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La dynastie des Flaviens (69 - 96) |
L'année des quatre empereurs La révolte de Civilis Le siège de Jérusalem Le règne de Vespasien La bataille du Mons Graupius Le début des guerres Daciques |
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La seconde comprenant trente mille soldats est emmenée par
Caecina, avec le même objectif mais par l'Helvétie et les
Alpes Pennines. Elle comprend l'armée de haute Germanie autour
de
la Legio XXI, complétée par des auxiliaires.
La troisième commandée par Vitellius forme une
armée de réserve, stationnée sur les bords du Rhin
et qui prendra ensuite le chemin de Fabius Valens. Les Germains et les
Belges fournissent des auxiliaires. L'enthousiasme est
général et malgré l'hiver et les montagnes, les
perspectives de butin en Gaule et en Italie sont
alléchantes. Les armées sont déjà parties
quand la nouvelle de la mort de Galba arrive. Cela n'arrête pas
le mouvement. Othon propose une transaction, il est maître
de l'Italie, de l'Afrique et reconnu par les légions d'Orient et
de l'Illyricum. Mais les relations s'enveniment rapidement.
Le premier jour, les légionnaires attaquent comme des
néophytes. Ils avancent vers les murailles, sans
précaution. Caecina est repoussé avec beaucoup de pertes.
La nuit est pleine de préparatifs. Les Vitelliens
préparent des abris pour approcher des murs à couvert.
Les Othoniens préparent des pieux aiguisés et de lourds
projectiles pour "accueillir" les assaillants ! A l'aube, les
auxiliaires germains s'avancent nus, les boucliers au dessus de leurs
têtes, ils sont accablés par les javelines des Othoniens.
Les légionnaires protégés par les claies et les
toits mobiles, sapent les murs, élèvent des terrasses.
Les
prétoriens font basculer des quartiers de rocs et en
éliminent une partie. Les autres, percés de traits,
retraitent en désordre. Caecina, honteux, repart vers
Crémone. A cet échec s'ajoute une opération
menée par Martius Macer qui près de Crémone
remporte un combat en faisant traverser le Pô à des
gladiateurs. Ceux ci jettent la panique parmi les auxiliaires
vitelliens dont une partie fuit à Crémone et le reste est
taillé en pièces. Macer replie ses troupes avant que les
renforts ennemis interviennent ce qui le rend suspect aux
Othoniens.
La
bataille des Castors
Caecina tente d'améliorer sa réputation et
prépare une embuscade au lieu nommé les Castors à
peu de distance de Crémone. Dans les bois, il cache des
auxiliaires et envoie sur la route, la cavalerie pour attirer l'ennemi.
Mais cette information est connue des généraux othoniens.
Paulinus commandera l'infanterie et Celsus la cavalerie. Trois cohortes
prétoriennes occupent la chaussée tandis que le plus gros
des forces légionnaires marche sur les deux côtés
(Ière et XIIIème légions), accompagnés
d'auxiliaires et de cavaliers, et qu'un millier de cavaliers
ferment la marche pour intervenir dans tous les cas.
Lorsque la cavalerie vitellienne fait demi tour comme
prévu, Celsius retient ses cavaliers. Alors les auxiliaires
vitelliens sortent trop tôt du bois, se lancent à la
poursuite des cavaliers de Celsius et tombent sur les
légionnaires et la cavalerie othonienne qui les a
déjà tourné. Paulinus fait combler les
fossés pour pouvoir y déployer ses lignes Les
Vitelliens en profitent pour se réfugier dans les vignes
près d'un petit bois, et éliminent quelques cavaliers
prétoriens trop avancés. Alors les légionnaires
othoniens attaquent et écrasent leurs ennemis, ainsi que les
renforts qui arrivent au fur et à mesure que Caecina les
appelle. Ces arrivées se font ans le plus grand désordre
tandis qu'au camp vitellien le préfet Julius Gratus est mis aux
fers pour intelligence avec l'ennemi, tout comme son frère
Julius Fronto, tribun militaire dans l'armée othonienne. La
situation catastrophique des Vitelliens permet d'envisager leur
destruction mais Paulinus sonne la retraite, pensant que les
légionnaires sont fatigués tandis que les Vitelliens
peuvent sortir reposés du camp.
Pendant ce temps, Valens est aux prises avec une mutinerie de
ses auxiliaires Bataves que le préfet de camp Alfenus Varus
réussit à apaiser. Valens arrive près de Ticinum
et se retranche dans un camp. La nouvelle de l'échec de Caecina
manque de faire repartir la mutinerie. Les deux chef vitelliens ne
s'entendent pas du tout. Othon réunit un conseil de guerre pour
choisir de faire durer la guerre ou "tenter la fortune" comme
l'écrit Tacite. Paulinus, Celsus et Gallus sont du même
avis, la situation de Vitellius va se déliter avec le temps et
celle d'Othon va s'améliorer avec l'arrivée des troupes
de Mésie, il faut donc temporiser. Mais Othon
préfère la bataille immédiate et son frère
Titianus et le préfet du prétoire Proculus l'approuvent
en le flattant, la décision est prise. Pour protéger
l'empereur, ces mêmes flatteurs lui conseillent de se rendre
à Brixellum (actuellement Bersello). Othon suit ce conseil et se
retire avec une troupe nombreuse de cavaliers et de prétoriens
ce qui renforce l'infériorité numérique des
Othoniens.

La
première bataille de Bedriacum (Bédriac) 14
avril 69
Paulinus, Celsus et Gallus sont écartés de la
prise de décision au profit de Titianus et Proculus, tous deux
sans véritable expérience. Et Othon, les presse par
courriers, de combattre ! Pendant ce temps, Caecina et Valens, bien
informés de ce qui se passe dans le camp othonien;
décident d'attendre l'ennemi et pour maintenir l'esprit combatif
de leurs soldats, font construire un pont de bateaux par dessus le
Pô, solidement. Au milieu du fleuve, une île est l'objet
d'une lutte entre les gladiateurs de Martius Macer et les auxiliaires
germains. Ces derniers occupent l'île à la nage avant
l'arrivée des gladiateurs en bateau. Macer commande l'attaque
mais les Germains sur la terre ferme sont plus à l'aise pour
combattre et certains plongent dans le fleuve et font couler les
esquifs, les pertes des Othoniens sont sévères ! Les
rescapés fuient, Macer blessé est remplacé par le
consul Fulvius Sabinus.
Les Othoniens partent pour une marche de seize miles,
chargés de leur bagage vers le confluent de l'Arda et du
Pô. Les Vitelliens se mettent en position de combat et la
cavalerie s'élance au devant des Othoniens. Elle est
rejetée vers la palissade et la Legio I Italica la reconduit
à la pointe de l'épée, vers l'avant ! Les deux
armées se font face, dans l'ordre pour Vitellius et dans la
confusion pour Othon. Soudain une rumeur se répand chez les
Othoniens : l'armée de Vitellius vient de l'abandonner ! Ils
saluent l'ennemi qui répond avec colère,
déception, sentiment de trahison chez les Othoniens ...
Les Vitelliens chargent en ordre et en surnombre ! Les Othoniens
fatigués se battent avec vigueur dans des conditions
particulières :
"Le champ de bataille, embarrassé d'arbres et de vignes"
écrit Tacite.
"Les bêtes de somme, égarées parmi les
combattants, y jetaient une grande confusion" ajoute Plutarque.
Le combat s'effectue par peloton et seules deux légions
trouvent de la place pour combattre, la XXIème Rapax (rapace),
composée de vétérans
pour Vitellius et la Ière Adjiutrix, formée des recrues
néroniennes pour Othon. Celle ci, pour sa première
bataille rangée, montre beaucoup d'ardeur et enfonce les
premiers rangs puis capture l'aigle de la XXIème qui se
ressaisit, repousse l' Adjiutrix, tue son commandant Orfidius Benignus
et
lui capture beaucoup de drapeaux. Ailleurs la Legio XIII Gemina
othonienne est enfoncée par la Legio V Alaudae (des Alouettes)
une légion gauloise vitellienne. La situation est difficile pour
les Othoniens, dont les généraux se sont enfuis selon
Tacite, tandis que Caecina et Valens font avancer continuellement des
troupes fraîches. Enfin, les auxiliaires bataves conduits par
Varius Alfenus, après avoir massacré les gladiateurs ont
traversé le fleuve et attaqué l'ennemi sur le flanc.
Plutarque écrit que "Ceux qui combattirent le plus honteusement
de tous furent les prétoriens sans même attendre
d’être aux prises avec les ennemis, ils s’enfuirent à
travers les rangs de leurs camarades, encore fermes sur leurs
positions, et les remplirent de terreur et de confusion."
C'est la déroute chez les Othoniens qui fuient en
désordre, gênés par les dépouilles des
combattants, il en arrive au camp de Bedriacum qui ont du forcer le
passage à travers les ennemis vainqueurs. Les Vitelliens
s'arrêtent cinq miles avant le camp. Le lendemain Celsus et
Gallus décident d'engager des pourparlers avec Caecina et Valens
puis tous les soldats des deux armées se rallient à
Vitellius. Othon apprend le résultat de la bataille et
malgré la fidélité des soldats qui sont
près de lui et la possibilité de continuer la guerre avec
toutes les troupes qui lui restent fidèles, il se jette sur son
épée. Othon est mort à 37 ans après un
règne de trois mois.
Aulus
Vitellius
A Bedriacum, les Othoniens pressent Verginius d'accepter l'empire avec
tant de conviction qu'il doit fuir. Enfin Gallus vient porter à
Caecina leur soumission. Les Vitelliens se livrent au pillage des
fermes sans que leurs officiers les en empêchent. La Legio XIV
Gemina hésite longtemps avant d'obéir et est
déplacée. Les prétoriens sont licenciés. La
Legio VII Gemina est dirigée sur la Pannonie et la Legio I
Adjiutrix en Hispanie, le reste des Othoniens est envoyé dans
leurs quartiers d'hiver. Le peuple de Rome, à la nouvelle de la
bataille de Bedriacum, reconnaît Vitellius et le Sénat lui
décerne les honneurs impériaux. Vitellius encore mal
informé de toute la situation, avance avec l'armée de
réserve grossie de recrues gauloises et bretonnes. La garde du
Rhin est confiée à Hordeonius Flaccus.
En Afrique, le gouverneur des deux Maurétanies,
Lucéius Albinus nommé par Néron pour la
Césarienne a reçu de Galba, la Tingitane et depuis la
mort de ce dernier, se fait appeler Juba et porte les signes de la
royauté. Il dispose de dix neuf cohortes et cinq ailes de
cavalerie. Soutenant l'empereur Othon, il menace l'Hispanie. Cluvius
Rufus, le gouverneur de cette province, ordonne à la Legio X de
s'approcher du détroit et aux centurions de gagner les Maures
à Vitellius. Les responsables des cohortes et de la cavalerie
sont assassinés et Albinus est tué en débarquant
en Maurétanie Césarienne. Cluvius Rufus assure à
Vitellius l'appui de ces deux provinces.
Vitellius descend la Saône vers Lyon, pendant que son
armée chemine à pied. Il fait l'éloge de Caecina
et Valens, les officiers Othoniens restent dans leurs charges mais les
centurions les plus braves sont mis à mort ce qui indispose les
armées d'Illyrie et d'autres légions jalouses des
soldats du Rhin. Des désordres éclatent entre les
vainqueurs et en particuliers entre légionnaires et auxiliaires,
par exemple à Ticinum, un soldat des cohortes gauloises et un
légionnaire luttent et l'énervement aidant, les
légionnaires sortent furieux, nous dit Tacite. Le
résultat est le massacre de deux cohortes !
Les Bataves sont renvoyés en Germanie, les milices
gauloises retournent dans leur province et Vitellius de plus interdit
le recrutement de légionnaires et d'auxiliaires alors que le
trésor le permet. Le nouvel empereur se rend sur le champ de
bataille de Bedriacum un mois après le combat. Lorsqu'il
reçoit des courriers annonçant que l'Orient a reconnu
Vespasien
empereur, Vitellius qui le redoute, se lance à corps
perdu dans les débordements dignes de Néron !
Au mois de Juin, Claudius Civilis soulève contre
Vitellius, les Bataves, les Canninéfates et les Frisons et
appelle à la révolte les Gaulois. C'est une longue
révolte qui commence, ce citoyen romain d'origine batave,
préfet de cohorte, a été
soupçonné par Fonteius Capito et livré
à Néron, puis mis au cachot. Galba l'a
libéré et renvoyé en Germanie. Il traîne
derrière lui de nombreux Germains et remporte une
première victoire contre Rome, en raison de la défection
d'une cohorte de Tongres. Les Germains de la rive droite du Rhin,
Chauques, Frisons, Bructères et Tenctères se
soulèvent. Des émissaires sont envoyés pour
convaincre les auxiliaires bretons et surtout bataves qui ont combattu
à Bedriacum.
En Orient, Vespasien hésite et pèse ses chances
tout en reconnaissant Vitellius. Mais il se prépare à la
guerre contre le nouvel empereur. Mucien (Licinius Crassus Mucianus),
le gouverneur de Syrie et
Tiberius Julius Alexander le préfet d'Égypte
l'encouragent et le convainquent du succès de l'entreprise.
Début juillet, Vespasien est proclamé empereur par le
préfet d'Egypte et sa Legio III Cyrenaica, par l'armée de
Judée et les légions de Syrie. Tous les souverains des
provinces côtières jusqu'aux frontières de la
Grèce, et à l'intérieur des terres jusqu'en
Arménie lui jurent obéissance. Mais la Cappadoce manque
de légions. En Mésie, en Pannonie et en Dalmatie, les
légions déjà hostiles à Vitellius, se
soulèvent en faveur de Vespasien, à l'instigation
d'Antonius Primus et Cornelius Fuscus. Un effort est fait en
particulier vers les Prétoriens pour les gagner par l'espoir de
reprendre du service. Un conseil de guerre est tenu à
Béryte. Tout y est prévu pour faire la guerre. Le choix
des villes fortifiées pour fabriquer des armes, la frappe
à Antioche des monnaies d'or et d'argent, les ambassades
envoyées chez le Parthe et l'Arménien, et le maintien des
légions pour garder les frontières. Titus poursuit la
campagne en Judée, Vespasien se chargeant de défendre
l'Egypte, contrôle ce grenier à blé
nécessaire. C'est donc Mucien qui, avec une partie des
légions,
marchera contre Vitellius. Les Provinces d'Orient sont
mobilisées pour cette nouvelle guerre. Mucien part avec la
sixième légion et treize mille vexillaires. Il fait venir
la flotte du Pont à Byzance.
Pendant ce temps, Vitellius entre solennellement à
Rome après avoir épuisé les provinces
traversées. Caecina et Valens gouvernent sous son nom mais se
haïssent
foncièrement. Dans les seize cohortes prétoriennes, les
Italiens sont remplacés par des soldats de l'armée de
Germanie ce qui mécontentent les cadres de l'armée. Vingt
mille soldats de l'armée de Germanie sont trop
nombreux pour résider dans les camps. Ils campent dans des lieux
insalubres et errent
dans la ville sans discipline. Les huit cohortes bataves qui sont
rentrées en Germanie sur l'ordre de Vitellius, sont
rappelées par lui en Italie. Elles refusent d'obéir et
battent les troupes du légat Hordeonius Flaccus près de
l'actuelle ville de Bonn. Puis elles rejoignent la révolte de
Civilis. Vitellius demande des secours en Germanie, en Hispanie et en
Britannia mais les responsables sont indécis et en butte
à
des populations hostiles pour la Germanie et la Britannia. Seule la
Legio III Macriana d'Afrique répond.
Antonius Primus, à la tête des sept légions
de l'Illyricum dévouées à Vespasien, est
prêt à envahir
l'Italie. Vitellius ordonne à Valens et Caecina d'être
prêts pour la guerre, et Caecina part le premier, Valens est
affaibli par une maladie. Caecina part vers Crémone avec quatre
légions (I Italica, V Alaudae, XXI Rapax et XXII Primigenia) et
de nombreux vexillaires. Des cavaliers les
précèdent. Caecina retrouve à Ravennes, Lucilius
Bassus, le préfet de la flotte et tous deux sont favorables
à Vespasien. En août, un conseil de guerre des officiers
flaviens se réunit à Pettau (actuellement Kluj en
Slovénie), le quartier d'hiver de la Legio XIII Gemina Deux
options
sont en
présence, garder les passages des Alpes pannoniennes
jusqu'à l'arrivée de toutes les forces favorables
à Vespasien ou foncer droit sur l'Italie et affronter l'ennemi.
Mucien n'est pas encore arrivé avec les troupes d'Orient.
Antonius Primus intervient et montre que le moment est bien choisi pour
attaquer, l'armée de Vitellius est amollie et engourdie
par le succès. En attendant, "ils retrouveraient leur vigueur
dans les apprêts de la guerre" dit Tacite et il ajoute que les
légions de Pannonie et de Mésie sont trompées et
non vaincues. Cette franchise plaît aux légionnaires et
entraîne les plus prudents. Les chefs Sarmates Jazyges et les
deux rois suèves, Sido et Italicus viennent soutenir
l'armée flavienne. Un corps d'auxiliaires est laissé pour
surveiller la Rhétie aux mains d'un Vitellien farouche, le
procurateur Portius Septimus. Antonius Primus marchera sur l’Italie
avec la VII Galbiana et la XIII Gemina commandée par le
légat Vedius Aquila.
Pettau est ici représenté par le triangle rouge
Antonius Primus part avec les deux légions, les
vexillaires et une partie de la
cavalerie et Arrius Varus un ancien officier de Corbulon. Ils avancent
vers Aquilée et sont bientôt maîtres de la
région, où ils sont bien accueillis. Puis c'est Padoue et
Este qui se donnent aux troupes flaviennes. Le Forum d'Alienus est
occupé par trois
cohortes vitelliennes et l'aile de cavalerie Sebosiane et un pont a
été jeté. Antonius Primus attaque à l'aube,
les défenseurs sont surpris désarmés, l'ordre est
de les faire changer de camp, non de les tuer. Quelques un se rendent,
la majorité rompent le pont.
L'invasion se poursuit et le choix d'une base d'opération
se porte sur Vérone, entouré de vastes plaines, propices
aux combats de cavalerie, le point fort de cette armée. en
chemin, Vicence est pris, c'est le lieu de naissance de Caecina ! Cette
marche ne correspond pas aux ordres de Vespasien qui a prescrit de
rester à Aquilée et d' y attendre Mucien. Caecina
établit un camp retranché entre Vérone et les
marais du Tartaro. Avec sa supériorité numérique,
Caecina est capable d'écraser les deux légions
flaviennes, mais il leur laisse du temps. Antonius Primus décide
de fortifier leur position de Vérone. Aponius Saturninus arrive
avec la Legio VII Claudia commandée par le tribun Vipstanus
Messala, mais le camp flavien est encore faible. Puis viennent en
renfort la Legio III Gallica, dirigée par Dillius Aponianus et
la VIII Augusta, par Numisius Lupus. Antonius Primus doit
éteindre des débuts de séditions qui
s'élèvent contre des officiers suspects de connivence
avec les Vitelliens, ainsi Aponius Saturninus, le vainqueur des
Rhoxolans doit fuir Padoue.
La deuxième bataille de Bedriacum (Bédriac) 24 octobre 69
La discorde est aussi présente chez les Vitelliens. La
flotte de Ravenne est gagnée par son préfet Lucilius
Bassus, à la cause de Vespasien. A cette nouvelle Caecina tente
de faire basculer ses troupes en faveur de Vespasien mais les soldats
choisissent pour chefs Fabius Fabullus, commandant de la
cinquième légion, et Cassius Longus, préfet de
camp et mettent Caecina aux fers. Puis les troupes rejoignent à
Crémone les Legio I Italica et XXI Rapax sans attendre Valens
rétabli. Au courant de ces désordres, Antonius Primus
décide d'attaquer avant que le camp vitellien se renforce. Il
mène l'armée de Vérone à Bedriacum, puis il
fait fortifier le camp par les légions et envoie des cohortes
auxiliaires sur le territoire de Crémone pour y chercher des
vivres et part avec quatre mille cavaliers en avant pour superviser le
pillage. Alors en fin d'après midi, Arrius Varus part avec les
cavaliers les plus résolus repousser les Vitelliens, mais un
renfort soudain les repousse et les cavaliers fuient. Antonius Primus
répartit ses cavaliers en deux ailes espacées pour
recevoir Varus et les siens et donnent l'ordre aux légionnaires
de s'armer et de faire face. Mais Varus effrayé jette le
trouble au sein des cavaliers de Primus et tout le monde fuit. Antonius
Primus réussit avec peine à rallier tous les cavaliers
et les Vitelliens qui accourent en désordre sont mis en
déroute et subissent de lourdes pertes. Les Legio I Italica et
XXI Rapax attirées par les bruits de victoire avancent jusqu'au
lieu de la bataille et voient que la situation des leurs est terrible.
Les cavaliers flaviens fondent sur eux tandis que Vipstanus Messala
survient avec les auxiliaires de Mésie. Les deux légions
sont enfoncées et fuient vers Crémone. Antonius
Primus retient ses troupes en raison des fatigues et des blessures.
Le reste des troupes flaviennes arrive sur les lieux et
réclame l'assaut de Crémone synonyme de pillage. Un
nouveau risque de sédition pour Antonius Primus qui refuse
d'entrer dans la ville de nuit et veut que les soldats se reposent. Ils
n'ont pas les outils nécessaires à la prise d'une ville
mais les soldats s'entêtent. Mais les habitants de Crémone
interrogés disent que six légions vitelliennes sont
arrivées aujourd'hui et qu'elles vont venir. Alors les
légionnaires écoutent leur chef et celui ci dispose la
III Gallica sur la via Postumia, à gauche la VII Galbiana dans
la
plaine et plus à gauche la VII Claudia, sur la droite la VIII
Augusta, à découvert et la XIII Gemina couverte par un
épais taillis
Les soldats vitelliens, à peine arrivés, refusent
de se reposer et sans leur chef Valens, décident d'attaquer
à la troisième heure de la nuit, l'armée flavienne
positionnée en ordre. Le combat dans l'obscurité est
violent mais confus. La Legio VII Galbiana est particulièrement
prise à partie et perd six principaux centurions et plusieurs
étendards et même l'aigle que le primipile Atilius Verus
sauve en y laissant sa vie. Antonius Primus fait avancer les
Prétoriens qui repoussent l'ennemi puis sont repoussés.
Les Vitelliens ont installés leurs machines sur la
chaussée et elles peuvent enfin causer des pertes aux Flaviens.
En particulier, une énorme baliste de la XVème,
écrase l'ennemi avec de grosses pierres. Mais deux soldats
flaviens ramassent des boucliers et approchent sans être
reconnus, puis coupent les cordes nécessaires au jeu de la
machine avant d'être percés de coups. Le combat continue
sans net vainqueurs quand la Lune se lève. elle est face
aux vitelliens et dans le dos des Flaviens. Leurs ombres s'allongent et
les traits ne les atteignent pas tandis que les Vitelliens
éclairés font de belles cibles !
Antonius Primus harangue chaque corps en particulier et les
enflamme. A ce moment là, le soleil se lève. La Legio III
Gallica qui est restée longtemps en Syrie a beaucoup de soldats
adeptes du culte local de la divinité solaire. Et ils se
tournent vers l'Orient pour saluer le Soleil. Les Vitelliens croient
que les légionnaires de la Gallica saluent les troupes de
Mucien. Antonius Primus envoie sur les Vitelliens
ébranlés les Flaviens audacieux. La ligne est rompue et
les Vitelliens sont embarrassés par les machines et les bagages.
La poursuite devient un carnage, les survivants se réfugient
à Crémone.
Mais le camp des légions de Germanie est situé
autour de la ville et bien pourvu de retranchements. Les vainqueurs
s'arrêtent, s'arrêter ou retourner à Bedriacum
présente des risques. Les légionnaires sont
fatigués mais prêts à toutes les audaces pour un
bon butin. Antonius Primus donne l'ordre d'investir les retranchements.
Le combat commence à distance avec jet de flèches et de
pierres à l'avantage des Vitelliens placés en hauteur.
Puis Antonius Primus attribue à chaque légion sa porte ou
sa portion de rempart. Il faut aller chercher des faux, des dolabres et
des échelles dans les villages voisins. Puis la tortue se forme
et s'avance au pied des remparts. Les Vitelliens font rouler de lourdes
pierres, et avec les piques désagrègent la tortue
entrouverte. L'assaut dure longtemps et les chefs montrent aux
assaillants Crémone. Alors le combat reprend avec plus de
vigueur et l'assaut conjoint de la IIIème, de la VIIème
et de l'élite des auxiliaires submerge les vitelliens qui en
viennent à faire tomber la baliste sur les assaillants en
écrasant quelques-uns. Mais le parapet et le haut du rempart
tombent en même temps. Et une tour voisine est emportée
par une grêle de pierres. La VIIème mont sur la
brèche tandis que la IIIème brise la porte. C'est
Volusius de la IIIème qui le premier, force le passage et crie
que le camp est pris. il est suivi par ses compagnons et les Vitelliens
sautent en bas des retranchements.
Mais ensuite, ce sont des hautes murailles et des tours de pierre qui défendent une population nombreuse favorable à Vitellius. Les défenseurs sont nombreux et brandissent des javelines. Antonius Primus donne l'ordre d'incendier les plus belles maisons en dehors de la ville. Il remplit les immeubles, hauts voisins de murs des plus braves soldats qui avec des poutres, des tuiles et des torches balayent les défenseurs du rempart. La tortue se forme tandis que d'autres assaillants lancent des pierres et des flèches, le courage des Vitelliens faiblit. Les officiers plus menacés viennent délivrer Caecina et le supplier d'intercéder pour eux, en vain. Puis ils apparaissent en haut des murs avec les vêtements de suppliants. Antonius Primus ordonne de cesser l'attaque. et les vaincus sortent emportants les aigles et les enseignes, les soldats marchant derrière. Caecina est envoyé sous escorte à Vespasien.
Antonius Primus adresse des éloges aux vainqueurs et des paroles de clémence aux vaincus, mais il ne dit rien de Crémone. L'armée décide sa ruine et commence le pillage avec enthousiasme. Antonius Primus va aux bains laver le sang dont il est couvert, il se plaint que l'eau est tiède et on lui répond qu'elle sera bientôt chaude. Ces paroles sont répétées et on en a cru qu' Antonius Primus a donné le signal de l'incendie de Crémone qui est déjà en feu. Le pillage et l'incendie durent quatre jours.. Les vainqueurs recueillent les Vitelliens isolés et les légions vaincues sont dispersées dans les provinces illyriques. Des courriers sont envoyés en Britannia et en Hispanie pour annoncer la victoire et des Gaulois du parti vaincu sont montrés en Gaule. Les passages des Alpes sont gardés par précaution contre la Germanie. Fabius Valens qui apprend le désastre de Bedriacum en Etrurie, fait le projet d'embarquer pour la Narbonnaise et de soulever les Gaules, la Britannia et la Germanie. Mais la Narbonnaise est déjà pour Vespasien, quand, poussé par le mauvais temps, il est dans les Stéchades, (les îles proches de Marseille, il est capturé par les galères de Paulinus et tué à Urbinum un peu plus tard.
Peu à peu l'Hispanie et les Gaules se rangent du
côté de Vespasien. En Britannia, ce dernier
bénéficie d'une grande popularité depuis qu'il a
commandé la IIème sous l'empereur Claude et s'y est
distingué. Les autres légions dont les officiers et des
soldats doivent leur avancement à Vitellius, résistent.
Venutius, un chef breton profite de ces divisions pour assouvir sa
vengeance envers la reine des Brigantes Cartimandua. Mise en
difficulté, elle appelle Rome à son secours et Rome
a la guerre. En Mésie, les Daces, voyant les Romains en pleine
guerre civile et les légions absentes, forcent le passage et
sont maîtres des deux rives du Danube. Heureusement pour Rome,
Mucien arrive avec la Legio VI, il les arrête alors qu'ils vont
détruire le camp des légions. Puis Fonteius Agrippa, ex
proconsul de l'Asie reçoit le commandement de la Mésie
avec les troupes de l'armée vitellienne présentes. Dans
le royaume du Pont, un affranchi du roi Polémon, Anicetus
dirigeant une troupe redoutable, attaque Trebizonde, massacre une
cohorte de soldats grecs et brûle la flotte romaine. Pour le
contrer, Mucien a rassemblé à Byzance les meilleurs
galères et Vespasien envoie une vexillation commandée par
Virdius Geminus qui le rejette sur sa flotte. Il se réfugie chez
le roi des Sedochèzes qui cède bientôt sous les
menaces de guerre des Romains. Vespasien se rend en Egypte pour menacer
d'affamer Rome.
L'hiver approche, le Pô inonde les campagnes,
l'armée flavienne se met en route sans bagages, avec simplement
la cavalerie et l'élite des légionnaires, le reste des
troupes, les aigles et les enseignes restent à Vérone. La
Legio XI Claudia vient d'arriver avec six mille Dalmates levés
dernièrement. Ces Dalmates remplacent les meilleurs soldats de
la flotte
de Ravenne qui demandent à servir dans les légions.
L'armée s'arrête à Fanum Fortunae, les officiers
sont incertains du chemin pris par les cohortes prétoriennes,
les passages de l'Apennin sont ils déjà occupés ?
Les troupes et les aigles laissés à Vérone sont
rappelés. A Rome, Vitellius cherche longtemps à cacher le
désastre de Bedriacum, puis il "se réveille" et envoie
Julius Priscus et Alfenus Varus, à la tête de quatorze
cohortes prétoriennes et toute la cavalerie suivie d'une
légion de soldats de marine, occuper l'Apennin. Mais sur un
bruit de guerre en Campanie, ces troupes d'élite sont
consignées dans la position fortifiée de Narni. Il charge
son
frère Lucius Vitellius de défendre l'Urbs avec le reste
des cohortes. Pendant ce temps la Campanie passe dans le camp de
Vespasien. Les Samnites, les Péligniens, les Marses se rallient
aux légionnaires flaviens. Les soldats sont pressés
d'attaquer Rome mais Antonius Primus les convainc d'attendre les
renforts. Lorsque les légions arrivent, les Vitelliens
sont ébranlés et quand la tête de Valens leur est
montrée, c'est le désespoir. Bientôt les troupes
de Narni font leur reddition avec leurs drapeaux et leurs enseignes et
Antonius Primus et Varus envoient à plusieurs reprises à
Vitellius, une invitation à sauver sa vie et profiter d'une
retraite dorée en Campanie, s'il dépose les armes et se
livre avec ses enfants aux mains de Vespasien.
Le frère aîné de Vespasien, Flavius Sabinus
est préfet de Rome et négocie les conditions de paix avec
Vitellius. Mais les plus fidèles amis de l'empereur tentent de
le dissuader.
Vitellius se prépare à abdiquer mais les participants
à cette cérémonie ne lui laissent pas d'autre
choix que de retourner au palais. A la nouvelle de l'abdication,
Flavius Sabinus, le frère aîné de Vespasien et
préfet de Rome sort avec les soldats des cohortes urbaines et
les vigiles et rencontre les prétoriens qui les battent. Flavius
Sabinus se réfugie dans la forteresse du Capitole et y passe la
nuit. Le lendemain, les Vitelliens montent à l'assaut en partant
des immeubles voisins. Ils sont repoussés par des jets de tuiles
et de pierres, mais ils lancent des torches enflammées et
déclenchent un incendie. Puis ils réussissent à
capturer Flavius Sabinus. Vitellius tente de le sauver mais le peuple
réclame sa mort et il est mis en pièces et
décapité.
L'armée de Vespasien qui s'est arrêtée
pendant les négociations pour attendre Mucien, apprenant les
derniers événements, prend la direction de Rome. Les
nouvelles sont mauvaises, Sabinus est mort, le Capitole flambe et le
peuple et les esclaves s'arment pour défendre Vitellius !
Antonius Primus, à la tête des fantassins, suit la voie
Flaminienne, tandis que Petilius Ceralis, à la tête de
mille cavaliers doit entrer dans l'Urbs par la voie Salaria. Ce dernier
est reçu de pied ferme par des Vitelliens et repoussé.
Antonius Primus avance jusqu'au pont Milvius et veut y passer la nuit
pour éviter une bataille rangée dans Rome, mais les
légionnaires ne peuvent attendre ! L'armée avance sur
trois colonnes, la première suit la voie Flaminienne, la
deuxième longe le Tibre et la troisième s'approche de la
porte Colline par la voie Salaria. Les Vitelliens avancent aussi en
trois corps séparés. Les Flaviens ont plutôt
l'avantage et les Vitelliens sont repoussés. La prise du camp
des Prétoriens est la plus rude entreprise de cette armée
victorieuse. Toutes les facettes de la poliorcétique, tortues,
machines, terrasses et feux sont utilisées. Les Vitelliens se
battent jusqu'au bout. Vitellius qui s'est caché est
retrouvé et mis à mort aux Gémonies le 21
décembre 69. Son règne a duré huit mois et cinq
jours. Le fils cadet
de Vespasien, Domitien est proclamé César. Titus Flavius
Sabinus Vespasianus (Vespasien) est
élu empereur.

Aulus Vitellius
Selon Tacite, les soldats victorieux, usent de beaucoup de violences
à
Rome pour rechercher les Vitelliens dissimulés. Lucius Vitellius
se
rend et il est mis à mort. Lucius Bassus part avec un corps de
cavalerie pacifier la Campanie. Puis c'est au tour de Licinius Crassus
Mucianus : Mucien d'entrer à Rome et son autorité
éclipse celles d'Antonius Primus et de Varus Arrius. ¨
La
révolte de Civilis 69 70
Peu de temps après, la nouvelle d'un désastre dans
la révolte des Bataves arrive à Rome. Les Bataves
occupent une île baignée par l'Océan et le Rhin.
Ils sont alliés avec Rome, ont participé aux guerres de
Germanie et de Britannia. Tacite nous dit :
"Le pays entretenait en outre une cavalerie d'élite, qui
excellait à nager avec ses armes et ses chevaux, et qui
traversait le Rhin sans rompre ses escadrons."
La révolte commence sous le règne de Vitellius. Claudius Civilis joue le rôle d'ami de Vespasien et répond favorablement à la demande d'Antonius Primus et Hordeonius Flaccus de bloquer par une fausse alarme les légions de Germanie que réclame Vitellius. Civilis voit les Bataves excédés par les levées de soldats de Vitellius et par la manière dont elles sont pratiquées. Ainsi les vieillards et les infirmes sont enrôlés pour les rançonner et les enfants sont enlevés, cela lui facilite la tâche. Il leur décrit la situation des légions romaines dont il ne reste que les vieux soldats, les autres sont partis porter Vitellius au pouvoir. Les Canninéfates précipitent le mouvement sous l'influence de Brinnon, le fils d'un rebelle, qui proclamé chef, lance un appel aux Frisons et se jette sur un camp romain, gardé par deux cohortes et situé près de l'Océan. Les légionnaires surpris et en nette infériorité numérique ne peuvent repousser l'attaque. Le camp est pillé. Les préfets de cohorte ne pouvant défendre les autres postes y mettent le feu. Toutes les troupes sont concentrées dans la partie supérieure de l'île sous le commandement du primipile Aquilius mais ces troupes sont composées selon Tacite, d' "une foule confuse de Nerviens et de Germains". Une flotte de vingt quatre bâtiments est également rassemblée là.
Civilis tente une ruse, blâme les préfets d'avoir
abandonné les forts, et prétend avec sa cohorte
étouffer la révolte des Canninéfates, chacun peut
retourner dans ses quartiers d'hiver. Mais la ruse ne prend pas. Alors
Civilis joue franc jeu, il place les Canninéfates, les Frisons
et les Bataves en trois corps séparés et formés en
coin. La bataille a lieu au bord du Rhin, les vaisseaux ont la proue
tournée vers l'ennemi. Le combat est commencé depuis peu
qu'une cohorte de Tongres bascule dans le camp de Civilis. Dans la
flotte, une partie des rameurs est batave et change les vaisseaux de
direction,
présentant la poupe vers l'ennemi. Les pilotes et
les centurions qui résistent sont massacrés, la flotte
entière est
livrée à l'ennemi.

Les frontières du Rhin en 70 (wikipedia)
En Germanie et dans les Gaules, Civilis est
célébré comme un libérateur. Hordeonius
Flaccus en laissant faire a aidé Civilis, mais aux nouvelles des
cohortes détruites et des postes envahis, ordonne au
légat Munius Lupercus qui commande deux légions, de
marcher contre l'ennemi. Lupercus dirige rapidement dans l'île
les légionnaires, les Ubiens voisins, les cavaliers
trévires et une aile de cavalerie batave. Durant le combat
l'aile de cavalerie batave trahit et découvre l'aile gauche de
l'armée romaine. Les auxiliaires ubiens et trévires sont
dispersés et les Germains s'acharnent sur eux. Les
légionnaires se réfugient en bon ordre dans le camp
nommé Vetera. Les huit cohortes bataves rappelées par
Vitellius à Rome, exigent pour le prix du voyage, le don
militaire, une double paye et une augmentation du nombre de cavaliers,
toutes choses promises par Vitellius. Elles rejettent l'autorité
de Hordeonius et vont en Basse-Germanie rallier Civilis.
Hordeonius indécis confère avec ses officiers pour
déterminer s'il faut réprimer cette révolte, mais
les tribuns et les officiers se méfient des auxiliaires et n'ont
pas confiance dans ces légions recrutées à la
hâte. La décision est prise en commun de retenir les
soldats dans leur camp. Mais Hordeonius change d'avis, écrit au
commandant de la Legio I Germanica, Herennius Gallus
(près de l'actuelle ville de Bonn), de fermer le passage aux
Bataves et que lui même les
presserait par derrière avec son armée. Puis il change
à nouveau ses projets et écrit à Gallus de
ne pas effaroucher leur retraite.
Les Bataves approchent du camp de Bonn et déclarent
à Gallus qu'elles "ne sont point en guerre contre les Romains et
que fatiguées d'un long et stérile service elles
soupiraient après la patrie et le repos, que, si personne ne
les arrêtait, leur marche serait inoffensive; mais que si des
armes leur fermaient le chemin, elles trouveraient passage avec le
fer".
Gallus hésite mais les légionnaires le décident
à combattre. Trois mille légionnaires, des cohortes
belges levées rapidement et une masse de vivandiers et de
paysans sortent par toutes les portes pour envelopper les Bataves moins
nombreux. Ces guerriers chevronnés forment des bataillons
triangulaires, aux trois faces serrées et
impénétrables et ainsi ils mettent leur arrière et
leurs flanc en sécurité. Ils éparpillent ces
combattants
d'un soir, repoussent les Belges puis les
légionnaires qui fuient en désordre vers les
retranchements et c'est un vrai carnage. Les vainqueurs continuent leur
route sans combats et rejoignent Civilis Ce batave fait
reconnaître Vespasien par les siens et vient le proposer aux deux
légions bloquées à Vetera. La réponse est
négative, l'empereur est Vitellius et ce déserteur batave
mérite un châtiment. Furieux, Civilis appelle aux armes
tous les Bataves, les Bructères et les Tenctères et plus
globalement la Germanie.
Munius Lupercus et Numisius Rufus, les deux commandants de
légion font renforcer les enceintes des camps et raser les
constructions proches du camp. Mais les approvisionnements sont
insuffisants. Les Bataves et les Germains rivalisent de vaillance et
attaquent d'abord de loin, mais en vain. Alors ils se lancent sur le
rempart, avec des échelles et en montant sur leurs camarades
faisant la tortue (les derniers sont à genoux et les premiers
lèvent leurs boucliers pour permettre aux autres de grimper sur
ce "plancher"). Mais ils sont repoussés et accablés de
traits et de javelots. Ils poursuivent néanmoins le combat et
utilisent des machines qu'ils ont construites, des ponts en bois
montés sur roues qu'ils avancent vers le rempart, les uns
combattent au dessus comme sur une terrasse, les autres, abrités
dessous sapent les murailles. Mais la baliste renverse ces
constructions et les javelines enflammées les empêchent
d'établir les claies et les mantelets. Alors, ils se retirent
comptant sur la disette et la trahison, et maintiennent le
siège.
Pendant ce temps Hordeonius Flaccus tente de rassembler des
renforts depuis les Gaules et il confie l'élite des
légions au commandant de la Legio XVIII Gaius Dillius Vocula et
lui ordonne de marcher le long du Rhin pendant qu'il s'embarque sur le
fleuve, malade et détesté des soldats qui le
considèrent comme un traître. Ils arrivent à Bonn,
au camp de la Legio I ou plus encore la défaite est mise au
compte d'Hordeonius. Puis l'armée se rend à Colonia
Claudia Ara Agrippinensium (Cologne) où les renforts arrivent
des Gaules. Mais ce sont des soldats peu fiables en ces temps de
révolte. Vocula fait preuve de fermeté vis à vis
des séditieux et les légionnaires le veulent pour chef.
Hordeonius lui cède le commandement.
Mais les affaires vont mal, l'argent et les vivres manquent, le
Rhin est pratiquement fermé à la navigation en raison
d'une sécheresse inhabituelle. Les Gaules se refusent aux
tributs et aux levées. L'armée entre à Novaesium
(Neuss) et s'augmente de la Legio XVI et de l'officier Herennius
Gallus. Ne voulant pas risquer le combat contre Civilis, les deux
officiers installent un camp à Gelduba (Gelb) et reprennent
l'entraînement des légionnaires, se ranger en bataille, se
retrancher, palissader un camp etc... Puis Vocula mène une
partie de l'armée chez les Cugernes, un peuple qui est favorable
à Civilis. Gallus reste au camp avec le reste des soldats. Un
navre chargé de grains s'échoue près du
camp, les Germains le tirent de leu côté, Gallus envoie
une cohorte mais les Germains sont plus nombreux et les renforts
arrivant de chaque côté, on en vient à une bataille
où les Germains sont vainqueurs et entraînent le navire.
Les légionnaires vaincus avec beaucoup de pertes s'en prennent
à leur chef, le maltraitent et l'obligent à livrer ses
complices ! il est mis aux fers et accuse Hordeonius de trahison. Le
lendemain Vocula le libère et met à mort les auteurs de
la révolte. Tacite explique cette révolte par le
contraste entre les soldats fidèles à Vitellius et les
officiers gagnés par Vespasien.
La nouvelle de la défaite des Vitelliens à Bedriacum
arrive accompagnée d'une lettre de Caecina. Les soldats de Rome
sont conviés à abandonner Vitellius. Les auxiliaires
gaulois le font rapidement, les vieux légionnaires sont bien
moins pressés malgré les exhortations des officiers.
Civilis envoie les hommes les plus résolus de son armée
contre Vocula. Conduits par Julius Maximus, ils tombent sur le camp des
légions avant que Vocula n'ait pu les déployer. Les
cohortes des Nerviens paniquent et découvrent les flancs des
légionnaires, les cavaliers sortent mais rebroussent chemin face
à un adversaire l'attendant en bon ordre. La situation devient
grave pour les Romains qui cèdent quand soudain les cohortes des
Vascons commandées par Galba arrivent au bon moment et chargent
les Bataves par derrière et c'est à leur tour de paniquer
en imaginant une armée entière arrivant au secours de
Vocula. Les Romains sont au contraire galvanisés par cette
arrivée et les Bataves ont perdu leurs meilleurs fantassins et
les Romains plus de combattants. Vocula attend plusieurs jours pour
marcher à l'ennemi ! Enfin il décide de faire lever le
siège de Vetera. Arrivé près du camp, Vocula donne
l'ordre de s'entourer de fossés et de retranchements pour
combattre sans les bagages. Mais les légionnaires exigent de
combattre immédiatement et ils s'avancent en désordre et
engagent l'action. Et les assiégés sortent pour
participer au combat. Civilis est terrassé par la chute de son
cheval ce qui effraie les siens. Les assiégeants fuient et
Vocula au lieu de les poursuivre, renforce le camp de Vetera avec des
tours et des palissades.
Civilis obtient l'alliance des habitants de Cologne et continue
de gagner les cités voisines. c'est alors que Claudius Labeo,
avec une troupe de Bétasiens, de Tongres et de Nerviens, lui
tient tête au pont de la Meuse dont il s'est emparé
à l'avance. Mais les Germains traverse à la nage et
tombent sur ses arrières pendant que Civilis s'adresse
directement aux Tongres et les dissuade de combattre. Les
Bétasiens et les Nerviens se soumettent et rejoignent
l'armée de Civilis dont l'influence continue de grandir. En
revanche, le Lingon Julius Sabinus s'est fait saluer empereur et
attaque les Séquanes avec une armée nombreuse et
indisciplinée. Les Séquanes acceptent le combat et sont
victorieux. Les cités gauloises penchent à
présent pour la paix et un congrès à Durocorturum
(Reims) suit les conseils de Julius Auspex qui fait valoir la force des
Romains et les avantages de la paix.
A Rome, en juin 70, Mucien prépare pour la Germanie, une
expédition forte de huit légions en faisant venir des
troupes d'Hispanie et de Britannia. Les cités gauloises se
rassemblent chez les Rèmes. Les chefs de la révolte ne
sont pas conscients du danger. Civilis poursuit Labeo en Gaule
Belgique, Classicus se repose et Tutor ne ferme pas les gorges des
Alpes. La Legio XXI Rapax avance par Vindonissa dans l'actuel canton
d'Argovie, en Suisse, Sextilius Felix se presse à travers la
Rhétie avec les cohortes auxiliaires. Une troupe de cavaliers
les accompagne, commandée par Julius Briganticus, neveu de
Civilis, haï par son oncle et réciproquement. Tutor
rassemble les Trévires, des recrues de Vangions, de
Céracates et de Triboques et de vieux
légionnaires corrompus. Une cohorte détachée par
Sextilius Felix est massacrée. Mais quand l'armée romaine
approche, les légionnaires désertent ainsi que les
Triboques, les Vangions et les Céracates. Tutor et les
Trévires se retirent à Bingium où il a rompu le
pont sur la Nava. Mais les cohortes de Sextilius Felix
découvrent un gué et l'attaquent. Tutor est battu. La
majorité des Trévires abandonnent la lutte Les deux
légions prisonnières des Bataves prêtent serment
à Vespasien et se mettent à l'abri chez les
Médiomatrices. Julius Valentinus et Julius Tutor
réussissent à ramener les Trévires sur le sentier
de la guerre et pour couper toute possibilité de recul, tuent
les officiers romains Herennius et Numisisus.
C'est alors que Quintus Petilius Cerialis arrive à
Moguntiacum. Il a enflammé le courage de ses hommes qui ne
rêvent à présent que d'en découdre et il
renvoie tous les alliés, annonçant que les légions
suffisent. En même temps, il pardonne
à tous les légionnaires qui ont prêté
serment à l'empire des Gaules. Les Gaulois satisfaits du retour
de leurs jeunes se soumettent plus volontiers. Civilis et Classicus,
après la défaite de Tutor rassemblent rapidement des
troupes éparses et invitent Valentinus à ne pas risquer
de combat décisif. Celui ci rassemble beaucoup de combattants
Trévires et se fortifie à Rigodulum, un poste
fermé par la Moselle et les montagnes. Cerialis donne l'ordre
aux légions, y compris chez les Médiomatrices, de marcher
contre l'ennemi et lui même, rassemble tous les soldats de
Moguntiacum et marche sur Rigodulum. En trois jours Cerialis est
sur place. La cavalerie est envoyée en hauteur et l'infanterie a
l'ordre de s'ouvrir le passage, l'infanterie légère en
avant. L'approche est pénible sous les traits de l'ennemi mais
une fois au contact, les Trévires sont écrasés.
Une partie des cavaliers fait prisonniers Valentinus et d'autres chefs.
Cerialis entre dans Augusta Treverorum, la capitale des
Trévires (Trèves).que ses soldats veulent
détruire. Il réussit à calmer leurs ardeurs. Les
légionnaires venant de chez les Médiomatrices sont
démoralisés. Cerialis interdit tout reproche
concernant la rebellion aux collègues. Il rassemble les
Trévires et les Lingons et leur tient un discours dans lequel il
explique que les Romains gardent les barrières du Rhin, pour
protéger les Gaules d'un nouvel Arioviste attiré par les
richesses de leur pays. Pendant ce temps Civilis et Classicus envoie
à Cerialis des courriers disant que Vespasien est mort et
l'Italie en pleine guerre intestine. Cerialis envoie les
courriers et le messager à l'Empereur et fait entourer le camp
de fossés et de palissades. Les partisans de Civilis
affluent.Tutor et Civilis ne sont pas du même avis sur la
stratégie. Civilis préfère attendre les nations
transrhénanes qui effraient les Romains, tandis que Tutor veut
combattre tout de suite, le temps jouant pour les Romains qui envoient
des armées depuis la Britannia et l'Hispanie, alors qu'à
présent Cerialis ne dispose que des restes de l'armée de
Germanie. De plus ces Germains sont indisciplinés. Classicus
approuve Tutor et la discussion s'arrête.
La
bataille de Trêves (Augusta Treverum) décembre 70
La coalitition germano-gallo-batave est disposée comme
suit :
A l'aile droite les cohortes bataves
Au centre les Ubiens et les Lingons
A l'aile gauche les Bructères et les Tunctères
Ces troupes avancent soit par les montagnes, soit par la plaine
et
attaquent tellement à l'improviste que Cerialis, qui a
passé la nuit dehors, apprend dans son lit, l'assaut et la
défaite des siens. Tutor avait raison, les légionnaires
de l'armée de Germanie fuient et le camp des légions est
forcé, la cavalerie en déroute. L'ennemi est
installé au milieu du pont sur la Moselle. Cerialis, en
tenue de nuit, arrête les fuyards et au milieu des traits,
soutenu par les plus braves, reprend le pont et le fait garder par une
troupe d'élite. Puis, voyant dans le camp, les
légionnaires éparpillés, les aigles presque
enveloppées, il les menace de nouvelles légions qui se
vengeront sur eux s'ils l'abandonnent. Les légionnaires se
rallient par cohortes et par manipules mais l'ennemi déborde de
toutes parts et les bagages et les tentes gênent. On se bat dans
l'enceinte du camp !


En mars 70, Vespasien envoie son fils Titus
prendre Jérusalem, depuis l'Egypte, avec une force
considérable : les Legio V, X, XII et XV renforcées par
de nombreuses troupes des rois alliés. Il est à
Césarée début avril.. La situation est trouble
à Jérusalem, mais Jean de Gishala tient bon face à
Simon et Eléazar. Titus approche de Jérusalem et à
la mi avril installe ses premiers camps. La Legio X qui arrive par
l'Est, campe sur la montagne des Oliviers.
Titus installe son camp dans l'enceinte et attaque
aussitôt le second mur qui est percé en cinq jours. Mais
cette fois ci les troupes qui pénètrent sont vivement
attaqués alors que la brèche n'est pas élargie et
les légionnaires peinent à se retirer. Mais trois jours
plus tard ce mur est repris et détruit. Les
assiégés refusent de se rendre. Titus fait construire des
terrassements contre la tour Antonia et le tombeau de Jean. Les
Hébreux répliquent avec leurs oxybèles et des
onagres, mais aussi par des mines. Les terrassements s'effondrent. Un
conseil de guerre est tenu chez les officiers romains, qui pensent
qu'il faut faire un assaut avec toutes les troupes ou qu'il suffit
d'établir un blocus et de laisser la famine agir. Titus
décide de construire un mur entourant la ville entière et
de reconstruire les terrassements. En trois jours le mur est construit
mais le bois manque. L'attaque reprend contre la tour Antonia
uniquement. Une
nouvelle brèche est ouverte et la tour Antonia est prise
après un vif combat. Les légionnaires peuvent ensuite
s'attaquer directement au Temple où ils élèvent
des terrassements. Ils tombent dans un nouveau piège
préparé par les défenseurs qui les environnent de
flammes. Ne pouvant prendre les portiques du Temple d'assaut, Titus
donne l'ordre d'incendier les portes. La famine s'aggrave et le feu
gagne les portiques. Une nouvelle sortie des Hébreux
provoque l'intervention des cavaliers romains. Dans les combats un
légionnaire lance un tison enflammé vers les habitations
qui entourent le temple Titus veut éteindre l'incendie mais les
soldats avides de butin accélèrent les progrès du
feu. Le Temple brûle en Août 70 et les factieux de replient
vers la ville haute et savent qu'ils pourront se cacher dans les
souterrains.
Titus fait élever de nouveaux terrassements et
les murailles sont détruites par les béliers. Les
défenseurs ne pouvant fuir en raison du mur d'enceinte
bâti par les
Romains s'enfoncent dans les souterrains. Les légionnaires
entrent
dans la ville le 7 septembre 70, tuent et font de nombreux prisonniers
et ensuite
recherchent dans les souterrains et y trouvent entre autres, Jean de
Gishala. Titus ordonne de détruire la ville sauf les tours les
plus hautes et une partie du rempart ouest qui servira à la
garnison de Jérusalem commandée par le nouveau
légat de Judée, Cerialis.

Les attaques de Titus contre Jérusalem
(origine : www.biblical-ie-josephus)
Flavius Joseph compte un total de quatre-vingt-dix-sept
mille prisonniers pendant toute la guerre. Il annonce un total de un
million cent mille morts qui ne sont pas tous des habitants de
Jérusalem, mais beaucoup sont venus du dehors, en particulier
ceux présents pour la fête des Azymes et bloqués
par la guerre et tous ceux qui ont fui les combats et se sont
réfugiés dans la ville.
Jean de Gischala est condamné à la
prison perpétuelle et Simon se livre plus tard aux Romains et
participe au triomphe et ensuite est sacrifié. Les Romains
brûlent les quartiers extérieurs et abattent les
murailles. La garnison laissée à Jérusalem est
composée de la Legio X augmentée de quelques escadrons de
cavalerie et quelques cohortes d'infanterie.
Les hostilités en Judée durent jusqu'en avril
74 après la prise des forteresses de Machaerus en 72 de Massada
en
mai 73
Après cette expédition, la Commagène fait
désormais partie de la province de Syrie et l'Arménie
Mineure est rattachée à la province de Cappadoce.
En Britannia, le gouverneur Suetonius Paulinus a été
remplacé par Petronius Turpilinus plus "compréhensif"
à l'égard des Bretons, puis par Trebellius Maximus,
dépourvu d'expérience militaire qui traverse bien la
mutinerie de l'armée pendant la guerre civile. Puis vient
Vettius Bolanus qui lui non plus ne rétablit pas la discipline.

En 80, Agricola monte une expédition dans le nord de
la Britannia. Il part de Mancunium (Manchester) qui ravage tout le pays
jusqu'à l'aestuarium Tanaum (actuellement Middlesborough). En
81, une nouvelle campagne d'Agricola
lui livre toute la Britannia jusqu'aux golfes de Glota (la Clyde) et de
Bodotria (la Forth). Il installe des troupes face à l'Hibernie
(actuelle île d'Irlande), dans le but précise Gsell,
de préparer une expédition vers cette île qui a
accuelli un des rois du pays, récemment chassé. En
82, la flotte romaine reconnaît les ports au nord de la Forth et
Agricola remporte une victoire contre les Bretons. Apprenant que les
Calédoniens vont l'attaquer de plusieurs côtés en
même temps, il partage son armée en trois colonnes. Les
Calédoniens rassemblés attaquent la Legio IX, la plus
faible de toutes, de nuit et pénètrent dans le camp.
"Déjà l'intérieur des retranchements devenait un
champ de bataille" écrit Tacite, Agricola ordonne aux plus
rapides cavaliers et fantassins de charger l'ennemi en queue et
à toute l'armée de pousser un cri. Les Calédoniens
sont pris entre deux ennemis et sont mis en fuite.
La
bataille du Mons Graupius
En 83, Agricola lance une nouvelle campagne, envoie la
flotte en premier et suit avec l'armée allégée de
ses bagages. Il s'avance jusqu'aux Monts Graupius.. Les Bretons ont
rassemblé beaucoup de monde, Tacite parle de trente mille
combattants sous les ordres de Galgacus. Agricola place l'infanterie
auxiliaire forte de huit mille soldats au centre de son dispositif et
trois mille cavaliers sur les ailes. Les légions restent sur les
retranchements. L'infanterie des Bretons est rangée sur des
collines, les chars et la cavalerie voltigent et Agricola
s'aperçoit qu'il va être débordé, alors il
élargit sont front et il se place en tête. Après
les échanges de projectiles, Agricola ordonne à quatre
cohortes de Bataves et deux de Tongres d'attaquer l'épée
à la main. Face aux petits boucliers et aux sabres longs et sans
pointe des Bretons, les ennemis sont bientôt enfoncés et
les Bataves montent la colline. Les cavaliers et les chars bretons
interviennent mais le terrain inégal et la ligne serrée
des légionnaires les empêchent d'avancer. Les Bretons
postés sur le haut des collines descendent et menacent
d'envelopper les légionnaires. Agricola envoie contre eux quatre
escadrons tenus en réserve. Les Bretons déroutent et sont
poursuivis par la cavalerie. Les pertes des Bretons sont d'environ 10
000 soldats contre 340 chez les Romains selon Tacite.

Localisation du Mons Graupius
(http://history/wisc.edu)

Partie nord de la Bretagne romaine (wikipedia)

En 75, les Alains les Alains envahissent l'empire
Parthe par le nord et battent le roi des Mèdes, Pakoros et celui
d'Arménie Tigrane. Vologese propose une lutte commune à
l'empereur Vespasien qui refuse comme il a refusé un soutien de
40 000 cavaliers parthes pendant la guerre civile. En 76, les Parthes
tentent d'envahir la Syrie, son gouverneur Marcus Ulpius Trajanus (le père de l'empereur
Trajan), les repousse aisément. La construction du
Colisée à Rome commence et se termine en 82.


L'empereur Titus
Le début des guerres daciques

Avec Décébale, Domitien se montre
accommodant. La révolte manquée de Saturninus n'est
pas la seule raison de ce changement de politique. Les alliés
Quades et Marcomans n'ont pas fourni d'auxiliaires pour les deux
guerres contre les Daces. Domitien fait tuer les
émissaires de ces deux peuples qui probablement veulent
réviser les traités avec Rome. Domitien attaque les
Quades et les Marcomans et c'est un échec. Domitien est
disposé à traiter avec Décébale mais celui
ci, méfiant envoie Diegis pour le représenter.
Décébale se reconnaît vassal de l'empereur, remet
les otages et les prisonniers romains mais garde les
trophées pris à Cornelius Fuscus. Domitien pose
solennellement le diadème sur la tête de Diegis,
fournit des sommes d'argent importantes et des ouvriers pour construire
des fortifications dans le but de faire de la Dacie un rempart. C'est
un véritable tribut que Rome verse au royaume Dace.
La guerre contre les Quades, les Marcomans et les Sarmates
dure jusqu'en 93. La Legio XXI Rapax est anéantie. Les
légions sont défaites par les Iazyges et par les
Marcomans en 89. Sous le règne de Domitien, en Afrique, une
expédition est lancée contre les Nasamons qui habitent au
sud de la Grande Syrte (dans l'actuelle Libye). Selon Dion Cassius,
ces nomades tributaires des Romains, se soulèvent car ils
sont pressés outre mesure. Ils tuent les collecteurs du tribut
et battent Flaccus le légat de Numidie. Ils s'emparent
même du camp romain et y trouvent des vivres et du vin.
Rassasiés, ils s'endorment et sont massacrés au retour de
Flaccus.
Après la révolte de Saturninus, Domitien
méfiant, crée à Rome un climat de terreur
insupportable. Le 18 septembre 96, il est massacré par sa garde
personnelle avec l'aide des familiers de l'empereur. Sa femme Domitia
Longina et le prefet du prétoire, Petronius Secundus sont
impliqués dans ce complot. Cette mort provoque des troubles dans
l'armée. Le Sénat proclame Marcus Cocceius Nerva
empereur, le soir même.
Domitien au musée du Capitole
(origine www.ac.strasbourg.fr)
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