le plus puissant des rois
numides voisins, de l'alliance romaine qui prend pour épouse
Sophonisbe,
la fille d'Hasdrubal. En traitant avec lui, ils ont trahi Massinissa,
son
ennemi "intime" qui a quitté son royaume avec une faible
escorte,
sous les assauts conjugués de Syphax et des Carthaginois.
Carthage
dispose de 6 000 cavaliers, 20 000 fantassins et 140
éléphants,
l'ensemble est commandé par Hasdrubal, fils de Giscon, qui
rentre
d'Espagne. Massinissa se tourne vers le consul Scipio qu'il a combattu
en Espagne. Le Romain en position de force, met le siège devant
Utique. Mais Syphax arrive avec 10 000 cavaliers et 50 000
fantassins.
Scipio doit lever le siège et se retrancher pour la mauvaise
saison,
dans un camp facile à protéger. Au printemps - 203, la
situation
n'est pas meilleure pour le Romain. Des négociations de paix lui
permettent de surprendre ses ennemis, de nuit. Les huttes de roseaux
des
numides sont incendiées et lorsque les Carthaginois viennent les
secourir c'est leurs tentes qui brûlent. Fuyant sans armes, ils
sont
passés au fil de l'épée.
Carthage réagit et comme des renforts viennent d'arriver de Macédoine et de Celtibérie, une bataille rangée est décidée dans les Grandes Plaines, actuellement la Dakla. Scipio se précipite avec ses légions. Les Celtibères sont au centre, devant l'infanterie africaine, sur les ailes, la cavalerie de Syphax à gauche et les Carthaginois à droite. Scipio innove dans son dispositif, les 3 lignes traditionnelles d'infanterie : hastati, principes et triaires sont placés sur le même plan, la cavalerie aux ailes. Les hastati attaquent en même temps que les cavaliers et balaient leurs opposants. Les principes et les triaires se lancent à leur tour et attaquent de flanc. Les Numides et Carthaginois sont dispersés rapidement tandis que les Celtibères se défendent avec acharnement et sont taillés en pièces. C'est une grande victoire pour le Romain. Syphax est capturé par Massinissa et Laelius.
Le parti de la paix se réveille à Carthage et envoie une délégation de 30 sénateurs chez les Romains. Selon Tite Live, les Carthaginois se montrent humbles et rejettent les fautes sur Hannibal et les siens. Scipio fait connaître ses conditions : les Carthaginois doivent rendre les prisonniers, les déserteurs et les esclaves fugitifs, retirer leurs troupes d'Italie et de Gaule , renoncer à toute prétention sur l'Espagne et quitter toutes les îles situées entre l'Italie et l'Afrique, livrer tous leurs navires de guerre à l'exception de vingt, cinq cent mille boisseaux de blé, trois cent mille d'orge, plus une contribution de 4 000 talents. Les Carthaginois ont 3 jours pour se décider. Une ambassade part pour Rome et à Carthage, les patriotes laissent leurs opposants négocier la paix pendant qu'ils préparent l'effort final et rappellent Magon et Hannibal.
Magon venait de combattre deux armées romaines bien supérieures en nombre, dans le pays des Insubres. Il avait du reculer vers la côte et reçu une grave blessure. L'armée punique embarque aussitôt, mais Magon meurt durant la traversée. Hannibal était à Crotone quand l'ordre de retour lui arrive. Il fait tuer tous ses chevaux ainsi que tous les soldats italiens qui ne voulaient pas le suivre. Sa traversée s'effectue sans incidents tant il agit rapidement. Il débarque à Leptis Minor, au sud d'Hadrumète et la paix conclue est rejetée. Hannibal reçoit des renforts gaulois, macédoniens et numides. Une flotte romaine de transports qui s'est échouée est pillée et une galère venue de Rome est capturée. Hannibal renoue avec Vermina, le fils et successeur de Syphax en - 202. Scipio, furieux pille la riche vallée du Bagradas et fait vendre en masse ses habitants comme esclaves. Hannibal, voulait reconquérir le royaume de Syphax pour prendre les Romains en étau. Scipio s'y oppose. Une entrevue a lieu où Hannibal tente d'obtenir des meilleures conditions de paix. C'est un échec. Il ne reste plus qu'à combattre.
C'est l'automne - 202. Pour cette bataille décisive, l'infanterie d'Hannibal est disposée en 3 lignes. D'abord viennent les mercenaires carthaginois, puis les milices africaines, les Carthaginois ainsi que le corps macédonien et les Gaulois, enfin les vétérans de l'armée d'Italie. Devant sont placés 80 éléphants. La cavalerie est aux ailes, les Massaesyles à gauche et les Carthaginois à droite.
Scipio range son armée en 3 divisions mais en laissant toute la place pour laisser passer les éléphants sans troubler leur ordre. C'est à dire que les légionnaires sont en 3 rangs traditionnels de la légions Hastati en premier, Principes ensuite et Triarii pour finir, mais au lieu de la disposition classique en damier qui occupe toute la largeur de la légion, Scipion fait placer les manipules de seconde et troisième ligne exactement derrières celles de la 1ère ligne, laissant de larges trouées. Cet espace est "rempli" de vélites qui vont désorienter les éléphants. Cette tactique est une réussite, les éléphants avançant naturellement dans ces "boulevards" sont attaqués sur les flancs. En outre les trompettes et les cors sonnant très fort, les éléphants affolés, surtout à l'aile gauche, se retournent contre leurs lignes et sèment la pagaille dans la cavalerie punique qui est nettement surclassée par la cavalerie romaine renforcée par les 4 000 cavaliers de Massinissa qui commande l'aile droite. Cette domination se transforme en poursuite. Néanmoins quelques éléphants bien conduits font un carnage parmi les vélites romains.

Un éléphant punique au milieu des légionnaires
Au centre, le combat est plus équilibré, mais les premières lignes ayant farouchement lutté, se retirent en désordre dans leurs secondes lignes, correctement chez les Romains, plus difficilement dans l'armée d'Hannibal où les mercenaires se sentent trahis par les milices carthaginoises timorées. Hannibal dégage sur les ailes, le reste des 2 premières lignes et fait monter ses vétérans d'Italie face à l'ennemi. Scipio envoie tout ce qui reste des deux premières lignes à l'assaut et les deux autres divisions à droite et à gauche pour encercler l'armée punique. La bataille reprend sur tout le front. Les vétérans d'Hannibal tiennent bon malgré l'affluence des ennemis.
C'est alors que les cavaleries romaine et numide reviennent de
leur
combat et enveloppent la dernière ligne carthaginoise. C'est la
fin de la résistance des vétérans puniques.
L'armée d'Hannibal est écrasée, 20 000 soldats
restent sur le terrain, 20 000 autres sont prisonniers, Hannibal
réussit
avec très peu de soldats à rejoindre Hadrumète.
C'est fini pour Carthage de jouer un rôle de puissance. Scipio accorde la paix mais les conditions sont plus dures. Carthage doit payer chaque année une contribution de guerre de 200 talents, ne jamais entrer en guerre sans l'autorisation de Rome et livrer sa flotte et ses éléphants. Carthage perd son indépendance.
Rome est elle en meilleur état ?
Elle domine la Méditerranée, mais son
économie
est ruinée par 17 ans de guerre dont la majorité sur son
sol, puis par ses représailles contre les alliés
d'Hannibal.
de nombreuses cités sont détruites ou désertes et
l'agriculture est abandonnée dans diverses régions. La
population
de Rome a baissé d'un quart.
Il faut cinquante années pour que le recensement affiche un
nombre de citoyens égal à celui de l'année - 225,
le dernier avant la guerre d'Hannibal.
Hannibal est choisi par Scipio pour gouverner Carthage et comme
suffète,
il en entreprend la réorganisation. Mais ses ennemis font appel
à Rome qu'inquiète le redressement de la cité
honnie.
Hannibal est menacé d'assassinat et il part en exil à la
cour du roi de Syrie Antiochos III qu'il conseille dans sa lutte contre
les Romains. Mais ce roi ne suit pas les avis d'Hannibal, il est vaincu
aux Thermopyles et perd la guerre à Magnésie en - 189.
Hannibal
doit encore fuir et c'est Prusias, le roi de Bithynie qui le
reçoit.
Vers - 183, selon Tite-Live, les envoyés de Rome obtiennent
qu'il leur soit
livré.
Hannibal choisit le poison, à Libyssa (au bord de l'actuelle mer
de Marmara). Plus tard, l'empereur
Septime
Sévère lui fera construire un tombeau. Entre
temps, Rome aura détruit la cité de Carthage au cours de
la 3ème guerre punique
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